Campagne de l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM)

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Campagne de l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM)

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Le Républicain Lorrain du 07/06/23 - Photo d'illustration Sipa/SYSPEO

Santé - Les Français sont les plus gros consommateurs de médicaments en Europe
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L'ANSM lance une campagne sur le bon usage des médicaments. Photo d'illustration Sipa/SYSPEO
« Même le paracétamol peut être dangereux : en cas de surdosage, la personne risque sa vie. » Les Français ne sont pas les plus sérieux dans l'usage de médicaments.

« Les médicaments ne sont pas des produits ordinaires, ne les prenons pas à la légère » : l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) lance ce mercredi une campagne grand public sur leur bon usage, un « enjeu de santé public majeur ». « Nous sommes les plus gros consommateurs de médicaments en Europe, ce qui rend cet enjeu d'autant plus important », a souligné mardi Christelle Ratignier-Carbonneil, directrice générale de l'ANSM, en présentant cette campagne à la presse.

Quand ils prennent des médicaments, les Français sont nombreux à ne pas respecter les doses, à se faire conseiller par un proche plutôt qu'un professionnel ou à utiliser un produit périmé. Or, mal utilisé, un traitement peut s'avérer dangereux pour la santé.

Que sait-on du mésusage des médicaments par les Français ?

D'après une étude menée en 2021 pour l'Agence nationale du médicament (ANSM), trois Français sur dix adaptent, par eux-mêmes, la dose ou la durée des médicaments qui leur ont été prescrits.

Un Français sur cinq prend des doses plus fortes ou plusieurs médicaments en même temps pour soulager plus vite les symptômes. Près d'un Français sur deux donne un médicament à un proche car il a des symptômes similaires, un sur dix le fait même systématiquement ou souvent. Et 34 % considèrent comme peu risqué de prendre un médicament périmé.

Quels sont les risques ?

Ne pas respecter les consignes peut réduire l'efficacité des médicaments, provoquer des effets indésirables, voire une aggravation de la maladie, souligne l'ANSM. « Même le paracétamol peut être dangereux : en cas de surdosage, la personne risque sa vie », a averti Catherine Simonin, administratrice à France Assos Santé, associée à la campagne. « Il y a toujours une notion de bénéfice-risque, un médicament n'est jamais anodin », insiste aussi Carine Wolf-Thal, présidente du conseil national de l'Ordre des pharmaciens.

Prescrits ou conseillés pour une personne, des médicaments peuvent se révéler inutiles ou nocifs pour une autre. Des anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l'ibuprofène ou l'aspirine, qui figurent parmi les traitements les plus utilisés en automédication, sont par exemple interdits chez la femme enceinte. Après le 5e mois de grossesse, une seule prise peut entraîner le décès du futur bébé. Une fois périmés ou mal conservés, les médicaments peuvent aussi perdre en efficacité ou être contaminés par des bactéries.

Quels sont les bons gestes à adopter ?

Dans sa campagne – « les médicaments ne sont pas des produits ordinaires, ne les prenons pas à la légère » – l'ANSM prône quatre réflexes à adopter. Elle recommande de respecter la prescription ou le conseil du professionnel de santé (dose, fréquence, durée, etc.). Elle incite à utiliser uniquement des médicaments prescrits ou conseillés par un soignant, et non par un de ses proches. Elle préconise de ne pas prendre plusieurs médicaments en même temps sans l'avis d'un professionnel. Elle invite enfin à faire attention aux modalités et à la durée de conservation des médicaments. Un médicament doit être rapporté en pharmacie lorsqu'il est périmé ou non utilisé. Il ne doit pas être jeté à la poubelle ou dans les toilettes.

Qu'en pensent les industriels ?

Pour l'industrie, une bonne utilisation des médicaments est un « élément indispensable pour optimiser leur valeur thérapeutique », résume à l'AFP Éric Baseilhac, président de l'association du bon usage du médicament et directeur des affaires économiques et internationales du Leem (Fédération des entreprises du médicament). Il assure que pour éviter d'engendrer des confusions et des mélanges, les industriels veillent à « rendre les médicaments très distinguables les uns des autres ». Mais « il reste des progrès à faire en matière d’éducation thérapeutique », concède-t-il.
Quelles pistes d'amélioration ?

« Demain, si on disposait de notices numériques, on pourrait très facilement, avec des QR codes, envoyer les patients visionner des petits films d'éducation thérapeutique pour un médicament un peu complexe à prendre », suggère Éric Baseilhac. Il cite l'exemple des traitements inhalés en cas de maladies chroniques des bronches, parfois utilisés par un public jeune et pas toujours très faciles à manipuler. Le Leem travaille sur un projet de bon usage du médicament dans les cas d'angines, qui devrait voir le jour début 2024.

« On a imaginé un parcours de soin volontaire qui permettrait au patient d'aller voir directement son pharmacien en cas de mal de gorge. Il aura la possibilité de réaliser un test rapide pour déterminer si son origine est bactérienne ou virale », explique Éric Baseilhac. « Cela permettra d'optimiser la prescription des antibiotiques à bon escient alors qu'aujourd'hui ils sont sur-prescrits », ce qui, rappelle-t-il, est « catastrophique en termes d'antibiorésistance ».

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