



Calendrier| Avr 2012 |
Ostéopathie crânienne | Anne-Charlotte BUSAC Ostéopathe - Thionville |
| Avr 2012 |
Introduction à l'orthophonie | Jean-Marc KREMER Orthophoniste - Thionville |
| Mar 2012 |
Rôle du kinésithérapeute dans le traitement du cancer | Hubert JUPIN Kinésithérapeute - Thionville |
| Fév 2012 | La vie d'une infirmière dans une résidence pour personnes âgées | Martine HACQUIN Infirmière - Le Belvedère - Algrange |
| Jan 2012 | La journée de l'infirmière - les nuits de l'infirmier - et l'inverse... | Jérémy BOEZENNEC Infirmier - Cab Feltrin - Thionville |
| Déc 2011 | Qu'est-ce que l'ostéopathie ? | Anne-Charlotte BUSAC Ostéopathe - Thionville |
Ostéopathie crânienneSi nous
avons bien compris, cette thérapie consisterait en manipulations du
système crânio-sacral en vue de rétablir certains équilibres ou afin de
prévenir certains déséquilibres. En particulier des déséquilibres de
notre système nerveux.
Le système crânio-sacré est un système physiologique constitué du cerveau, de la moelle épinière et des méninges. Il regroupe, de manière globale, les os du crane, le core link (ou la dure mère spinale) et le bassin (sacrum et coccyx).
Le système crânio-sacré
contient notre force vitale première qui anime l’organisme au travers
des tissus conjonctifs et des fascias, lesquels englobent tous les
tissus répartis dans le corps.
Le liquide céphalo-rachidien est un liquide biologique dans lequel baignent le cerveau et la moelle épinière. Il est contenu dans les méninges, plus précisément entre la pie-mère (qui recouvre le système nerveux central) et l’arachnoïde (qui tapisse le versant interne de la dure mère).
Le liquide cérébro-spinal joue un rôle d'amortisseur de choc dans un premier temps. Ensuite, il possède un rôle dans les échanges métaboliques ; en effet, c'est un ultra-filtrat recevant les déchets cellulaires et assurant le transport des nutriments. Il représente l'intermédiaire obligatoire entre le sang et la cellule.
Par son débit et son renouvellement régulier, le liquide cérébro-spinal joue un rôle immunologique important dans les pathologies virales, bactériennes et les parasitoses en assurant le transport de neurotransmetteurs (sérotonine) et d'endorphines (douleur), de protéines (albumine et globulines spécifiques) et d'anticorps.
Pour finir, il possède un
rôle bioélectrique, assurant ainsi la
régulation énergétique nécessaire au métabolisme cellulaire, et un
rôle hydrodynamique : les fluctuations du LCS par les différentes
pressions qu'elles entrainent, associées aux modulations provoquées par
la pression artérielle et la respiration thoraco-abdominale ont une
action au niveau du tissu conjonctif de l'ensemble du corps et au
niveau du tissu nerveux.
Cette influence a été démontrée notamment sur la glande hypophyse qui est le chef d'orchestre de presque toutes les glandes sauf la pinéale. Elle suscite l'éveil alors que la pinéale encourage le sommeil. Si la glande est en dysfonctionnement, les tests globaux ostéopathiques confirment une prédominance lésionnelle de la sphère cranio-cervicale haute. Magoun (1994) spécifie que le traitement crânien normalise la sécrétion pituitaire qui améliore la fonction endocrine et neuro-végétative partout à travers le corps.
Des essais ont aussi été réalisés sur l'épiphyse qui sécrète la sérotonine. Cette glande favorise, entre autres, le sommeil. Caporossi, en 1987, constate davantage de tensions de la sphère cranio-cervicale haute avec un axe crâne-sacrum peu mobile et très souvent compacté pouvant entrainer une sympathicotonie. La dysfonction de l'épiphyse reflète bien souvent l'état général du système nerveux. Une sympaticotonie entraine inévitablement une difficulté à plonger dans le sommeil.
La sérotonine est un neuromédiateur, c'est-à-dire qu'il s'agit d'une substance transmettant l'influx nerveux entre les neurones et entre un neurone et un muscle.
La sérotonine semble jouer un rôle primordial dans le fonctionnement du cerveau, essentiellement en ce qui concerne l'humeur, l'émotivité ou encore le sommeil et la douleur. Par exemple, c'est la raison pour laquelle au cours de la fibromyalgie (syndrome polyalgique idiopathique diffus), les troubles du sommeil, les troubles de l'humeur, l'émotivité, font orienter les recherches vers une dysfonction des systèmes sérotoninergiques.
