



Calendrier| Avr 2012 | Le cancer de la prostate | Dr Jean-Paul REGIN Urologue - Thionville |
| Avr 2012 | Le transexualisme | Dr François RAMSEYER Gynécologue - Sexologue - Thionville |
| Mar 2012 | Existe-t-il à l'état NATUREL des aliments plus cancérigènes que d'autres ? | Dr Anne CHLECQ Pédiatre - Gériatre - Luxembourg |
| Mar 2012 | Les altérations du goût lors d'une chimiothérapie | Dr Dominique TRENDEL ORL - Hôpital Legouest Metz |
| Fév 2012 | Les cancers de la peau | Dr François TRUCHETET Dermatologue - CHR Thionville |
| Fév 2012 | Chirurgie plastique après cancer du sein | Dr Serge AUBERT Chirurgie plastique et esthétique Clinique Notre Dame - Thionville |
| Jan 2012 | A propos du larynx | Dr Dominique GAILLOT ORL - Thionville |
| Jan 2012 | Quel est le rôle d'un sexologue ? Citez des exemples précis où ce rôle peut être très utile | Dr François RAMSEYER Gynécologue - Sexologue - Thionville |
| Déc 2011 | Cancer du col de l'utérus et risques pour la fertilité | Dr François RAMSEYER Gynécologue - Sexologue - Thionville |
| Déc 2011 | "Décryptage" d'un examen histo-pathologique et signification du résultat à la patiente (supposée) | Dr Benoît NICOLAS Généraliste - Hettange Grande |
Le cancer de la prostateLes problèmes de prostate préoccupent les hommes presqu'autant que les problèmes cardiovasculaires. Si ces derniers sont soupçonnés de menacer directement leur vie, les premiers ne manquent pas, néanmoins, d'inquiéter :
Question 1 : pouvez-vous dans un premier temps nous décrire l'aspect de cette prostate, et son positionnement, dans le corps de l'homme, ainsi que son ou ses rôle(s) précis (éventuellement avec schéma à l'appui) ?
Question 2 :
pourriez-vous
nous fournir les résultats des plus récentes statistiques :
Question 3 : on nous
parle
d'ablation, de destruction par radiothérapie et même de
chimiothérapie (antihormones ?)
Question 4 : la détection du cancer du sein, par de périodiques mammographies, ainsi que celle du cancer du colon, par le test hémoccult, suivi éventuellement de coloscopie, est très bien organisée en France. Les examens sont gratuits, et concernent la population jusqu'à l'âge de 74 ans. En particulier AMODEMACES est chargée par l'état d'organiser le contact avec le public à ce propos. Or, le marqueur PSA du fonctionnement de la prostate permet de suspecter un cancer de cet organe à partir d'une certaine concentration dans le sang, examen facilement réalisé par un laboratoire d'analyse biologique. Pourquoi dès lors le dépistage n'est-il pas organisé, lui aussi, systématiquement, et laissé au bon vouloir du patient ? Est-ce uniquement une question de financement ? Pouvez-vous développer ?
Après
réponses du Dr REGIN, Mme Candide (de Cancer-Espoir) lui posera, comme
dans un vrai débat, des questions supplémentaires. Le moment venu,
celles-ci, suivies des réponses, figureront à la suite du
développement... Avec elles, la caméra sera braquée sur le petit
détail, parfois un peu vite effleuré, et qui prendra-là toute son
importance...
Intervenant
: Docteur Jean-Paul REGIN, Urologue - THIONVILLEPouvez-vous
dans un premier temps nous décrire l'aspect de cette
prostate, et son positionnement, dans le corps de l'homme, ainsi que
son ou ses rôle(s) précis (éventuellement avec schéma à l'appui) ?
Anatomie :
La prostate est une glande située sous la vessie et en avant du rectum.
Elle a la forme d'une châtaigne et mesure, lorsqu'elle n'est pas hypertrophiée, environ 3x4 cm et est entourée d'une capsule fibro-élastique.
Elle est traversée par l'urètre qui est le canal qui permet d'évacuer les urines de la vessie.
Ce canal urinaire est fermé lors de la phase de continence par 2 muscles circulaires, les sphincters.
Le sphincter supérieur appelé col de la vessie est situé au dessus de la prostate et fait partie intégrante de la vessie, le sphincter inférieur est situé juste en dessous de la prostate. C'est précisément ce dernier muscle qui assure seul la retenue des urines, la continence urinaire, après les interventions sur la prostate.
La prostate est le lieu d'arrivée des canaux déférents et éjaculateurs qui véhiculent le sperme produit par les vésicules séminales et les testicules.

Elle est longée par deux pédicules vasculo-nerveux qui cheminent sur le bord postéro-latéral de la glande au contact de sa capsule de chaque côté, en avant du rectum.
Ces pédicules sont responsables de la vascularisation et de l'innervation d'une partie de la verge et jouent dont un rôle majeur dans l'érection.

Les nerfs cheminant au contact de la capsule prostatique envoient dans la prostate des petits rameaux nerveux qui traversent la capsule et peuvent être un chemin permettant à la tumeur de diffuser en dehors de la prostate. Cela explique que la conservation de ces pédicules ne peut pas être réalisée dans tous les cas.

La décision de les
conserver ou non lors de la chirurgie sera prise préalablement par le
chirurgien en fonction des examens réalisés dans le bilan d'extension
de la tumeur, de la persistance d'une activité sexuelle et des désirs
des patients.
Rôle de la prostate :
Elle est formée de petites glandes secrétant le liquide séminal qui entre dans la composition du sperme. Ce liquide est composé de nombreux enzymes dont la phosphatase acide et le PSA (Prostate Specific Antigen = antigène spécifique de la prostate), ce dernier participant à la liquéfaction du sperme, d'électrolytes, de sels minéraux dont le magnésium, de zinc, d'acide citrique, de spermine et de spermidine qui donnent son odeur au sperme.
La prostate contrairement
aux idées reçues n'a aucun rôle urinaire et
la pathologie urinaire due à la prostate n'est liée qu'à la position
anatomique de cette dernière. En effet, la prostate entoure l'urètre
par où passe l'urine pendant les mictions (vidange vésicale). Elle peut
donc en cas d'augmentation de volume pour une pathologie bénigne ou
maligne écraser le conduit et entrainer des difficultés à vider la
vessie.
Pourriez-vous
nous fournir les résultats des plus récentes statistiques :
Le cancer de la prostate est le plus fréquent des cancers de l'homme de plus de 50 ans.
25% des nouveaux cas de cancer découverts chez les hommes sont des cancers de la prostate.
Plus de 5% des cancers de la prostate sont liés à une prédisposition héréditaire.
Données 2010 en France
(références : Institut
National du Cancer) :
Le cancer
de la prostate est
la 4ème cause de mortalité par
cancer, avec moins de 10 000 décès par an. L'accentuation de la baisse
de la mortalité par cancer de la prostate depuis 2000 est due à
l'amélioration de la prise en charge de ce cancer.
On nous
parle
d'ablation, de destruction par radiothérapie et même de
chimiothérapie (antihormones ?)
Le cancer de la prostate
peut être traité de différentes façons en fonction de son degré
d'extension et de gravité, des pathologies associées présentées par le
patient, de son âge, du choix qu'il aura fait après qu'il ait été
informé des différentes solutions thérapeutiques envisageables dans son
cas et de leurs conséquences.
Fertilité et traitement chirurgical et radiothérapique du cancer de la prostate :
Il s'agit d'une question à vrai dire rarement posée par les patients présentant un cancer de la prostate car celui-ci survient à un âge ou le désir de paternité n'est en général plus une priorité.
Cela peut néanmoins être une préoccupation chez certains patients notamment les plus jeunes (le cancer de la prostate est très rare avant 50 ans).
Après chirurgie radicale de la prostate l'homme est stérile même si dans un certain nombre de cas les érections sont conservées et les rapports sexuel possibles.
La prostate étant enlevée ainsi que les vésicules séminales et les canaux déférents sectionnés, il n'y a plus d'éjaculation même si l'orgasme persiste.
Les possibilités de fécondation sont donc nulles.
Après radiothérapie, la fertilité pourrait théoriquement être conservée dans les cas où les érections persistent et permettent un rapport sexuel complet car l'éjaculation est préservée.
En fait l'irradiation de la prostate modifie les secrétions séminales et prostatiques et le rayonnement diffuse vers les testicules ce qui compromet de façon drastique la qualité du sperme.
En pratique il est conseillé à tout patient devant subir un traitement de ce type de demander une conservation de sperme dans un centre agréé (CECOS) afin de pouvoir réaliser une procréation médicalement assistée avec le sperme congelé.
Si cela n'a pas été réalisé
il existe encore une solution, mais beaucoup plus complexe, qui
consiste à aller prélever chirurgicalement des spermatozoïdes
directement au niveau des testicules pour réaliser chez la compagne une
insémination artificielle par micro-injection d'un spermatozoïde dans
un ovule, lui même prélevé chirurgicalement et ensuite implanté dans
l'utérus.
Sexualité et traitement chirurgical et radiothérapique du cancer de la prostate :
Plusieurs facteurs peuvent influencer l'apparition des troubles sexuels ou la non récupération après traitement.
D'une manière générale les troubles sexuels surviennent d'autant plus souvent que le patient est avancé en âge et qu'il existe déjà de petits troubles sexuels, qui sont déjà présents dans 25 à 40 % de la population masculine de cette classe d'âge.
Certaines pathologies déjà
présentes chez les patients augmentent ce
risque (diabète, artérite, troubles neurologiques…) ainsi que
certains traitements (anti-hypertenseurs, neuroleptiques…)
Sexualité après prostatectomie radicale :
Des troubles de l'érection sont fréquents après ablation de la prostate et apparaissent immédiatement après l'intervention.
Ils sont liés à la non-conservation ou à la lésion des bandelettes neurovasculaires au cours de l'intervention.
Si les deux bandelettes neurovasculaires sont ôtées, le risque d'impuissance est presque de 100 %.
Si une ou les deux bandelettes ont pu être conservées, le risque d'impuissance est de 20 à 50 %.
Même si la préservation des bandelettes a été possible, un délai de 6 à 12 mois peut être nécessaire avant le retour à une fonction sexuelle normale.
Comme déjà signalé plus haut la prostatectomie totale entraîne une impossibilité définitive d'éjaculer. La prostate et les vésicules séminales sont en effet enlevées. Or ce sont elles qui produisent les sécrétions qui, avec les spermatozoïdes, constituent le sperme.
L'éjaculation, cependant,
n'est pas liée à la sensation de plaisir qui
reste intacte.
Sexualité après radiothérapie pour cancer de la prostate :
Les troubles de l'érection en cas de radiothérapie ne sont pas immédiats en général et ne surviennent que progressivement, en quelques mois, voire quelques années, en moyenne chez 50 à70 % des patients.
Il faut
insister sur le
fait
qu'une prise en charge des troubles de la
sexualité doit être proposée au patient et qu'il existe différents
traitements adaptés à l'importance des troubles de l'érection et à la
demande des patients.
Hormonothérapie et cancer de la prostate :
Le cancer de la prostate est un cancer dit hormono-sensible, c'est-à-dire que son développement est stimulé par des hormones masculines : les androgènes et plus particulièrement la testostérone, responsable des caractères masculins.
L'hormonothérapie consiste à empêcher l'action stimulante de la testostérone sur les cellules cancéreuses pour stopper le développement du cancer.
L'association d'une hormonothérapie et d'une radiothérapie est le traitement de référence des cancers de la prostate localisés à haut risque et des cancers de la prostate localement avancés.
Une hormonothérapie de longue durée est le traitement de référence des cancers de la prostate avec atteinte ganglionnaire et des cancers de la prostate métastatiques.
Le médecin peut également, dans certains cas, proposer au patient de différer la mise en route du traitement hormonal (associé ou pas à une radiothérapie). On parle alors d'abstention - surveillance.
Une hormonothérapie peut
aussi être utilisée en complément d'autres
traitements (après une chirurgie ou avant une curiethérapie par
exemple).
Effets secondaires de l'Hormonothérapie :
Toutes les formes d'hormonothérapie engendrent des effets secondaires.
La survenue et l'intensité de ces symptômes dépendent de chaque individu.
Les effets secondaires
suivants sont communs aux différents types
d'hormonothérapie :
D'autres effets
secondaires spécifiques à chaque traitement peuvent
également apparaître.
La détection du cancer du
sein, par de périodiques mammographies, ainsi que celle du cancer du
colon, par le test hémoccult, suivi éventuellement de coloscopie, est
très bien organisée en France. Les examens sont gratuits, et concernent
la population jusqu'à l'âge de 74 ans. En particulier AMODEMACES est
chargée par l'état d'organiser le contact avec le public à ce propos.
