L'association Bel'Form

Porter la voix des patients en surpoids et/ou obèses, informer, combattre leur isolement...
Bubu
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L'association Bel'Form

Messagepar Bubu » 11 mai 2014, 18:36

Le Républicain Lorrain du 27/10/2013 - Photo RL

Bel’Form : aider les patients obèses

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Le Dr Coupez vient de créer une nouvelle association, Bel’Form pour venir en aide aux patients obèses. Photo RL


Le Dr Ludovic Coupez, médecin nutritionniste à l’hôpital Bel-Air de Thionville, vient de créer une nouvelle association, Bel’Form, pour venir en aide à ses patients obèses. Cette nouvelle structure, créée avec certains patients, doit permettre aux personnes de se rencontrer, de partager leur vécu et de se soutenir mutuellement. Un moyen de combattre l’isolement dont elles sont souvent victimes.



Du poids en moins, de la vie en plus

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Philippe, Nathalie et Aurélie, patients du Dr Coupez, préparent déjà les ateliers cuisine pédagogique qui débuteront en janvier 2014. Photo RL


L’obésité est le fléau du siècle. En Lorraine un habitant sur deux est en surpoids et 17 % de la population adulte est obèse. L’association Bel’Form se propose de venir en aide aux patients obèses. L’obésité est le fléau du siècle. En Lorraine un habitant sur deux est en surpoids et 17 % de la population adulte est obèse.

Le Dr Ludovic Coupez, médecin nutritionniste à l’hôpital Bel Air, vient de créer l’association Bel’Form pour venir en aide à ses patients obèses.

Il existe déjà beaucoup de structures, médicalisées ou non, visant à combattre l’obésité, dont le centre spécialisé du CHR Metz-Thionville. Pourquoi cette association ? Que va-t-elle apporter de plus ?

Dr Ludovic COUPEZ : « Notre service de nutrition prend en charge les obésités sévères de classe 3. C’est-à-dire les patients qui ont un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 40 kg au mètre carré (voir ci-dessous). Un surpoids important est vecteur de nombreuses maladies graves comme le diabète, les maladies cardio-vasculaires, les problèmes respiratoires, les affections ostéo-articulaires. Nous proposons des solutions médicales et/ou chirurgicales pour retrouver un poids acceptable.

La société est cruelle envers les obèses. Ils se sentent incompris et rejetés. Ils passent pour des gens sans volonté qui se goinfrent à longueur de journée, alors que, très souvent, ce ne sont pas de gros mangeurs. Ils culpabilisent et se sentent seuls. Cette association va leur permettre de se rencontrer, de partager leur vécu et de se soutenir mutuellement. Elle répond à une demande de nos patients et c’est avec quelques-uns d’entre eux que nous avons créé Bel’Form ».

Quels sont vos objectifs et vos projets ?

« Nous voulons porter la voix des personnes obèses, les informer, combattre leur isolement, offrir des espaces de parole et de partage, lutter contre les idées reçues, contribuer à la promotion de l’activité physique et d’une alimentation équilibrée au quotidien, participer avec les professionnels de santé à la prévention de l’obésité et de ses complications en Lorraine nord. Des membres de l’association tiennent déjà une permanence, deux fois par semaine, dans notre service. Nous projetons aussi d’organiser des ateliers de cuisine pédagogique et d’esthétique, des séances d’activités physiques adaptées, des bourses aux vêtements, des conférences et de participer à la journée mondiale de l’obésité. »

Faut-il être obèse pour adhérer à l’association ?

« Non, pas du tout. Bel’Form est ouverte à tous les adultes se sentant concernés par l’obésité. Cela peut être une maman d’enfant obèse souhaitant apprendre à cuisiner plus sainement ou le conjoint d’un patient en surpoids sévère, désireux d’accompagner et de mieux comprendre l’autre. La cotisation annuelle est de 25 €. »

Point information Bel’Form : service d’endocrinologie, diabétologie, nutrition - Niveau 0, hôpital Bel-Air Thionville.

Permanences et accueil : mardi et jeudi de 14 h à 16 h tél. 03 82 55 80 67

E-mail : belform.thionville@gmail.com

Page Facebook : Bel’Form Thionville

L’IMC se calcule en divisant le poids en kilos par la taille (en mètres) au carré. Par exemple, une personne qui pèse 80 kilos et mesure 1 m 70 a un IMC égal à 80/1,7² = 27,7. Sont considérés comme étant en surpoids ceux qui ont un IMC supérieur à 25. D’après l’enquête OBEpi 2012, 15 % des Français de plus de 18 ans sont obèses avec un IMC supérieure à 30, alors qu’en 1997 il y en avait 8,5 %.



Le combat de toute une vie

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Aurélie a perdu 45 kg à l’aide d’une sleeve. « Dans ma tête, je me vois encore obèse… » Photo RL


Aurélie Mery, d’Aumetz, est vice-présidente de l’association Bel’Form. Quand on voit cette jolie blonde, souriante et dynamique, on a du mal à imaginer qu’elle avait 45 kilos de plus il y a un an et demi.