Or, le marqueur PSA du fonctionnement de la prostate permet de
suspecter un cancer de cet organe à partir d'une certaine concentration
dans le sang, examen facilement réalisé par un laboratoire d'analyse
biologique. Pourquoi dès lors le dépistage n'est-il pas organisé, lui
aussi, systématiquement, et laissé au bon vouloir du patient ? Est-ce
uniquement une question de financement ? Pouvez-vous développer ?
La question du dépistage systématique du cancer de la prostate reste un sujet controversé.
En effet d’importantes questions restent posées et notamment l'impact du dépistage en terme d'amélioration de la survie pour l'ensemble des populations concernées, mais aussi les risques du sur-diagnostic (diagnostic d’un cancer qui ne se serait jamais révélé du vivant de la personne) et surtout de sur-traitement (traitement d’un cancer sans impact sur le pronostic de la maladie) principalement en cas de cancer diagnostiqué à un stade très précoce et peu agressif chez un sujet âgé.
La détection précoce du cancer de la prostate repose actuellement sur le toucher rectal et un dosage du PSA total.
Le problème du coût de ce dépistage est bien entendu un facteur à prendre en considération car au delà du prix du dosage du PSA lui même il faut prendre en compte le coût des examens complémentaire qui seraient induits par la découverte d’un PSA anormal et celui du traitement des cas supplémentaires de cancer découverts.
Une étude européenne portant sur plus de 160000 hommes, dont la moitié bénéficiait d’un dépistage et l’autre moitié n’en bénéficiait pas, a été publiée en 2009.
Avec un recul de 9 ans de suivi, il a été démontré que le dépistage permet de diminuer de 20% la mortalité par cancer chez les hommes de 55 à 69 ans mais au prix d’un risque de sur-traitement de cancers peu évolutifs.
Une étude américaine publiée simultanément mais sur un effectif moindre de 76000 patients et avec un suivi de 7 ans n’a en revanche pas montré de différence entre les deux groupes de patients mais cette étude paraît moins fiable sur le plan statistique.
Le problème de ce type d’étude est que le cancer de la prostate est un cancer qui évolue lentement et que les traitements sont de plus en plus performants, ce qui rend difficile l’interprétation d’études avec seulement 9 ans, pour la plus longue, de suivi.
Une durée de l’ordre de 15 ans serait sans doute nécessaire pour avoir des résultats interprétables avec plus de fiabilité.
Aujourd’hui l’attitude de l’association Française d’Urologie est de recommander le dépistage individuel à partir de 55 ans et jusqu’à 69 ans mais elle le recommande à partir de 45 ans chez les hommes à haut risque de développer un cancer de la prostate (origine afro-antillaise ou antécédent familial).
La Haute Autorité de Santé et l'Institut National du Cancer ne recommandent toujours pas le dépistage de masse car ces institutions considèrent qu'il n'y a pas de données scientifiques suffisantes pour le justifier à ce jour.
L'urologue se doit donc à ce
jour d'expliquer à son patient les avantages et inconvénients du
dépistage, qui reste la décision individuelle d'un patient
informé.
Le transsexualisme
Intervenant
: Docteur F. RAMSEYER, Gynécologue - Sexologue - THIONVILLED'après ce que nous croyons
savoir, une personne transsexuelle estime que son sexe n'est pas celui
de son état civil, ni de ses organes génitaux : un homme se
considérerait alors comme une femme, et inversement. Y a-t-il des
facteurs objectifs pour donner raison à cette personne : chromosomes,
présence à la fois d'ovaires et de testicules, etc... ? Ou est-ce
uniquement une idée que la personne se fait ?
Le transsexualisme est un trouble de l'identité sexuelle (de l'identité de genre) et se caractérise par la conviction profonde qu'a un individu d'appartenir au sexe opposé à son sexe physique. C'est une pathologie rare : 1/100000 personnes.
Il n'y a aucun facteur objectif pour donner raison à ces personnes : il est convenu d'appeler transsexuel masculin (MTF), un patient né avec une formule chromosomique masculine XY et des organes génitaux normaux masculins, transsexuel féminin (FTM), le patient né avec une formule chromosomique féminine XX et des organes génitaux féminins normaux.
Le débat sur l'ETIOLOGIE biologique du transsexualisme s'enrichit d'une découverte de 1995, publiée dans la revue "Nature". Le noyau de la strie terminale (située au niveau de l'hypothalamus) est plus petit chez les transsexuels que chez les hommes, et de la même taille que chez les femmes.
Ceci pourrait être le résultat d'une action hormonale au moment du développement cérébral (à noter que la comparaison entre les homosexuels et les hétérosexuels n'a pas révélé de différence dans le volume de ce noyau).
Les troubles de l'identité
pourraient se développer à la suite de troubles de l'interaction entre
les hormones sexuelles et le développement cérébral. Bien entendu, tout
cela n'est qu'hypothèse et devra être vérifié par l'étude de la
différenciation de ces régions neuro-anatomiques, responsables du
développement sexuel.
Voulez-vous expliquer la
différence entre une personne homosexuelle et une personne
transsexuelle ? L'un peut-il en-même temps être l'autre ? Dans quels
cas précis ?
Une personne transsexuelle, comme nous venons de le dire, a un trouble de l'identité, elle perçoit une différence douloureuse entre le genre auquel elle pense appartenir et son sexe biologique, tandis que dans l'homosexualité, il n'y a pas de troubles de l'identité sexuelle, un homme se prend pour un homme, et une femme semblablement. L'homosexualité est le désir, l'amour, l'attirance et/ou les relations sexuelles entre personnes de même sexe, n’ayant pas de trouble de l’identité, il s’agit d’une orientation sexuelle. Se considérer femme quand on est un homme (MTF) amène à chercher la compagnie d’un homme tout naturellement (orientation culturelle attendue). C'est donc différent d’être une femme et d’être attirée par les femmes. Les transsexuels non opérés se décrivent le plus souvent avec une sexualité limitée, défense ou fuite par peur d'être confondus avec des prostituées, des homosexuels, des travestis. Le transsexuel MTF exprime son désir du partenaire comme par exemple la femme qu'il se sent être et non comme l'homme qu'il est, et inversement pour le transsexuel FTM.
Leur sexualité est le plus
souvent à sens unique (ils acceptent de caresser leurs partenaires mais
refusent le contact proche ou au niveau de leur sexe). Les partenaires
FTM se bandent les seins afin de les aplatir, mettent de faux pénis.
Les transsexuels MTF portent des faux seins, et scotchent le plus
souvent leur sexe entre leurs jambes. L'homosexualité a été retirée de
la liste des pathologies psychiatriques en 1990, la transsexualité,
tout récemment en Europe (08 /02 /2010).
Nous croyons savoir que des
opérations appropriées peuvent donner à la personne qui, de ce fait, le
souhaite, l'apparence extérieure du sexe opposé. Peut-on concevoir
aussi, pour que la transformation soit plus profonde, une greffe de
gonades (ovaires ou testicules) ?
Avant d'opérer, un dossier est constitué comprenant le bilan psychologique sexuel, le bilan endocrinien, l’avis des chirurgiens.
Aucune erreur n'est possible
dans ce domaine avec d'autres diagnostics :
Aucune erreur n'est possible
dans ce domaine, ces interventions rendent ces patients stériles, sont
contraignantes et mutilantes, coûteuses et parfois dangereuses ce qui
nécessite une sécurité à tous les niveaux :
Un traitement hormonal préalable est proposé à partir de 23 ans : le patient est invité à vivre pour une année dans le sexe d'adoption, à en assumer les références sociales, vestimentaires, professionnelles, familiales, affectives, sexuelles, afin de s'assurer que c'est bien ainsi qu'il peut s'épanouir. Si l'hormonothérapie est bien supportée physiquement et psychologiquement et entraîne des modifications jugées satisfaisantes et confortables pour les patients (modification de la pilosité, de la voix, des seins, arrêt des règles, développement du clitoris), le traitement est poursuivi. Un dermatologue (pour la pilosité), un phoniatre (pour la voix) sont consultés.
Jusqu'à présent, il n'a jamais été question de greffe de testicules ou d'ovaires (ce sont encore des méthodes expérimentales chez l'humain), qui pourrait éviter les traitements hormonaux en question.
D'autre part, les chirurgies
n'autorisent en rien un fonctionnement
des organes génitaux reproducteurs autorisant une grossesse, ce genre
d'opération (en particulier vaginoplastie et surtout phalloplastie) est
assez lourde et destructrice de façon irréversible des structures
sexuelles existantes reproductrices, que les patients ne souhaitent pas
posséder.
Y a-t-il beaucoup de
chirurgiens qui sont capables d'effectuer les transformations
souhaitées, et qui acceptent de le faire ?
Il y a peu de chirurgiens
capables d'effectuer ces transformations et qui acceptent de le faire,
ils font partie de structures habilitées à pratiquer ce genre de
chirurgie et la prise en charge de ces personnes, rappelons-le avec
force, ne peut-être que pluridisciplinaire.
Peut-on concevoir une femme
extérieurement transformée en homme avec pénis mais conservant
néanmoins intacts ses ovaires et son utérus ? Et dans ce cas
pourrait-elle avoir des enfants d'un autre homme ?
Si une femme a été
extérieurement transformée en homme, et qu'elle a accepté la
phalloplastie, elle aura demandé (on lui aura proposé), d’être de façon
définitive, stérile, avant (la première intervention
est l’ablation des seins..). Elle ne se sent pas femme et ne peut
envisager de porter une grossesse, à aucun point de vue, sinon on se
trompe de diagnostic, ce qui doit être impossible dans ce contexte
d’équipe pluridisciplinaire spécialisée. Généralement, c'est
l'hystérectomie totale avec annexectomie (annexectomie est un synonyme
pour ovariectomie) qui est choisie et pratiquée sur les FTM. Toutefois,
chacun est libre de choisir l'intervention qui lui convient le mieux
suivant ses propres convictions, l’ovariectomie simple peut être
préférée.
Si oui, dans ce cas, quel
aurait été l'intérêt de se faire transformer extérieurement en homme,
et de jouer quand même le rôle de la femme ?
Un patient transsexuel ne joue pas un rôle, comme nous l'avons vu, il souffre de ne pas être une femme ou un homme. Si nous n'intervenons pas pour les aider, ils vont à la dépression, la tentative de suicide, la marginalisation, les agressions, la prostitution, etc.
Remettre en adéquation le
psychisme du patient avec son physique est le but. Ni les
antipsychotiques (médicaments), ni la psychothérapie, ne permettent le
renoncement à la demande première de changer anatomiquement de sexe,
sauf erreur de diagnostic de départ.
Est-ce qu'on peut concevoir
un homme se faisant transformer en femme, donc avec absence de pénis,
mais conservant ses testicules ?
Pour tout ce que nous avons
dit précédemment, ce serait un non-sens, et donc non envisageable, ni
par la personne transsexuelle, encore moins par l'équipe médicale. Les
testicules sont une signature masculine trop forte et gênante
hormonalement (pilosité...).
Cette personne pourrait-elle
avoir un vagin ?
Tout est envisageable, mais
des protocoles stricts évitent toutes sortes de dérives qui mettraient
ces personnes dans une plus grande difficulté psychologique qu'elles
n’avaient avant la chirurgie, ce qui pour un thérapeute est
inenvisageable.
Est-ce exact que des pénis
peuvent être construits pour une femme, à partir de la peau de son bras
?
Les chirurgies de
reconstruction de la verge offrent une gamme de techniques variant de
lambeaux fasciocutanés, septocutanés, musculocutanés, ostéocutanés ou
ostéomusculocutanés, prélevés sur des zones sus-pubienne, abdominale,
inguinale, antébrachiale, brachiale, scapulaire, deltoïdienne,
thoracodorsale, péronière et antérolatérale de cuisse.
Peut-il y avoir sensation de
plaisir sur des organes ainsi rapportés ?
Voir réponse 11.
Les nouveaux organes, ainsi
créés ou greffés, peuvent-ils être (plus ou moins) fonctionnels ?
Autrement dit, des rapports sexuels normaux peuvent-ils avoir lieu
entre un homme devenu "femme", et un autre homme... ou l'inverse ?
Je veux répondre à ces deux
questions par une seule réponse : la chirurgie de la réassignation
sexuelle, malgré tous les progrès que l'on ait pu faire depuis des
années, n'aura jamais les qualités d'apparence et de fonction des
organes génitaux primitifs. Un néo vagin ou phallus sera rarement
fonctionnel, ne permettra qu'une sensation émoussée si elle existe,
dans les meilleurs cas, une bonne sensation sera décrite comme
satisfaisante. Mais ce qui importe plus, n'est pas la fonction mais
l'apparence et la conformité au sexe "espéré", j'ose dire,
désespérément.