« Quand je suis venue consulter pour la première fois, en août 2011, je pesais 120 kg et j’avais un IMC de 47. J’avais essayé tous les régimes possibles et imaginables. À chaque fois je reprenais plus de poids que j’en avais perdu. Après un suivi médical, diététique et psychologique de quelques mois, on m’a fait une sleeve en avril 2012 » explique la jeune femme.

Et le Dr Coupez de préciser : « Une sleeve est une technique de chirurgie de l’obésité qui consiste à réduire la capacité gastrique. C’est une aide mais cela ne suffit pas. On ne maigrit pas sans faire d’efforts et sans une alimentation équilibrée. Il faut y mettre du sien. »

« Maintenant que je me sens mieux, je veux aider les autres et partager mon expérience. Le plus dur est de se maintenir, c’est un combat de toute une vie » confie Aurélie.


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Messagepar Bubu » 16 juin 2014, 22:09

Le Républicain Lorrain du 30/05/2014 - Par Laurence SCHMITT - Photo Pierre HECKLER

Obésité : balayer les malentendus

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Journées européennes de l’obésité : « Pour les autres, si t’es gros, t’es coupable ! »

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Rachel et sa sœur Aurélie. A Bel-Air, le service endocrinologie-diabétologie du CHR Metz-Thionville permet une prise en charge complète de l’obésité. Jusqu’à proposer une cuisine thérapeutique, aussi bien espace d’échanges que de conseils autour de nouvelles habitudes alimentaires. Photo RL.


L’obésité est un phénomène complexe, en constante augmentation, mais que les spécialistes parviennent mieux à décrypter. Beaucoup d’idées reçues mériteraient d’être balayées.

Le déclic ? C’est lorsqu’Aurélie est tombée sur une photo d’elle à Noël. « J’étais à table. Et vraiment, je n’ai pas aimé mon image ! »

DOSSIER

Les régimes, le yo-yo, la jeune femme, mère de deux enfants, a tout connu. Avec un indice de masse corporelle supérieur à 40 (19 à 25 est considéré comme normal ), son obésité a été diagnostiquée « morbide », le protocole chirurgical enclenché. Encore fallait-il qu’elle soit prête. Car l’affaire n’est pas si facile à respecter. « Le temps préparatoire est long, avec une prise en charge psycho-dietétique, explique Fanny, la psychologue du service endocrinologie-diabétologie de Bel-Air, pour le CHR Metz-Thionville. La chirurgie, d’ailleurs, n’est pas la seule issue. Mais elle est souvent considérée comme la dernière chance, Après un long passé de régimes, encadrés ou non. »

Les régimes ! Aurélie et sa sœur Rachel se regardent énumérant leurs tentatives de journées fruits, régime yaourt, soupes aux choux et autres tortures pleines de privation. Après son opération, Aurélie s’est stabilisée et a perdu une cinquantaine de kilos. Rachel attend, piaffe d’impatience avant son opération. « Ma sœur est passée par là et son expérience m’a motivée. Moi, ce que je veux, c’est être mieux dans ma peau, moins essoufflée. Des fois on a honte. Pour les autres, si t’es gros, t’es coupable. Alors, tu te caches, tu n’oses plus manger en public. »

Rachel, pourtant, est pimpante dans son pantalon blanc et tee-shirt flashy. Maquillée, le rire constamment au bord des lèvres, on l’aurait volontiers enfermée dans la case « femme en surpoids sans complexes ». Visiblement, l’affaire est un peu plus compliquée.

« Je continue à demander du XXL »

Aurélie se souvient. Avant l’opération, « je peinais à traîner ma carcasse, même pour me lever du lit. Le matin, j’allais faire mes courses et je me recouchais, trop fatiguée. Quand on est gros, on souffle comme un taureau. Mes enfants, je les regardais jouer depuis la fenêtre. » Aujourd’hui, Aurélie bouge tout le temps. Elle donne le tournis à son compagnon et adore faire enrager ses enfants de 14 et 15 ans. Vice-présidente de l’association Bel Form à Thionville, elle participe au cours d’aquagym, aux randos et autres activités proposées aux femmes en surpoids aussi bien pour rompre leur isolement que pour promouvoir une indispensable activité physique.