Est-ce que, suite à ce genre
d'opération, des douleurs chroniques peuvent s'installer sur les
parties recousues d'une façon plus ou moins fréquente ?
Les progrès de la chirurgie
font que les techniques opératoires visent justement à proposer la
meilleure esthétique de réassignation et à éviter le risque de douleurs
secondaires que pourraient entraîner ces interventions. On ne peut
cependant éviter qu'existent des douleurs chroniques plus ou moins
importantes, dont l'origine et l'évaluation est difficile, qui trouvent
des traitements pour les minimiser ou les interdire. N'oublions pas que
les chirurgies sont mutilatrices, les patients opérés le savent mais
cela les amènent rarement à refuser le risque.
Est-ce que les fonctions
d'évacuation de l'urine ne risquent pas d'être perturbées, et le risque
d'infection urinaire est-il augmenté ?
Il y a effectivement un
risque urinaire, comme vous le décrivez, ce n’est pas le plus grave.
Quelqu'un qui s'est fait
ainsi opérer peut-il ensuite "revenir en arrière" ?
Il n'est jamais question de revenir en arrière mais il est question, et c'est le rôle du psychiatre de retarder l'accès au traitement hormono- chirurgical pour un patient qui pourrait le regretter. Faire une chirurgie de réassignation à tort peut entraîner dépression et comportement suicidaire, des études en 1981 et 86, l'ont bien montré.
Les standards de soins ont
été développés dans le but d'améliorer les soins pour les personnes
transsexuelles, ce consensus recommande une évaluation et une prise en
charge psychiatrique afin de prévenir d'éventuelles complications
psychosociales, de préparer le patient à la réassignation sexuelle,
d'optimiser les chances d'une réassignation sexuelle satisfaisante et
de guider le chirurgien à qui l'on demande de traiter un trouble
identificatoire.
Est-ce exact que les
personnes ainsi transformées absorbent régulièrement des hormones pour
mieux ressembler au modèle sexuel souhaité ? Homme absorbant des
oestrogènes, et la femme de la testostérone ?
Oui, on commence par cela,
et cela continue par la suite, ce qui montre, comme la chirurgie, que
changer de sexe n'est pas une mince affaire.
Si oui, le risque de cancer
n'est-il pas augmenté ?
Peu d'études à ce propos,
mais des risques existent et obligent à respecter les doses hormonales
précises, de faire des contrôles sériques des œstrogènes, de la
testostérone et de la prolactine et un suivi médical constant.
Une femme peut-elle alors
obtenir de la barbe et perdre ses cheveux, et un homme voir grossir ses
seins ?
C'est le but d'obtenir de la
barbe, par contre perdre ses cheveux reste une déception. Pour un homme
(il se considère femme) avoir des seins procure un bien-être et peut
éviter pour certains l'implantation de prothèses.
Y a-t-il des hommes qui se
font construire de faux seins ?
Il y a des hommes (qui se
considèrent femme) qui se font poser des prothèses mammaires, dans la
mesure où leurs seins n'ont pas la taille qui leur convienne.
Si la personne, ensuite, est
mieux dans sa tête, et plus sereine, ainsi transformée, cela risque de
produire quand même, dans son environnement, une certaine gêne, voire
un profond malaise : exemple : si un professeur homme revient un jour
dans son établissement, avec l'aspect d'une femme, la réaction de ses
élèves et de ses collègues ne risque-t-elle pas d'être négative, et dès
lors la personne transformée, se sentant mal acceptée dans son nouveau
statut, ne risque-t-elle pas d'être plus malheureuse qu'auparavant ? Ou
bien est-elle obligée de choisir un nouvel environnement ? Un homme
marié, père de famille, ne risque-t-il pas le divorce d'avec sa femme,
et ses enfants, en âge de comprendre, pourront-ils facilement, ensuite,
l'appeler encore Papa ?
Voir réponse 20.
Autrement dit, le problème
est fort complexe, socialement parlant, et aussi éthiquement parlant.
Pouvez-vous un peu développer ?
Pour répondre à cette questions en une même réponse : ces cas de figure existent.
Les proches doivent être intégrés dans la prise en charge des patients transsexuels afin notamment d'optimiser le support affectif et donc les chances d'une transformation réussie. Par ailleurs si le patient a des enfants, le psychiatre doit s'assurer qu'ils ont les moyens intellectuels de comprendre les enjeux de la réassignation sexuelle et que celle-ci ne compromet pas leur équilibre psychique.
Le psychiatre va évaluer le
support social et le fonctionnement social puisque leurs déficiences
seront négativement corrélées avec le devenir des patients. Le manque
d'intégration professionnelle, la précarité sociale, la prostitution et
la victimisation sont des facteurs de vulnérabilité qu'on doit prendre
en charge lors de l'évaluation. Il faut faire attention aux fausses
croyances et aux attentes irréalistes avant toute prise en charge. Le
sentiment de frustration, d'insatisfaction et les regrets qu'éprouvent
certains patients après chirurgie sont souvent liés à des fausses
croyances. En effet beaucoup pensent que la réassignation sexuelle
résoudra toutes leurs difficultés, mais la pratique clinique, les
témoignages de transsexuels opérés et les études de suivi montrent
qu'il s'agit d'attentes irréalistes, avec un risque accru de regrets.
Malheureusement cette prise de conscience ne survient parfois qu’en
postopératoire quand les patient réalisent que tout n'a pas changé.
Ne se pose-t-il pas pour les
médecins qui pratiquent ce genre d'opération certains cas de conscience
? Ne peut-on être tenté de les accuser d'être des apprentis sorciers ?
Il y a peu de chirurgiens
qui pratiquent ce genre d'intervention pour les raisons que vous
indiquez, il s'agit d'un cas de conscience. L'éthique en médecine doit
obliger les médecins à transgresser des interdits personnels dans le
but d'améliorer des souffrances, dans le strict cadre de la loi et d'un
professionnalisme multidisciplinaire. C'est le fait de travailler en
groupe qui constitue la motivation de ces chirurgiens de la
réassignation sexuelle. Pour les connaître, je puis vous dire que ce
sont des gens qui inspirent le respect par l'intelligence de leur
réflexion et leurs compétences, ils sont néanmoins soumis aux
réflexions désagréables de certains de leurs confrères. De là à les
traiter d’"apprentis sorciers", certainement pas ! Ils ne sont
jamais, à la différence d’autres chirurgiens plus conventionnels, dans
la "toute puissance", mais dans l’humilité d’un art difficile.
Enfin, existe-t-il des
rapports de sondage faisant ressortir, dans notre société, une majorité
pour approuver ou désapprouver ce genre d'opération ? Ou pour
considérer plutôt qu'il s'agit-là de problèmes très personnels que
chacun a le droit d'essayer de résoudre comme il le peut ?
Je ne connais que peu de sondages populaires sur ce thème, mais il faudrait faire une revue de la littérature pour savoir s'il y en a eu.
De toute façon, la médecine,
n'est que l'expression d'une bioéthique autorisée par une société à un
moment donné. Les prises en charge de la réassignation sexuelle sont
considérées depuis 2010 comme ne faisant plus parti des maladies
psychiatriques de longue durée. Il s'agit donc d'un problème personnel
que chacun a le droit d'essayer de résoudre comme il peut, que la
médecine peut aider dans un strict protocole de soins pour éviter de
l’aggraver.
Est-ce que le législateur
accepte facilement, sur une carte d'identité, ce changement de sexe,
après l'opération ? Des précédents existent-ils, à votre connaissance ?
Il est important que ces patients ayant demandé une réassignation sexuelle et l'ayant obtenue, puissent avoir une carte d'identité témoignant de leur sexe. C'est ce qui ratifiera leur nouvelle vie dans ce sexe qu'ils considéraient comme le leur depuis le départ. Leur refuser, après une telle démarche médicale et chirurgicale si lourde pour eux, serait une erreur grave de sens.
Malgré cela, les démarches à faire sont encore difficiles.
Il nous faut beaucoup de
respect pour parler de la transsexualité et de ces personnes qui la
vivent et en souffrent, car comprendre la différence et apprendre à la
respecter, nous permet d'améliorer notre humanité.
"De l'alimentation..."Est-il vraiment prouvé qu'il existe des aliments à l'état NATUREL plus cancérigènes que d'autres ?
Parmi les aliments conditionnés et apprêtés industriellement, le consommateur s'y perd. Pouvez-vous vous permettre de conseiller ou déconseiller, à ce propos ?
Intervenante
: Docteur Anne CHLECQ, Pédiatre et Gériatre - LUXEMBOURGSe nourrir de brocolis, se gaver de framboises et ajouter des licopènes, pardon des tomates, à toutes ses sauces, et du curcuma à tous ses plats... aiderait-il à se protéger des cancers ? à les éviter ? à participer à leur guérison?
Y a-t-il des aliments à éviter ou d'autres à privilégier largement ? Est il vraiment nécessaire de manger cinq parts de fruits et légumes chaque jour ?
Ce sont bien là des questions que nous nous posons fréquemment et auxquelles nous essayons de trouver des réponses... même si au fond de nous-mêmes, nous avons bien quelques idées : des idées fausses, d'autres régulièrement remises en cause, contradictoires parfois. Le sujet est vaste...
A l'époque où des aliments deviennent des médicaments (les alicaments), où les produits que nous consommons de bonne fois s'avèrent, en fait, parfois dangereux pour nous, où l'industrie agro-alimentaire est suspectée de favoriser ses bénéfices, au détriment de notre santé, il devient difficile de savoir que mettre dans nos assiettes...
Nous savons bien que la cigarette, qui n'est certes pas un aliment, est cancérigène, et à proscrire autant que possible.
Pour le vin, nous sommes un peu plus dubitatifs. Avec modération, il serait quand même bon pour le coeur et la circulation, voire pour diminuer le cholestérol, apporter des antioxydants de qualité etc... et utile de part son rôle traditionnel, festif, voire culturel. Outre les complications liées à un usage abusif, il est quand même impliqué dans certains cancers, comme le foie, l'oesophage, le pancréas, seul ou associé à d'autres facteurs de rique...
S'il était un produit dangeureux, n'aurait-il pas déjà été interdit ou étiqueté de mises en garde, non seulement pour les femmes enceintes, mais aussi pour tous les autre consommateurs ?
Tout réside, sans doute, dans la mesure... et la qualité du produit lui même, de ses concentrations en sulfites, de ses manipulations frauduleuses éventuelles, du terroir lui même. Les vins "bio" ne résolvent pas tous les problèmes...
Adressons-nous aux consommateurs "vertueux", qui ne fument pas (qui peuvent aussi présenter un cancer du poumon, surtout s'ils habitent dans une zone de pollution industrielle), et qui ne boivent pas d'alcool (par choix personnel ou pour d'autres raisons respectables) : ils mangent quand même...
De la viande ?
Une récente étude suédoise, publiée dans le British Journal of Cancer, tend à prouver que la consommation de viandes rouges, et plus encore de charcuteries, saucisses, jambons et autres viandes froides, serait liée à un risque accru de cancer du pancréas. Des études précédentes avaient déjà montré un lien entre ces viandes et d'autres cancers gastro-intestinaux, dont le cancer colo-rectal. Autrefois, nos bouchers souffraient essentiellement de la goutte. On trouvait, certes, moins de nitrites dans leur viande, ainsi que dans les charcuteries et autres produits transformés, qui ont l'inconvénient d'en augmenter la concentration. Un steak de boeuf argentin qui court dans la pampa, est-il moins dangereux que deux tranches de jambon produites par une grande société locale ? Possiblement, mais en pratique moins facile à mettre en oeuvre. Tout au plus pouvons nous penser qu'une alimentation plus basique, moins transformée industriellement serait moins dommageable.
Et nous ne parlons pas des conservateurs (E216 et E217 heureusement supprimés), colorants (E128 de même) et autres additifs (E350 et E351, plus que suspects) - de E102 à E421, la liste est longue et réserve d'autres surprises - qui donnent à ces produits finis, dans notre supermarché, cet aspect propre, net, de belle couleur, qui sait attirer le consommateur, quand bien même ses papilles gustatives seraient moins enthousiastes. Les viandes blanches reproduisent le même schéma : entre le filet de poulet élevé en plein air et le rôti de dindonneau, sous vide, déjà cuit, ficelé qui se conserve plusieurs semaines, et de surcroît est trop salé... pour cacher le drôle de goût ? Tout le monde n'a pas envie d'être végétarien, cependant...
Le veau, cancérigène ? S'il est déjà gavé d'hormones, pour grandir plus vite, d'antibiotiques pour que des affections bactériennes intercurrentes ne diminuent pas le rendement du cheptel, il est en mesure de déstabiliser un système biologique, le nôtre, par des perturbations endocriniennes, immunologiques et autres, qui n'augurent pas de facteurs de bonne santé en perspective.
Quant au poisson, les omega 3 sont très tendance - à juste titre certainement - et s'il possède des qualités nutritionnelles de premier plan, il n'est cependant pas exempt de suspicion... L'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments), dans son avis du 14 juin 2010, recommande de "consommer le poisson deux fois par semaine, en alternant poisson gras et poisson maigre et en variant les espèces et les provenances, et même une fois par semaine seulement pour les poissons bio-accumulateurs de PCB". Encore récemment, "on rationnait" le saumon à 200g par semaine pour un adulte, pour éviter l'accumulation de toxines liées à l'élevage intensif, induit par la "mode" des omega 3. En matière de contamination des poissons par les polluants, outre les PCB, on retrouve aussi le methyl-mercure, et les dioxines,... qui ne sont pas des vitamines recommandables.
L'Anses (Agence nationale francaise de sécurite sanitaire de l´alimentation, de l'environnement et du travail), après son étude des polluants d'autres familles de substances, reconnait que "peuvent présenter un risque, moins par surcontamination que parce qu'elles sont très consommées, les familles d'aliments suivants : le pain, les pâtes, le café, les frites et aussi le lait chez les enfants, pour lequel le dépassement des valeurs acceptables en plomb et arsenic inorganique ne peut être exclus"
Les produits sans risque deviennent rares, mais le petit déjeuner garde son importance...
En ce qui concerne les fruits et légumes, si l'on ingère les pesticides et autres toxiques, proportionnellement aux quantités consommées, la balance entre les bénéfices escomptés et les risques encourus est difficile à évaluer... Chacun ne dispose pas de son panier hebdomadaire de fruits et légumes de saison, fourni par la coopérative bio de son terroir.
La quadrature du cercle pour les diététiciens et les restaurateurs…
Si l'on considère la multiplication des concentrations dans l'organime de bisphénol, par la consommation de certains aliments en conserve (même substance que celle des biberons retirés du marché récemment), la présence de PFOA, autre polluant organique persistant, dans les poêles anti-adhésives, et les concentrations dépassant 66 fois les normes maximales européennes en methylendianiline, substance cancérigène reconnue, des instruments de cuisine fabriqués en Chine saisis par les douaniers de Toulouse l'été dernier, on a autant de raisons de s'inquiéter du contenant que du contenu de nos plats.
Nous calculons nos calories, nos vitamines, nos compléments alimentaires, l'équilibre de nos rations, pour faire en sorte que notre alimentation nous apporte une belle énergie et une bonne santé. Ne devrait-on pas cependant reconsidérer certains points fondamentaux ???
Les records de longévité de ces bergers bulgares qui se nourrissent d'un peu de yaourth et du peu dont ils disposent dans leurs montagnes, voire de ces centenaires florissants dans certaines îles japonaises, devraient sans doute nous faire repenser notre mode alimentaire : moins, plus simple, avec bon sens.
Ceci étant dit, je rappelerai, que lorsque 1989 a été décrétée "Année européenne de l'information sur le cancer", l'Association contre le cancer, présidée par le Docteur Georges Ziant, a édité un livre, dans lequel douze grands chefs, représentant chacun des douze pays de l'Europe d'alors, présentaient chacun un menu.
Pour la France, il s'agissait de Michel Guerard, ancien Chef-Pâtissier à l'hôtel Crillon et au Lido, qui avait repris le complexe de restauration, d'hôtellerie et de thermalisme "Les Prés et les Sources d'Eugénie" à Eugénie les Bains (les curistes ont généralement droit à une diététique soignée). La lecture de son menu nous remplit de joie et de... soulagement : Hure de saumon au citron et poivre vert, Poulet truffé au persil et sa sauce au Malvoisie, Ragoût d'artichauts aux asperges et soufflé de framboises, servis avec un Jurançon sec et un Madiran ou un Cahors. Pour la variante plus accessible, il proposait de remplacer le saumon par de la truite à chair rose ou de la truite saumonnée, et les framboises par des fraises, en saison.
1989, mais c'est très ancien, pourrait-on dire... Cependant, les voilà les framboises dont nous parlions au début. Et déjà le professeur Guy de Thé, en collaboration avec Annie Hubert, anthropologue au Cnrs, avait publié le livre "Mode de vie et cancer". Ils ont participé tous deux à l'introduction de ce livre de recettes.
"Ne faîtes pas de ces menus votre quotidien, mais variez autant que possible votre alimentation, aussi bien dans le choix des ingrédients que dans les préparations. N'oubliez pas que, pour diminuer le risque d'apparition de certains cancers, il vaut mieux éviter l'excès de poids, ainsi qu'une consommation exagérée d'aliments riches en graisses. Privilégiez plutôt une alimentation riche en fruits et légumes frais, sans oublier les aliments riches en fibres (5ème et 6ème recommandations du Code européen contre le cancer)", écrit le Dr Ziant dans la préface du livre de recettes.
Tout est parfaitement d'actualité, on aurait pu l'écrire cette semaine... C'était il y a plus de vingt ans et peu s'en souviennent.
Il a fallu que David Servan Schreiber, par ses écrits, ses conférences multiples, sa médiatisation, et son expérience personnelle, (vivre près de vingt ans avec un cancer dont le pronostic était plus que réservé à cinq ans), nous fasse prendre conscience de l' importance de notre alimentation, pour notre santé, pour la prévention des maladies, et de leurs rechutes, pour notre bien-être de chaque jour, dans une société qui ne s'en soucie pas toujours. "Que reste-t-il d' Anti-cancer ?", se demandait-il dans son dernier livre, écrit quelques semaines avant sa disparition.
Nous sommes tentés de répondre que la voie étant tracée, il nous reste maintenant à la suivre, en admettant enfin, que notre santé passe par nos assiettes, que les brocolis, les framboises, et tous ses principes diététiques qu'il a énoncés, devraient être intégrés dans notre quotidien, et puisse aussi être transmis, par nos habitudes alimentaires, à nos enfants.
Les facteurs de risques de cancer liés à l'environnement, pollutions, ondes, radioactivité, etc... ne vont pas diminuer significativement les prochaines années, mais nous pouvons, à notre niveau, donner plus de chance à notre corps d'y faire face.
Ceci n'empêche pas un bon repas, voire un petit excès occasionnel, s'il est festif, convivial et rend heureux. Ce qui est bon pour le moral est bon pour la santé, et ce qui fait plaisir rend plus jeune...
Si déjà nous faisons un peu attention à notre alimentation, et comme le conseille aussi le plan anti-cancer, à notre activité physique, à notre équilibre psychologique et émotionnel, notre besoin légitime de repos, de joie, de satisfaction personnelle, que ce soit par la méditation, l'expression artistique, les contacts humains ou animaliers, chacun peut choisir ce qui lui convient, nous nous donnons la chance, conjointement avec la médecine moderne, de faire face au mieux aux cancers, qui nous touchent ou nous menacent.
Bon appétit, appétit de vie
et à table, et puisez sans compter dans la "pharmacie du bon Dieu", les
herbes et les épices, qui donnent de la saveur à chaque chose, et
seront assuremment la tendance en matière de gastronomie et de
santé au cours des années à
venir.
Le Dr Anne Chlecq vient de nous faire là un brillant exposé et je ne peux m'empêcher de me lécher les babines à l'évocation de cette hure au saumon au poivre vert, de ce ragoût d'artichauts aux asperges, et du soufflé de framboises, tout en me posant quelques questions du genre :
"Voyons, le saumon, 200 g par semaine, pas plus... les fraises sont-elles plus ou moins imprégnées de pesticides que les framboises... ? A-t-on toujours raison de nous parler de 5 fruits et ou légumes par jour - quand bien même après lavage soigneux... ? Et est-il simple et facile, aujourd'hui, de trouver, à portée d'achat et de bourse, des aliments dont on soit sûr qu'ils ne soient pas pollués, d'une façon ou d'une autre... ? La "mode" des oméga 3 ne devrait-elle pas se voir supprimer ses guillemets ? Et dès lors représenter l'exemple type d'un mieux-pernicieux-ennemi-du-bien-du-berger-bulgare ? (Je pense à l'élevage intensif du saumon, entre autre...)
Anne Chlecq nous présente une conclusion optimiste, et se réfère à très juste titre à David Servan Schreiber. Tout est bien sûr une question "de dose" et de variation... d'exercice physique et d'équilibre psychique...
"De mon temps"...
Pendant et juste après la guerre, ma mère qualifiait une soupe aux légumes préparée sans adduction de graisse de "petite cochonnerie". Et nous en mangions souvent... faute de graisse à disposition - en matière de légumes, nous disposions de ceux du jardin - quant aux fruits - à part ceux de saison, à la fin de l'été et en automne, nous n'en consommions presque jamais - sauf ceux que ma mère mettait en bocaux. Faute d'approvisionnement... Juste des mandarines à Noël. Nous ne savions pas qu'il était possible de consommer des fruits tous les jours, et un seul légume par jour, accompagné de nos éternelles pommes de terre (excellentes d'ailleurs), agrémenté d'un peu de ragoût et de quelques tranches de pain de seigle entre-temps, nous semblait tout à fait dans la normalité des choses. J'avais eu l'occasion, pendant ces 4 années de guerre, de manger deux fois une petite barre de chocolat. Une fois il était fourré avec une pâte blanche qui sentait le parfum, et une autre fois il était fourré praliné et il s'appelait "Côte d'Or". Jamais aucun chocolat ne sera plus aussi bon que ces deux-là !
Si une baguette magique avait pu nous transporter en l'an 2011, en France, nous nous serions crus au paradis... Un paradis qui peut-être bien a quelques relents de soufre. Du genre de ceux du parc magique de Pinocchio au grand nez !? Pinocchio, bon garçon, impulsif et un peu simplet !
Je suis devenue bien
gourmande. J'adore les gâteaux. Surtout le St
Honoré... Mais je vais vous dire : il en existe de super-appétissants.
Et savez-vous ce qui me permet d'y résister - farouchement !? Toute la
liste des E numérotés, imprimés sur l'étiquette. J'ajuste mes lunettes,
et je compte "les E..." (c'est écrit assez petit,
c'est embêtant !). Je les compte, et je repose les empaquetages
calibrés,
brillants, craquelants et transparents, dans leurs rayons. Le coeur à
peine un peu serré. Avec une petite satisfaction qui compense
- heureusement ! : Pinocchio, lui, n'aurait pas lu !
Les altérations du goût lors
d'une chimiothérapieIl est avéré que les malades sous chimiothérapie voient leurs facultés gustatives notablement altérées, au point de se retrouver dans l'incapacité d'absorber les aliments courants, qui "ne passent plus", bien que le patient souffre consciemment d'une faim qui ne le quitte parfois plus. Souvent (sinon toujours) est signalé "un goût métallique dans la bouche".
Suite à cela, une perte de poids (parfois de forces) s'installe rapidement, parallèlement parfois à une déshydratation. Cela est-il dû uniquement aux facultés gustatives altérées, ou également à un problème d'odorat ?
A ce propos, un
extrait du livre de S. SCHLITTER (Cancer du soir... Espoir) :
"Chaque fois que je
mangeais, ce n'étaient plus exactement les aliments de la planète
terre... Alors je volais un abricot dans le rayon, y mordais un petit
coup, puis, affamée et dégoûtée, je le flanquais à la poubelle... Je
passais mon temps à avoir faim, et à ne pas pouvoir manger
correctement, car sur ma nouvelle planète, tout était frelaté..."
La perception du goût repose sur la stimulation des récepteurs de la langue qui permettent de reconnaître les saveurs sucré, salé, acide, amère et douce. Le bon fonctionnement de ces capteurs dépend de nombreux facteurs : température des aliments, consistance, caractère soluble dans la salive, quantité et qualité de la salive, état physique et de fonctionnement des récepteurs et des voies nerveuses qui assurent l’acheminement des informations jusqu’au cerveau.
Lors d'un trouble du goût, on peut retrouver une anomalie de perception quantitative et qualitative d'une ou plusieurs des cinq saveurs primaires, et/ou de troubles dans la perception de la température ou de la consistance des aliments qui ne sont plus reconnus.
L'odorat intervient également dans le goût et son atteinte pourrait diminuer de près de 50% la perception gustative.