« Aujourd’hui, les kilos ne représentent plus un problème pour moi, affirme Aurélie. Ma balance, je l’ai jetée. Je mange normalement, même si l’opération a changé mes goûts et mes habitudes alimentaires. Avant, je n’étais jamais rassasiée. »

Même sentiment de non-satiété pour Rachel. Elle n’a pas encore rejoint les rangs de l’association, mais bouge : « Je marche et chez moi, je fais de la Wii. » Elle rêve de nouveaux vêtements. « J’en ai marre de tous ces trucs pour femmes fortes. »

Aurélie, en jupe de cuir et petit haut coloré acquiesce. Pourtant, elle est bien obligée d’avouer que dans un magasin, elle se voit toujours grosse. « C’est mon copain qui m’habille, sinon je continue à demander des tailles XXL. » Fanny, la psychologue confirme : « Son schéma corporel, on le garde dans la tête. »

Laurence SCHMITT



Rééduquer à l’alimentation c’est tout l’inverse d’un régime

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Dr Pierre Cuny, endocrinologue-diabétologue, chef de service au CHR de Metz-Thionville. « L’obésité est une maladie à détermination sociale extrêmement forte. » Photo Pierre HECKLER


Depuis 15 ans, de plus en plus de jeunes deviennent de plus en plus gros. Un problème sanitaire qui devient question de société. Plaidoyer pour une rééducation à l’alimentation.

Un Lorrain sur deux est obèse ou en surpoids, les chiffres deviennent effrayants.

Dr Pierre CUNY, chef du service endocrinologie et diabétologie du CHR Metz-Thionville.

« J’ai commencé mon métier à partir du diabète et maintenant je travaille sur l’obésité. Les chiffres montrent une progression galopante. Par exemple, l’indice de masse corporelle doit osciller entre 19 et 25. Aujourd’hui, il n’est pas rare de le voir monter à 70, alors qu’il y a quinze ans il plafonnait à 35. Ce qui est déjà un signe d’obésité ! »

En cause ?

« La malbouffe, toute notre déstructuration de l’alimentation couplée à une absence d’activité physique. L’obésité est une maladie de société à détermination sociale extrêmement forte. Je parle bien de maladie, pour la différencier de la stigmatisation dont elle fait l’objet. Dans sa prévention et son traitement, on ne doit plus séparer le sanitaire du social. Il faut aussi admettre son apport génétique. Nous sommes tous issus de gros qui ont survécu aux grandes famines. »

Vous parlez de génétique. Y a-t-il une hérédité dans notre poids ?

« Notre corps est génétiquement programmé pour stocker de l’énergie et avoir un certain volume. Mais c’est plus compliqué qu’une simple détermination génétique. L’obésité est devenue une maladie hormonale. Une hormone est secrétée pour réguler notre appétit. Mais là-dessus se greffent des déterminants sociaux et comportementaux. »

On a le sentiment d’une réelle impuissance.

« C’est au moment de l’adolescence que l’on mobilise nos cellules graisseuses. D’où l’importance de la prévention infantile, l’éducation aux repas équilibrés et la pratique d’activités physiques. C’est ce pourquoi je me bats, ici à Thionville et au sein du CHR. »

Les régimes seraient donc une absurdité ?

« Je ne suis pas un anti-régime lorsqu’il s’agit de perdre 5-6 kilos. Le problème, c’est que 100 % des femmes interrogées disent faire régime. Or, manger, c’est compulsif, ça part d’envies. Si on connaît autant de problèmes, c’est bien le fait du déséquilibre alimentaire et de la sédentarisation. Rééduquer à l’alimentation, c’est tout l’inverse d’un régime qui déséquilibre l’apport alimentaire. »

Pourtant, certains fonctionnent bien. Comme le régime protéiné.

« Oui, mais il comporte de grands risques sur le plan rénal et ses résultats sont artificiels, car on perd du poids et du muscle. Le problème avec les régimes, c’est que le corps s’habitue et s’adapte à l’alimentation apportée. Si on lui donne 1 800 calories, il va se mettre au repos. Elle est là la programmation génétique. C’est une question de survie. Il faudra descendre à 1 600 calories pour maigrir encore. Un régime doit toujours être équilibré, ça entraînera une perte de poids lente, mais durable et saine. On prend du poids parce qu’on mange mal. Je vois des personnes obèses dénutries. »

Recueillis par Laurence SCHMITT



Labellisé Centre Spécialisé de l’Obésité (CSO) par l’Agence régionale de santé de Lorraine en 2012, le service du Dr Cuny participe depuis deux ans aux journées européennes de l’obésité.

Aujourd’hui, à l’hôpital Bel-Air à Thionville (salle polyvalente) sont proposées deux conférences.

    - 14h : activité physique et surpoids : que proposer ? Le Dr Emilien Fronzaroli, médecin du sport à Essey-lès-Nancy, pourra répondre aux questions du public.

    - 15h : avantages et limites de la chirurgie bariatrique dans la prise en charge de l’obésité, par le Dr Bachir Elias, chirurgien au CHR Metz-Thionville.

A noter l’existence de l’association Bel Form qui offre des espaces de parole et cherche à combattre l’isolement des personnes obèses. Elle propose également des activités physiques adaptées aux capacités de chacun.

    • Permanences à Metz les lundis de 14 à 16h, maison des usagers hôpital de Mercy.

    • Permanences à Thionville, les jeudis de 14 à 16h, à la consultation diabétologie, niveau 0 hôpital Bel-Air.

Contact : belform.thionville@gmail.com



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