Certaines chimiothérapies, par leur caractère toxique sur les cellules de l'organisme, peuvent occasionner des baisses d'audition et, par le même type de toxicité, pourraient perturber le goût.
Dans la chirurgie de l'oreille, la section du nerf appelé corde du tympan occasionne un goût métallique en bouche qui reste plus ou moins longtemps suivant les gens.
Donc dans le cas précis
d'une chimiothérapie, les troubles de l'odorat apparaissent plutôt
comme un facteur aggravant que causal de l'atteinte gustative.
Comment expliquer cette très
bizarre et perturbante impression de métal dans la bouche après
quelques bouchées mastiquées ?
Cette perturbation du goût (dysgueusie) peut avoir des causes très diverses, mais le goût métallique semble plus fréquent en cas d'insuffisance rénale avec accroissement des taux sanguins d'urée, en cas de carence en vitamine B1, B2, B6, B12, en cas de troubles digestifs de type reflux-gastro-oesophagien, ou encore de mycose buccale (candidose).
Cependant, de nombreux
anti-mitotiques* présents dans les chimiothérapies peuvent induire par
eux-mêmes des troubles du goût, par des mécanismes qui ne sont pas
encore complètement connus.
Y a-t-il moyen de remédier à
cela d'une façon quelconque, hormis le fait, bien sûr, d'arriver au
terme de la chimiothérapie ?
Il n'existe pas, à ma connaissance, de recette toute prête pour supprimer ces sensations gustatives désagréables.
La prise en charge de ces troubles repose plutôt sur un ensemble de petits moyens qui visent à corriger les anomalies pouvant être responsables de l'altération du goût :
Ainsi des traitements tels que des supplémentations en vitamines B1,
B6, B12, ou en zinc sont possibles pour certaines, alors qu'elles sont
discutables pour d'autres. Elles doivent donc faire l'objet d'une
discussion au cas par cas avec le médecin qui assure le traitement.
Un antimitotique freine la
division cellulaire. Or, précisément, les cellules cancéreuses se
divisent plus vite que les cellules saines, en ne respectant plus le
rythme programmé normal de naissance et de mort cellulaire.
L'antimitotique va donc, lors d'une chimiothérapie, agir en freinant
cette pullulation anarchique, mais parallèlement, il va induire des
effets secondaires plus ou moins fâcheux.
Les cancers de la peauIl existe des cancers de la
peau de virulence différente. La plupart, toutefois, semblent avoir
pour origine une surexposition aux rayons UV.
Intervenants
:
Il existe des cancers de la
peau de virulence différente. La plupart, toutefois, semblent avoir
pour origine une surexposition aux rayons UV. Est-ce un fait établi ?
Il existe une grande variété de cancers de la peau d'origine différente : les cellules constituant la peau sont à l'origine des carcinomes qui sont les cancers les plus fréquents chez l'homme mais les moins graves et les cellules spécialisées dans la pigmentation sont sources des mélanomes. Les cancers issus de cellules occupant d'autres fonctions (vaisseaux, tissus de soutien…) sont beaucoup plus rares. Leur origine est multifactorielle mais la responsabilité des rayons UV est essentielle. D'autres facteurs interviennent : l'hérédité, certains médicaments, certaines thérapeutiques ciblées, baisse de l'immunité (greffe d'organe), certains virus (papillomavirus), polluants atmosphériques, irritation chronique (plaie trainante)…
Le rayonnement solaire peut
intervenir par expositions prolongées (agriculteur, pêcheur, maçon…)
[carcinomes] ou par exposition de loisirs (courtes, intenses et
répétées) [mélanomes]. Ce sont ces expositions qui sont les plus
dangereuses, surtout si elles sont précoces dans la vie (avant 15
ans). Il faut maitriser son capital soleil. Le tabagisme
aggrave le vieillissement cutané et a un rôle dans certains cancers de
la peau
Existe-t-il des cancers de
la peau héréditaires, et pourriez-vous, succinctement, nous en toucher
quelques mots ?
Il existe des
prédispositions héréditaires aux cancers de la peau. Le mélanome,
cancer cutané le plus redoutable, est familial dans 5 à 10 % des cas.
D'autres cancers cutanés, plus rares, peuvent survenir dans des
familles avec des transmissions héréditaires bien établies (mutation de
gène, instabilité chromosomique) : albinisme, xeroderma pigmentosum
(enfants de la nuit)…
Tous les cancers de la peau
sont-ils mortels s'ils ne sont pas traités ? Autrement dit, existe-t-il
des cancers de la peau qui restent strictement localisés ?
La plupart des cancers de la
peau (carcinomes) ont une évolution locale ou loco-régionale et ne sont
pas mortels. Néanmoins, il importe de les dépister précocement pour que
le geste chirurgical soit le plus simple, permettant des cicatrices non
disgracieuses. De nouveaux traitements médicaux par application de
crèmes sont parfois possibles.
Existe-t-il un sex ratio ?
Globalement, la répartition
selon les sexes est homogène. Ce sont essentiellement les peaux
claires, quel que soit le sexe, ne supportant pas le soleil, qui sont
touchées. Les mélanomes surviennent souvent chez des sujets jeunes :
2ème à 5ème décennie. Les carcinomes classiquement surviennent plus
tard à partir de la 5ème décennie. Mais malheureusement, on
les voit survenir de plus en plus jeune, dès la 3ème ou 4ème décennie.
En se référant aux dernières
statistiques, peut-on connaître la mortalité par cancer de la peau,
(tous confondus) comparée à la mortalité par cancer du sein, de la
prostate, du colon ?
La mortalité des cancers de la peau est surtout le fait des mélanomes et de certains carcinomes (carcinomes de Merkel). La survie moyenne à 1 an est de 96,4 % tous stades confondus de mélanome et 85 % à 5 ans. Au stade de métastases viscérales, la survie médiane des mélanomes est inférieure à 1 an. Mais l'arrivée de nouveaux traitements ciblés (à la carte) bouleverse ces données au stade métastatique avec des espoirs réels de survie prolongée.
Le risque métastatique et la
survie sont essentiellement liés au diagnostic précoce. D'où
l'importance de l'autosurveillance de la peau.
Y a-t-il une augmentation de
la fréquence de ce type de cancer, depuis 1970 et si oui, comment
l'expliquer ?
L'incidence des mélanomes
double tous les vingt ans depuis 1950 avec par bonheur des cancers
moins épais, de meilleur pronostic. Le mélanome représente la 13ème
cause de cancer chez la femme et la 7ème chez l'homme. Chaque année,
plus de 7 500 cas sont diagnostiqués en France. En France, on estime
qu'il y a 10 nouveaux cas de mélanome par an pour 100 000 habitants.
Cette augmentation de fréquence peut être rattachée au dépistage plus
précoce mais également aux expositions solaires modifiées : expositions
de loisir (courtes, plus nombreuses, plus intenses), aux UV artificiels
et à la durée de vie prolongée. A l'échelle planétaire, de grandes
différences d'incidence en fonction de la latitude sont observées.
L'incidence la plus élevée est en Australie (60/100 000/an).
Le tabac joue-t-il un rôle ?
Le tabagisme joue un rôle
essentiellement par l'intermédiaire du vieillissement cutané qui est
accéléré et il favorise directement les carcinomes cutanés en raison de
l'effet immunosuppresseur de la nicotine et de la présence de plus de
40 substances mutagènes et carcinogènes…
Qu'est-ce qui permet au
patient de suspecter un cancer ? Celui-ci peut-il se développer sur une
verrue ? Doit-on avoir peur d'un grain de beauté petit ou gros ?
L'autosurveillance de la
peau est essentielle. Tout bouton qui traine ou se modifie malgré un
traitement approprié doit conduire à un examen médical. Pour les grains
de beauté, le modèle de l'ABCDaire comme guide est très intéressant.
Quand les grains de beauté sont nombreux, on peut faire appel à l'image du "vilain petit canard" en imaginant une cane avec ses canetons dans un étang. Ils se ressemblent souvent beaucoup sauf un qui apparait "bizarre".
Il peut en être de même lorsque l'on examine son dos. Les mélanomes ne se développent pas sur une verrue mais des carcinomes cutanés peuvent se développer sur une verrue, en particulier chez les patients immunodéprimés (greffe d'organe) et sur les régions génitales. Il existe un vaccin anti-papillomavirus humain (virus de certaines verrues génitales) qui peut, chez les jeunes femmes, prévenir ces infections par verrues et certains cancers génitaux. On ne doit pas avoir peur d'un gros grain de beauté. Les grains de beauté en relief sont souvent anodins.
Ce sont les plats ou à
faible relief qui peuvent être dangereux s'ils
sont Asymétriques à Bords irréguliers… ou s'ils Evoluent. Les grains
de beauté congénitaux (présents à la naissance) et géants (plus de 10
cm) doivent être surveillés.
En cas de diagnostic de
cancer de la peau, selon le cas, un suivi est nécessaire. Quelle en est
la plus longue durée possible ? Dans certains cas, un suivi n'est-il
pas nécessaire ?
Un suivi surtout clinique
est essentiel à vie pour tous les cancers de la peau et le médecin
traitant a une place prépondérante. En effet, ces cancers peuvent
récidiver et parfois s'étendre mais dans tous les cas, lorsque l'on a
eu un cancer cutané, il existe un risque de survenue d'un 2ème cancer
cutané plus fréquent que chez les personnes qui n'ont pas eu de cancer
cutané. Le diagnostic précoce est le gage d'un traitement plus aisé et
d'un risque de récidive moindre. Il faut donc éduquer les patients,
leur famille, à l'autosurveillance couplée à la surveillance médicale
(médecin traitant et dermatologue).
Enfin, existe-t-il des
précautions particulières à prendre, outre le fait de ne pas s'exposer,
peut-être, exagérément aux UV ?
"Rotissez aujourd'hui et
payez demain", devise grossière mais néanmoins claire. Le soleil a de
multiples bienfaits (vitamine D, moral…). Il faut donc ne pas proscrire
les vacances au soleil mais il convient de respecter quelques règles
simples :
Toutes ces règles simples permettent des expositions "raisonnées".
Chirurgie plastique après cancer du sein
Intervenant
:
Dans quels cas l'ablation
d'une tumeur cancéreuse au niveau du sein peut-elle justifier une
"chirurgie plastique réparatrice" ?
Chaque fois que l'ablation
de la tumeur entraîne une modification de la forme et, ou, du volume du
sein par rapport au sein controlatéral.
Cette chirurgie plastique
après cancer est-elle forcément en rapport avec une prothèse mammaire,
ou existe-t-il d'autres moyens chirurgicaux réparateurs ? Si oui,
lesquels ?
Les moyens de réparation
sont nombreux, ils dépendent de l'importance de l'exérèse
initiale. Il peut s'agir d'une reconstruction par prothèse seule, d'une
reconstruction par lambeau musculo-cutané seul ou associé à une
prothèse.
Si une patiente souhaite
faire appel à vous pour réparer "les dégâts" d'une extraction de
tumeur, pouvez-vous dans tous les cas accepter de l'opérer, sinon dans
quels cas devriez-vous le refuser ?
Chaque praticien peut
refuser d'opérer une patiente pour des raisons qui lui sont propres.
Dans ce cas, en général, il conseille un autre médecin.
En cas d'opération possible,
combien de temps après l'ablation de la tumeur pouvez-vous oeuvrer ?
Cela dépend encore du
traitement initial : s'il y a eu de la radiothérapie, le délai est de
une année, sinon il peut être entrepris dès que l'état du patient le
permet. À noter que certaines équipes, comme souvent outre-atlantique,
font la reconstruction dans le même temps opératoire que l'exérèse
tumorale.
Quelle est la durée du
séjour à l'hôpital, et le temps de cicatrisation ?
Selon le type de
reconstruction la durée de l'hospitalisation varie de 72 h à 12 jours
en moyenne. La cicatrisation cutanée est obtenue en 15 jours, la
cicatrisation musculaire demande deux mois.
Après combien de temps le
sein n'est-il plus douloureux, habituellement ?
Le sein devient indolore au
bout d'une dizaine de jours.
Dans le cas de prothèse
mammaire, quels sont les choix possibles de la patiente : matière,
taille... ? Travaillez-vous sur photo ? Est-il concevable que le sein
intact soit modifié en même temps, lui aussi ? Le conseillez-vous
parfois ? Pouvez-vous joindre quelques photos (bien sûr préservant
l'anonymat) à votre développement ?
Pour les prothèses de
reconstruction, la patiente à tous les choix : sérum physiologique,
silicone, forme ronde ou anatomique, le médecin la conseille bien
évidemment. Le travail préparatoire sur photo est possible mais pas
systématique. Le résultat à atteindre est la symétrie entre
les deux seins, et le plus souvent il faut envisager un geste
(réduction, pexie) sur le sein contrôle latéral.
Pouvez-vous nous donner des
indications de prix de ce genre d'intervention, et les possibilités de
remboursement par les caisses ?
La chirurgie d'exérèse et la
reconstruction sont prises en charge par la SS. Les dépassements
d'honoraires, variables selon le praticien, peuvent être remboursés par
les mutuelles.
Pouvez-vous nous donner,
pour la dernière année de référence, le pourcentage en France de la
pose de prothèses, suite à des tumeurs cancéreuses, et, parallèlement,
le nombre de tumeurs opérées ?
En France le cancer du sein
concerne une femme sur dix, deux cancers sur trois surviennent après la
ménopause. En 2010 on a noté 52000 nouveaux cas de cancer du sein.
A propos de complications,
notre quotidien, le RL, nous a entretenus tout récemment, de prothèses
mammaires défectueuses. RL dixit : "la Sté varoise PIP, accusée
d'utiliser du silicone industriel". Pouvez-vous nous en dire à ce
propos un peu plus ?
La société PIP est à
l'origine d'une escroquerie financière de grande ampleur, et d'une
escroquerie à la santé. Le fabricant a modifié l'enveloppe et le
contenu de ses implants. Ceux-ci deviennent plus fragiles, ils peuvent
se rompre, ou laisser passer le silicone au travers d'une enveloppe
poreuse. Dans ces cas le silicone reste dans la loge péri-prothétique
(poche cicatricielle où se trouve l'implant), et peut être responsable
d'irritation locale et de réaction ganglionnaire régionale. Si la loge
est percée (exceptionnel), le silicone échoue dans les tissus de
voisinage (muscle) et ne semble pas pouvoir migrer ailleurs. L'AFSSAPS
a indiqué en 2010 que le silicone utilisé par la marque PIP n'était ni
cytotoxique, ni génotoxique, c'est à dire qu'il n'est pas responsable
de maladies ou de cancers.
En général, quelles sont les
complications possibles, et leur fréquence ?
Les complications de la
reconstruction mammaire peuvent être nombreuses. On peut citer les
infections, les hémorragies, mais aussi la nécrose du lambeau et la
rétraction capsulaire sur prothèse. Aujourd'hui grâce aux progrès des
techniques, ces complications sont très peu fréquentes.
En général, quel est le but
de ce genre d'opération ?
La reconstruction mammaire
après cancer a pour but de rendre à la femme sa féminité, et tente
d'obtenir le maximum de symétrie entre le sein normal et le sein
reconstruit.
Dernière question, qui va
peut-être vous sembler farfelue : peut-on concevoir de réduire la
taille d'un sein ? Et si oui, cette demande est-elle fréquente ?
Il est tout à fait possible
de modifier des seins normaux. C'est le cas lorsque ils sont trop gros
et lourds (mammoplastie de réduction), ou lorsqu'ils deviennent
tombants (mammopexie), ou lorsqu'ils sont asymétriques.
Pouvez-vous nous dire, en
conclusion, si ce genre d'opération est susceptible de donner, le plus
souvent, satisfaction ?
Même si le traitement est
long, les interventions lourdes, et nécessitant parfois des
retouches, la quasi totalité des patientes en est satisfaite.


A propos du larynxA propos du larynx... Parmi les cancers des voies aéro-digestives supérieures, le plus fréquent est celui du larynx, indique un rapport antérieur à 2002, qui porte probablement sur des chiffres relevés aux environ de 1995. Ce rapport indique aussi un sex-ratio de 16 hommes pour 1 femme.
Intervenant
: Dr Dominique GAILLOT, ORL - THIONVILLECe sex-ratio s'est-il
modifié pour l'année de référence la dernière en date. Si oui, peut-on
expliquer cette modification par un changement du mode de vie ?
Le cancer des voies aéro-digestives supérieures est avant tout un cancer du sexe masculin puisque l’on estime actuellement que 96% des cas surviennent chez l’homme avec une prédilection entre les âges de 50 et 70 ans.
L’incidence des cancers du larynx tend à diminuer depuis les années 70 en raison de nombreuses campagnes de lutte contre le tabagisme qui reste la cause essentielle du développement de ce type de cancer.
De même, la mortalité de ces cancers diminue chez l’homme depuis les années 80 et de façon moins nette chez la femme. Le sex-ratio qui était de 1/16 en 1995 est passé, en 2008, à 1/10.
Les principales statistiques européennes de 1995 relevaient, pour les cancers du larynx chez la femme, un chiffre de 6.25 %, pour 9.3 % en 2000 et 19.2 % en 2008.
Plus encore que les
conditions de vie, l’augmentation de cancer chez la
femme pourrait être liée à l’évolution des habitudes de vie et, entre
autres facteurs, à la plus grande consommation de tabac au cours des 20
dernières années. Le rôle de l’alcool et son action carcinogène est
plus difficile à mettre en évidence même si l’on peut avancer le rôle
irritatif des alcools forts sur les muqueuses et l’existence de
carences nutritionnelles chez l’alcoolique (Vitamine C, Zinc…)
Pouvez-vous nous faire
connaître les dernières statistiques concernant l'apparition de ce type
de cancer lié au tabac ?
Le tabac est directement
impliqué dans
50-70% des cancers de la bouche, du pharynx, du larynx les deux sexes
confondus. L’action cancérigène est liée à la présence, en parfois
grande quantité, d’hydrocarbures (benzopyrène) et en nitrosamines entre
autres.
Ce même rapport parle de
chirurgie
conservatrice ou non conservatrice, et dans ce dernier cas, d'une
réhabilitation vocale par implant (trachéo-oesophagien). Pourriez-vous
développer ce dernier aspect : décrire l'implant, sa matière, sa forme,
ses avantages (et inconvénients... hm...), la durée de l'opération, le
lieu d'implantation, la durée de vie de cet implant. Nous dire,
ensuite, en quoi consiste la rééducation vocale (durée, méthode), et
nous entretenir de la vie du patient ainsi implanté : ses contraintes
(d'hygiène, en particulier), y-a-t-il inconfort ? La personne peut-elle
s'habituer facilement ? Les effets sur le psychisme variant
naturellement en fonction du patient, sont-ils, dans l'ensemble,
importants, ou plutôt bien surmontés.
Réhabilitation vocale par implant (trachéo-oesophagien) :
Trachéostome (1) : ouverture artificielle pratiquée dans la trachée, se terminant sur la face du cou, et dans laquelle est insérée une canule permettant la respiration. Une valve y est ou non abouchée.
Implants phonatoires (2) :



L’implant phonatoire est généralement fabriqué en silicone ou en polyuréthane souple et mesure de l’ordre de 4 à 15 mm de long pour un diamètre d’environ 7 mm.
L’implant vocal se compose de 2 collerettes, 1 supérieure et 1 inférieure, reliées par une tige tubulaire. L’ensemble vient se placer verticalement et s’adapter dans un "shunt" (fistule) trachéo-oesophagien réalisé chirurgicalement.
La technique de l’implant phonatoire consiste à créer chirurgicalement une connexion entre la trachée et l’œsophage qui va permettre l’introduction de la prothèse.
La prothèse phonatoire peut
être mise en place :
La collerette supérieure oesophagienne comporte une valve à voie unique, autorisant le passage de l'air pulmonaire dans l'œsophage et permettant d'éviter, en se refermant, le passage des aliments de l'œsophage vers la trachée.
Grâce à ce flux d'air, passant lorsque le trachéostome est bouché par le doigt ou par la valve trachéale, le patient peut reparler.
L'obturation de la
collerette inférieure abouchée à la peau peut donc se faire :
Cette obturation automatique permet, à la fois, d'obtenir une meilleure hygiène cutanée et la liberté des mains pendant la parole. La qualité de la voix obtenue et la durée de vie de l'implant sont directement liées au nettoyage de l'implant et de la valve.
La valve de phonation ferme
l'ouverture de l'implant pour protéger les poumons des fuites
salivaires et liquides. Lors de la phonation, elle s'ouvre pour laisser
passer le souffle pulmonaire dans l'œsophage ; à ce moment-là, le
laryngectomisé obture son trachéostome à la parole et l'ouvre pour la
respiration. Une gymnastique respiratoire et manuelle est ainsi à
acquérir.
Avantages de l'implant phonatoire :
En fonction de la pose ou non d'un implant phonatoire, on distingue 2 types de voix :
Dans les 2 voix, le son est ensuite modulé par les cavités bucco-nasales. L'apprentissage est conduit par l'orthophoniste et soutenu par la kinésithérapie.
La pose de l'implant permet
:
La voix trachéo-oesophagienne est plus fluide et moins saccadée que la voix oesophagienne. Son intensité est plus élevée, la durée de phonation est plus importante permettant de former de longues phrases, toujours en raison de la plus grande quantité d'air ingéré.
Dans le cadre de l'implant phonatoire, la parole est fonctionnelle dans 95 % des cas ; la voix est bonne à excellente dans plus de 85 % alors que les bonnes voix oesophagiennes existent dans 30% des cas environ après 6 mois/1 an de rééducation.
En fait, les voix
oesophagienne et trachéo-oesophagienne ne s'opposent
pas, elles peuvent se compléter. La plupart du temps, les malades
implantés acceptent la double rééducation (séances différentes) pour
obtenir une voix mixte, utilisant l'air apporté par l'implant
phonatoire, sans utilisation du doigt. Lors d'abandon de la voix
trachéo-oesophagienne (par exemple dans le cas de fuites), il reste la
voix oesophagienne apprise en amont ce qui, psychologiquement, est plus
admis par le patient que la perte totale de la phonation.
Les inconvénients de l'implant phonatoire :
L'implant phonatoire est certes une avancée importante dans l'acceptation du handicap phonatoire mais il a ses avantages et ses inconvénients, parfois mineurs et passagers, parfois pouvant se révéler un problème majeur conduisant à son explantation.
Ce sont surtout les fuites
(dans 75 à 85% des cas de complications), en
rapport avec des :
Peuvent également survenir des granulomes (réactions inflammatoires) autour de la prothèse, souvent à l'origine de son extrusion.
On peut aussi voir apparaître une sténose (rétrécissement) de la fistule (10% des cas de complications), liée à l'arrachage (extrusion) de la prothèse, à la radiothérapie post-opératoire ou à une mauvaise hygiène locale.
De même, la présence de croûtes (10% des cas de complications), secondaires à l'assèchement et à l'irritation de la muqueuse respiratoire de la trachée, peut obstruer l'implant d'où la nécessité d'une hygiène rigoureuse.
Fréquemment, la surinfection de la prothèse par le candida albicans, provoquant fuites et vieillissement prématuré de l'implant, est un facteur important de changements rapprochés. Afin de limiter le développement de ce champignon, il est nécessaire de réaliser un nettoyage quotidien de la prothèse avec la brosse fournie imbibée d'un antifongique.
Enfin, une migration de
l'implant dans l'œsophage, voire une inhalation
de l'implant, est toujours possible (rôle éventuel de l'obturation
digitale trop "prononcée"), par chance, la plupart du temps sans
troubles respiratoires majeurs.
Les contraintes de l'implant :
Le patient doit assurer un nettoyage quotidien de son trachéostome et de sa prothèse phonatoire en retirant les sécrétions et les croûtes. Il doit apprendre à nettoyer lui-même sa canule à l'aide d'un petit aspirateur, en s'aidant d'un miroir. Il doit apprendre à protéger le trachéostome de la poussière, des insectes, du froid et aussi de l'eau (pluie et douche).
Les prothèses phonatoires
peuvent se détériorer dans le temps avec
obligation de changement à intervalles réguliers, une à deux fois par
an (selon l'hygiène cutanée et environnementale du patient) en
fauteuil de consultation.
La rééducation vocale :
Rappelons nous que le
larynx assume trois fonctions :
Lors de l'ablation du larynx, ces 3 fonctions disparaissent. On remplace partiellement la fonction respiration par la trachéotomie = ouverture artificielle pratiquée dans la trachée, se terminant à la base du cou, et dans laquelle est insérée une canule permettant la respiration. Une valve y est ou non abouchée. Le trou pratiqué est appelé trachéostome.
Nous l'avons vu, lors de l'expiration, l'air est projeté par le biais de l'implant dans la partie supérieure de l'œsophage, mettant en vibration le sphincter supérieur de l'œsophage, ce qui produit un son intense et continu. L'air est ensuite pris en charge et modulé par les cavités de résonance supérieures (cavité buccale, nez) pour obtenir la parole.
L'orthophoniste devra, entre autres, travailler la ventilation au niveau du diaphragme et le relâchement des muscles du cou, permettant souvent d'assouplir la bouche de l'œsophage pour favoriser la qualité du son.
Il s'efforcera de retravailler l'expiration(grand volume et petit débit) pour éviter les fuites d'air au niveau de l'implant.
La durée et le succès de la rééducation dépendent de la motivation du patient, à acquérir un nouveau langage et de son état physique et psychologique après l'intervention.
La rééducation respiratoire
se déroule habituellement sur 4 à
6 semaines.
En conclusion, les
avantages de l'implant phonatoire sont :
En contrepartie, les inconvénients de cette technique sont dans la contrainte que représentent les soins et la surveillance de l'implant et l'obligation de changer la prothèse à intervalles réguliers, une à deux fois par an.
Tous les patients ne peuvent être candidats au port de l'implant phonatoire en raison de l'existence de nombreuses contre-indications :
Il s'agit également, pour
l'équipe médicale, de prendre en compte
plusieurs paramètres :
Questions au SexologueNous entendons autour de nous de plus en plus parler de sexologie. Certains couples, désireux de prolonger une bonne entente qui semble s'effriter, soit par l'usure du temps, soit par un événement physique, tel que l'apparition d'une maladie chronique, ou encore suite à une opération plus ou moins mutilante, pensent alors, parfois, consulter "le sexologue".
Intervenant
: Dr François RAMSEYER, Gynécologue, Sexologue - THIONVILLEDoit-il obligatoirement être
gynécologue ou urologue ?
Aussi surprenant que cela puisse paraître, le titre de Sexologue n’est pas protégé et donc non réglementé.
En pratique n’importe qui peut se déclarer "sexologue".
Concernant des choses aussi
intimes que la sexualité, il semble donc important de savoir à qui on
s’adresse.
Il existe des thérapeutes qui
sont médecins et d’autres pas :
Savoir :
avoir un diplôme n’est pas une fin en soi pour être sexologue, il faut
avoir des outils autres que médicaux pour bien pratiquer : diplôme en
poche, devenir compétent… il
nous faut encore nous former à différentes thérapies si notre formation
initiale ne l’a pas permise : sont utiles voire indispensables :
D’autres thérapies encore à apprendre dans des séminaires, formations pratiques et utilisables dans une pratique "de soins intégrés", chaque thérapie étant personnelle à chaque patient, chaque couple.
Dans la prise en charge
sexologique, il
y a un savoir-faire mais aussi un
savoir être : le Balint
et une
nécessaire psychanalyse
personnelle, ensuite, mieux se comprendre,
mieux admettre les autres… ses patients, engager tout au long de sa
carrière des supervisions
avec ses pairs.
Attention :
Internet est aujourd’hui une des principales sources d’information pour les patient(e)s en recherche d’une aide.
De nombreux sites peuvent proposer des consultations ou des méthodes de traitement n’ayant pas reçus de validation par la communauté scientifique. Il est important que chacun puisse conserver un esprit critique vis-à-vis d’informations ou de propositions notamment lorsqu’elles peuvent déboucher sur des prises en charge, d’autant que certaines personnes, non qualifiées, profitent de l’absence de réglementation de la profession de sexologue pour donner des consultations en dehors de tout contrôle, proposer des traitements illusoires voire dangereux à la seule fin d’en tirer un bénéfice financier ou sexuel.
Refusez toute pratique qui ne
vous conviendrait pas, toute relation
sexuelle sous quelques formes que cela soit.
En quoi consiste précisément
son rôle ?
La sexologie est l'étude de la sexualité humaine et de ses manifestations.
Elle étudie tous les aspects de la sexualité, à savoir le développement sexuel, les mécanismes des rapports érotiques, le comportement sexuel et les relations affectives, en incluant les aspects physiologiques, psychologiques, médicaux, sociaux et culturels.
La sexologie, dans sa forme moderne, est une science récente qui s'est développée à la fin du xxe siècle. Elle est au carrefour de plusieurs disciplines, comme la médecine, les statistiques, l'épidémiologie, la biologie et les neurosciences, la criminologie, l'histoire, la psychologie et la sociologie. Elle étudie également la sexualité de certains groupes particuliers, comme les handicapés, les enfants et les personnes âgées, mais étudie aussi les pathologies sexuelles telles que les dysfonctions sexuelles, l'obsession sexuelle, les violences sexuelles, et les pratiques marginales comme les paraphilies et les perversions.
La sexologie traite
également des sujets particuliers comme l'avortement, le contrôle des
naissances, l'abus sexuel, les nouvelles techniques de reproduction ou
la santé sexuelle.
Consulter un sexologue n'est pas exclusivement réservé aux déviants sexuels, comme un certain pourcentage de la population a encore tendance à le croire !
Les motifs de consultation peuvent être très variés, ils sont toujours associés à une souffrance.
Il n'est pas facile d'effectuer une telle démarche (cela demande un certain courage).
La plupart y ont songé souvent très longuement, des semaines, des mois, souvent des années, avant de prendre rendez-vous. Ces personnes sont accaparées par un sentiment d'urgence.
Une simple difficulté
sexuelle devient avec le temps une entrave
majeure à leur bien-être. Submergés, ayant le sentiment de ne plus
pouvoir fonctionner, ces individus ou ces couples n'entrevoient plus de
solutions viables, la souffrance est considérable et la qualité de vie
dégradée.
Le recadrage
Le rôle du sexologue sera, en ce cas, de désamorcer le vent de panique et rétablir ainsi, sous un angle plus prometteur, l'équilibre entre les perceptions erronées et la réalité : le recadrage.
De leur permettre d’obtenir
des conseils qui puissent aider à résoudre
certains problèmes de la vie quotidienne qui peuvent rejaillir sur la
sexualité d'une femme, d'un homme ou d'un couple.
Pour donner quelques chiffres :
Le champ de pratique du
sexologue est vaste et varié.
Voici un aperçu des
différents troubles sexuels et relationnels pour
lesquels une personne seule ou un couple peut décider d’entreprendre
une sexothérapie :
Reconnue par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la santé sexuelle fait aujourd'hui partie intégrante de la santé globale et du bien-être auquel chaque individu a droit.
Il est reconnu qu'une bonne qualité de vie avec une fonction sexuelle satisfaisante va améliorer le pronostic des maladies chroniques (cardio-vasculaires, cancers etc.) et nous ne sommes qu'au début de nos connaissances en la matière.
La vie sexuelle d'un individu ou d'un couple se déroule rarement sans accrocs. Il est tout à fait possible de rencontrer au cours de son existence des difficultés sexuelles.
A partir du moment où ces difficultés engendrent une souffrance, et même si c'est loin d'être une démarche facile, il serait adéquat de pouvoir en parler avec un spécialiste.
Parfois une simple entrevue suffit à relativiser une situation en mettant des mots sur ce que vit la personne dans sa sexualité.
La sexualité n'est pas innée
et demande qu'on y consacre du temps. Le
plaisir, cela s'apprend.
Pourriez-vous nous décrire
(comme si nous y étions), la visite d'un couple - imaginaire mais
représentatif - auprès de vous, et le dialogue qui pourrait s'instaurer
!?
Il m’est difficile de
présenter un cas clinique comme demandé car même si la consultation
suit des règles précises, elle laisse une certaine liberté aux patients
et au bout du compte chaque cas sera différent de l’autre dans son
déroulement, et le dialogue va durer de 45 mn à 75mn, voire plus pour
la première consultation qui est la plus importante. Il est plus simple
de vous donner le compte rendu d’un entretien qui expose une démarche
dans l’interrogatoire, la clinique, le diagnostic et la stratégie
envisagée.
Je vous remercie de m'avoir
adressé Madame X Sonia, âgée de 50 ans, qui s'est présentée à ma
consultation pour le motif suivant : perte du désir sexuel depuis 3 ans.
SEXOLOGIE :
Nature du problème : trouble du désir depuis son hystérectomie (exérèse de l’utérus) il y a trois ans, pour métrorragies (saignements) sur polymyomatose utérine (plusieurs fibromes dont le plus gros faisait 5 cm).
Opérée par le chirurgien le Dr …, suivi par son gynécologue le Dr … qui me l’adresse.
Troubles : secondaires à une difficulté à retrouver du plaisir lors des rapports : "la pénétration est aussi inutile que si on se mettait un doigt dans la bouche"...
Exceptions à la plainte : n'ayant pas de plaisir et d'orgasme, elle n'a aucune envie d'avoir des rapports, même si le couple qui est uni compense par de la tendresse.
Il lui arrive d'avoir un orgasme par caresses clitoridiennes, mais cette pratique la heurte car elle évoque pour elle "une pratique homosexuelle".
L'origine du problème : gênée par les métrorragies répétitives qui entravaient sa sexualité, elle acceptait l'idée de perdre son utérus mais pas son col utérin, ce que le chirurgien n'a pas respecté, ni annoncé après l'intervention. Ce n'est que bien longtemps après, son mari osant parler de cette anorgasmie au gynécologue, qu’il révèle après la consultation l'absence de col... et la raison de cette difficulté : cette femme très attachée à la pénétration et aux sensations qu’elle attribuait au col de l’utérus, ne retrouvait plus son plaisir.
Au lieu de la colère, s'est installée la résignation... et avec la découverte de la perte du col, la perte naturelle du désir.
Une
notion à rappeler aux chirurgiens : "on ne doit enlever que ce
qu'on nous "donne ou ce qu'on ne peut garder", à condition de s'en
expliquer après l'intervention"...
ORIENTATION THERAPEUTIQUE :
La solution idéale envisagée : retrouver des sensations de plaisir pendant les rapports, ce qui lui donnera de nouveau envie d'en avoir.
Une des solutions, osée, a été de faire réagir cette femme en forçant sa colère : elle ne savait pas non plus qu’on lui avait retiré son ovaire droit restant (donc qu’elle pouvait attribuer des symptômes gênants à une ménopause provoquée).
Il s’agissait aussi de contenir cette colère qui n'avait pas de vocation à être médico-légale mais réactive.
Après avoir accordé une confiance aveugle à son chirurgien (qui avait sans doute une raison médicale pour avoir réalisé ainsi cette intervention, mais n’avait pas pris le temps de s’en ouvrir à sa patiente… ou avait-elle occulté elle-même cette information ?), a suivi le sentiment d'avoir été trompée et par réaction de se résigner...
Une réaction de colère pour compter plus sur elle-même, affirmant ses émotions et se battant pour ses envies.
Ayant réagi, perdant son fatalisme elle a pu accepter d’utiliser une technique simple, qu'elle avait imaginée sans oser le formuler, de retrouver ses sensation lors de la pénétration en s'aidant de caresses vulvo-clitoridiennes.
Un traitement hormonal a pu
améliorer sa qualité de vie, favorisant le
désir et l’orgasme… qu’elle retrouve progressivement.
Le cancer du col de l'utérusDepuis la véritable "épidémie" du cancer du sein, il semble quelque peu passer à l'arrière-plan de nos préoccupations immédiates. D'autant plus que son incidence en Europe de l'Ouest et aux Etats-Unis est assez faible, et inversement proportionnelle au statut socio-économique.
Pourtant, il tue, lui aussi ! Même si la survie à cinq ans paraît globalement moins pessimiste que celle concernant d'autres cancers, dont celui du sein.
Et surtout, il risque
d'interférer lourdement sur les facultés
de
reproduction de femmes en âge de procréer. En ceci, il mérite toute
notre attention...
Intervenant
: Dr François
RAMSEYER, Gynécologue, Sexologue - THIONVILLEQuels sont les facteurs
POUVANT interférer sur l'apparition de ce type de cancer, et
ceux intervenant FORCEMENT ? En particulier, le papillomavirus y est-il
forcément lié, et sinon, dans quelle proportion intervient-il ?
Les facteurs intervenant FORCEMENT :
85 % des cancers du col de l’utérus surviennent après évolution de "condylomes" (lésion bénignes). En novembre 2010, la revue Lancet Oncology a publié les résultats d'une étude montrant que huit types de papillomavirus sont responsables de 90% des cas de cancer du col de l'utérus.
Les papillomavirus humains
HPV16 et HPV18 sont présents dans 80% des cancers du col de l’utérus et
des lésions in situ de haut grade.
Les facteurs POUVANT interférer sur l'apparition de ce type de cancer :
Les facteurs de risque sont au nombre de trois :
Une étude scientifique démontre que les femmes ayant peu (ou pas) d'enfants seraient plus exposées au cancer du col de l'utérus que les autres (étude pour l'association Cancer research UK).
La contraception par
oestro-progestatifs est associée à une majoration modérée du risque de
développer un cancer du col utérin (augmentation du risque de moins de
1 %).
Les infections à HPV sont sexuellement transmissibles ; l'homme est généralement porteur sain (absence de lésion visible) du virus, qu'il transmet à sa partenaire au cours de relations sexuelles non protégées.
Environ 90% des contaminations se font dans les 3 premières années des rapports non protégés.
Le virus gagne les cellules du col de l'utérus où il se multiplie, créant une inflammation qui, sur de nombreuses années, peut évoluer lentement vers le cancer, d'abord in situ puis invasif.
En cas de contamination, il
est conseillé au partenaire de s'examiner à
la recherche d'une anomalie sur son pénis (aspect verruqueux) ou
se faire examiner (frottis cervico-vaginal, examen de la
vulve...).
La prévention :
C'est d'abord l'abstinence tabagique et les relations sexuelles protégées, surtout en l'absence de partenaire stable ou en cas de partenaires multiples.
C'est également la surveillance régulière du col au cours d'examens gynécologiques réalisés tous les 2 à 3 ans (en général seulement à partir de 25 ans) en l'absence d'anomalie décelée sur les précédents frottis cervico-vaginaux, sinon plus fréquents.
Quant à la vaccination
anti-HPV, apparue très récemment, elle s'adresse
aux jeunes filles avant le début de toute activité sexuelle ou au plus
tard dans le courant des deux premières années de leur vie sexuelle.
La littérature médicale montre que tous les degrés existent, depuis le stade précancéreux, en passant par le cancer in situ (CIS), encore "anodin" (si l'on peut dire), jusqu'au cancer invasif qui risque alors d'envahir le corps par ses métastases.
A partir de quel stade
intervient-on, et quels sont les moyens mis en œuvre ?
La colposcopie et la biopsie :
Seule l'étude des biopsies
faites au niveau de ces zones suspectes (histologie), confirme le
diagnostic.
Des condylomes et CIN I et II :
Pour les dysplasies modérées, mini-conisation de la lésion chronique (permet un contrôle supplémentaire de la lésion et de savoir si l'exérèse est passée au large de la lésion, en intra-cervical).
Un certain pourcentage de
dysplasies régressent spontanément (Condylomes plan, CIN 1 et CIN
2), il apparaît souhaitable pour les dysplasies légères (de
bas grade) d'attendre avant de réaliser un traitement local
destructeur, mais cette surveillance doit être régulière et adaptée,
comportant tous les 6 mois une colposcopie (et biopsie) et pouvant
engendrer une anxiété et mal vivre : le choix de la méthode sera décidé
avec la patiente. Cependant, lorsqu'il existe un doute endocervical et
que le diagnostic par micro-colposcopie n'est pas obtenu, tout le monde
s'accorde à préférer dans ce cas une conisation minime.
CIN III et EOA in situ :
Ces lésions vont évoluer de façon naturelle et aboutir au carcinome invasif.
La majorité des écoles pose l'indication d'une conisation ou d'une amputation intra vaginale du col ou d'une exérèse à l'anse diathermique. Les techniques chirurgicales ont l'avantage de permettre une analyse histologique complète afin non seulement de confirmer les lésions mais d'être certain que l'ablation de ces lésions est totale.
La vaporisation au laser ne
permet pas d'examen histologique puisque l'ensemble de la région
traitée est détruite. Dans ce cas une extension méconnue endocervicale
peut être laissée en place.
Cancer invasif du col :
Il existe plusieurs
classifications permettant de proposer un traitement particulier. Il
n'existe donc pas un traitement unique mais de multiples possibilités
de traitement.
Chirurgie :
Le traitement chirurgical de base est l'hystérectomie élargie, c'est-à-dire l'ablation de l'utérus en totalité, des trompes et des ovaires (entrainant une stérilité).
L'ablation des ganglions lymphatiques ou lymphadénectomie pelvienne.
Dans les formes
exocervicales débutantes, l'opération de Dargent permet la conservation
du corps utérin, de ses vaisseaux et des ovaires.
Radiothérapie :
Chimiothérapie :
Selon le stade du cancer, la chimiothérapie pourra être utilisée en association avec la radiothérapie. Elle est aussi le seul moyen thérapeutique en cas de survenue de métastases.
Ces méthodes
suppriment les possibilités reproductrices des femmes.
Dans quel cas précis les facultés reproductrices de la femme pourront-elles être préservées ? Et que fait-on, ou évite-t-on, au niveau des traitements, pour atteindre ce but ? Fréquence de réussite ?
Attitude adoptée en cas de
découverte de ce cancer chez une femme enceinte, en admettant qu'elle
ait ignoré sa grossesse, et ne soit donc pas venue consulter "dans les
temps" ?
Le cancer invasif du col de l'utérus nécessite généralement l'ablation de l'utérus et des ovaires, donc l'abandon de la procréation.
Toutefois, chez les jeunes femmes présentant de petites tumeurs (diamètre tumoral < 2cm en l'absence de métastase ganglionnaire et d'extension tumorale cervicale), il est possible d'envisager une chirurgie mini-invasive qui laisse la possibilité d'avoir des enfants.
Cette technique est appelée "trachélectomie vaginale radicale avec lymphadénectomie pelvienne laparoscopique" ou opération de Dargent : l'opération débute par l'exérèse des lymphatiques pelviens et vérifie par un temps coelioscopique l'absence d'atteinte ganglionnaire (méthode du ganglion sentinelle). Le 2° temps s'effectue par voie vaginale, ablation du col de l'utérus, d'une marge de tissu sain ainsi que des paramètres, suivi par un cerclage du col et anastomose utérovaginale.
Plusieurs études ont pu confirmer la sécurité de la technique en termes de récidive et de survie depuis 1990. Des grossesses sont alors possibles (naturelles ou aidées). Environ 60% des patientes désirant une grossesse y parviennent et les grossesses se terminent toujours par une césarienne en raison d'un cerclage du col permanent.
La découverte de ce type de cancer chez les femmes de moins de 40 ans concerne environ 700 femmes par an.
C'est une intervention qui n'est pratiquée que dans quelques centres, "en routine", et l'importance de l'enjeu pour la patiente justifie pleinement le recours à des centres de références lointains, pour une hospitalisation de 5 jours environ.
Est-ce que l'avenir, pour
les femmes ne pouvant bénéficier de cette technique, ne pourra pas
passer par une congélation hyper-rapide des ovocytes : la vitrification
(permettant une survie de près de 99% des ovocytes plutôt que d'une
congélation du cortex ovarien avec les mauvais résultats que l'on sait)
avant traitement, et bénéficier de l'autorisation légale d'une "mère
porteuse", qui fait encore débat ?
Quand le cancer invasif du col est découvert pendant la grossesse :
La prise en charge thérapeutique des cancers invasifs diagnostiqués au cours de la grossesse est complexe et nécessite une réflexion pluridisciplinaire intégrant gynécologues, oncologues, oncologues médicaux, radiothérapeutes, obstétriciens, néatologistes, radiologues et pathologistes.
Le choix du couple fait aussi partie des éléments décisionnels importants dans cette situation. Cette réflexion doit donc être réalisée au sein d'équipes habituées étant donné la relative rareté des cancers invasifs diagnostiqués au cours de la grossesse.
Le traitement dépendra du stade du cancer et du stade de la grossesse :
Si le cancer est détecté à un stade précoce ou diagnostiqué pendant le dernier trimestre de la grossesse, le traitement peut être reporté jusqu'après l'accouchement.
La prise en charge thérapeutique dépend du stade (et de la taille tumorale), du type histologique de la tumeur, du terme de la grossesse et du désir du couple de conserver éventuellement la grossesse (si celui-ci parait raisonnable sur le plan carcinologique) :
Vos conseils pour la
prévention ? Pouvez-vous donner votre avis sur le vaccin dont on nous
parle parfois ?
Les résultats d'une enquête nationale en 2007 indiquent que 67 % des patientes porteuse d'un cancer du col n'avaient jamais été dépistées ou à un rythme inadéquat.
Il faut donc, à la fois organiser le dépistage, et pallier au manque de sensibilité du frottis.
En France, le dépistage par prescription individuelle encore appelé "opportuniste", touche seulement 55 à 60 % de la population féminine.
La seule façon d'étendre la couverture est d'organiser un dépistage de masse, cela doit naître d'un projet politique.
Une surveillance du frottis tous les 2 à 3 ans (remboursé) est indispensable à la prévention du cancer du col chez la femme. Elle sera associée à un dépistage de l'HPV (non prise en charge encore, sauf en cas de frottis anormal).
La prise en charge des CIN
pendant la grossesse, problème difficile auquel on devrait être plus
souvent confronté, car la pratique du frottis au premier examen
prénatal doit être privilégiée.
La vaccination anti-HPV :
Ces études montrent la bonne tolérance des vaccins avec moins de 1 % d'effets indésirables sévères. En revanche, des réactions locales au site d'injection sont rapportées dans plus de 90 % des cas et des effets systémiques à titre de syndrome pseudo-grippal dans 40 à 60 % des cas (NP1).
Lors de ces essais, des grossesses non prévues sont survenues sans qu'aient été notés d'effets délétères du vaccin tant chez la mère que chez l'enfant.
Le comité technique des
vaccinations et le conseil supérieur d'hygiène
publique de France se sont basés sur l'analyse de ces essais pour
recommander :
Ces recommandations ont
abouti au remboursement à 65 % par la sécurité
sociale du vaccin Gardasil® et à celui du vaccin Cervarix®.
"Décryptage" d'un examen histo-pathologiqueUne patiente vous
rend
visite. Un gastroentérologue vient de vous communiquer le résultat de
la biopsie, effectuée lors de la coloscopie de cette patiente pour
laquelle on suspectait un cancer du colon.
Voici la conclusion du
laboratoire :
ADENOCARCINOME
LIEBERKUHNIEN BIEN DIFFERENCIE DU SIGMOIDE
La
patiente, âgée de 65 ans, mène une vie de famille harmonieuse, entourée
de son époux et s'occupant régulièrement de ses petits enfants. Elle
attend le verdict, anxieuse. Elle craint un cancer, mais n'en n'a
jamais eu confirmation. Elle espère ses craintes non fondées.
Que lui dites-vous, à la fois pour essayer de la rassurer, et aussi pour lui décrire la suite des examens et éventuelles thérapies qu'elle va devoir subir ?
Intervenant
: Dr Benoît NICOLAS, Médecin Généraliste - HETTANGE-GRANDEEh bien, devant les interrogations qu'amènent un résultat aussi technique que cette conclusion anatomo-pathologique, je pense qu'il faut être clair et effectivement parler de cancer, non pas pour effrayer la patiente, mais pour lui faire prendre conscience que ce résultat implique la réalisation d'un certain nombre d'examens complémentaires.
A mon sens un certain degré d'optimisme et de positivité ne peut alors être que profitable à la patiente, lui permettant d'intégrer sa maladie et de se préparer aux différentes étapes nécessaires à son traitement.
Je l'aborderai donc en ces termes : "Madame, il s'agit bien d'un cancer, mais heureusement ce mot ne signifie pas condamnation ! Il existe actuellement de très nombreux traitements et les chances de guérisons sont bien réelles. Bien sûr pour mieux connaître le degré d'évolution de votre maladie, il va bien falloir effectuer quelques examens supplémentaires, comme prises de sang et examens radiographiques mais ces examens s'effectuent rapidement et ne sont pas douloureux. Après ceux-ci vous saurez s'il y aura seulement de la chirurgie ou peut être une association à de la chimiothérapie ou de la radiothérapie. Une fois ce traitement réalisé, une période de surveillance sera bien sûr nécessaire, d'abord rapprochée puis de plus en plus espacée. Il est normal d'être prudent et de se laisser un certain délai avant de parler de guérison complète, mais au final c'est le but recherché."
Pour cette patiente, quelques examens simples permettront de présenter son cas en RCP et de décider du traitement le plus adapté (chirurgie seule, association à de la chimiothérapie ou de la radiothérapie).
En effet la stratégie thérapeutique actuelle s'articule autour de la réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) au cours de laquelle cliniciens, chirurgiens, radiothérapeutes, chimiothérapeutes et anatomopathologistes, prennent connaissance du dossier et décident de la meilleure marche à suivre pour que chaque patient puisse bénéficier du meilleur traitement et si possible obtenir une guérison complète.
En effet les traitements actuels des tumeurs colo-rectales apportent de grandes chances de guérison si la tumeur reste localisée.
Il est à noter que même si ces réunions restent très techniques, le patient peut demander à être présent afin d'appréhender au mieux son traitement.
Le dépistage actuel par test
à domicile de recherche du sang dans les
selles est donc primordial pour repérer les éventuelles tumeurs
colo-rectales à un stade précoce et obtenir le plus souvent possible
une guérison totale.