Elle est également
impliquée dans la régulation de fonction telles que
la thermorégulation, les comportements alimentaires et sexuels ou le
contrôle moteur.
Lorsqu'on évoque les torsions crâniennes, on s'entend rétorquer que les os de la tête ne peuvent pas se mouvoir. C'est vrai, et cela pour plusieurs raisons. L'écart qui existe entre les os du crâne ne dépasse pas deux à trois microns. De plus si les os du crâne bougeaient, cela voudrait dire qu'il y aurait des échanges entre, il faudrait que des globules rouges puissent passer, ce qui se révèle impossible car ils mesurent sept microns de diamètre. Donc les os du crâne ne bougent pas mais ils ont la capacité de se déformer. Certes, les os sont vascularisés (irrigués par des vaisseaux sanguins) mais il n'y a pas d'échanges entre eux liés à leur mobilité.
En revanche, une adaptation
entre les os du crâne est possible. Ils
peuvent donc se mettre en torsion les uns par rapport aux autres pour
compenser, par exemple, une perturbation de la verticalité. Cela se
remarque au fait qu'il n'existe pas deux crânes identiques sur le plan
de la forme. Le crâne est à la fois modelé par les tissus externes du
corps et par les tissus internes qui sont représentés par ces fameuses
méninges et dure mères.
Le Mécanisme Respiratoire Primaire ou MRP se compose des éléments suivants :
Il s'agit d'un mécanisme
associant des pièces osseuses, ligamentaires,
musculaires, membraneuses et fasciales qui produisent un mouvement
déterminé, en adéquation avec la respiration pulmonaire.
Oui, c'est une respiration
parallèle et potentialisée dans le ressenti
manuel, par la respiration thoraco-abdominale et la mobilité suturale
des pièces crâniennes, traduction externe de ce mouvement intrinsèque.
L'aide apportée par
l'ostéopathe est principalement manuelle. La parole
et l'écoute sont également deux armes importantes dans la pratique de
l'ostéopathie afin d'expliquer, de rassurer et d'encourager le patient
dans une pratique différente de la médecine conventionnelle.
En effet, des manipulations
mal exécutées peuvent être dangereuses, il
faut respecter les tissus, la structure du patient, ne jamais forcer ou
pratiquer des techniques mal appropriées ou mal connues. Il en va de
même pour n'importe quelle autre technique manuelle, qu'elle soit
crânienne ou non. Si l'on est attentif au corps du patient, que l'on va
dans son sens, on trouve la solution de la symptomatologie sans douleur
ou danger.
Cette thérapie, comme l'ostéopathie en général, peut être à la fois préventive et curative. Les traitements à titre préventif peuvent être réalisés aussi bien sur le nourrisson que sur l'adulte.
La thérapie crânienne peut résoudre des symptômes d'origine traumatique (accident de voiture, coup de poing…), des symptomatologies à répétition de type ORL (angine, sinusite...), des maux de tête (céphalées ou migraines).
Plus à distance, elle peut
traiter des troubles digestifs et même des
douleurs au niveau du bassin (lombo-sacralgie)
J'ai régulièrement des patients souffrant de sinusites à répétition, 5 à 6 fois par an, âgés pour la plupart de plus de 35-40 ans. En moyenne, 3 à 4 consultations suffisent afin d'observer la disparition des symptômes. Plus la pathologie est prise tôt, plus les résultats sont rapides.
J'observe également
beaucoup de céphalées ou de migraines chez des
femmes âgées entre 30 et 50 ans.
Tout à fait ! Pour l'arthrose, nous ne traitons pas la pathologie en elle-même mais ses symptômes. En effet, l'arthrose ne disparait pas mais nous limitons les "surcharges" dues à un mauvais positionnement, à des mouvements trop répétés ou à des tensions sur une zone et nous pouvons faire diminuer, voire faire disparaitre la douleur. Mais l'arthrose sera toujours présente aux clichés radiologiques !!
Nous pouvons également
avoir un effet sur les névralgies faciales ou
les douleurs dentaires si toute pathologie organique est exclue !
Bien sur !
Dans ma formation continue
en 6 ans, la thérapie crânienne était l'une
des matières primordiales, au même titre que la thérapie structurelle
ou viscérale. Elle est enseignée à partir de la troisième année et cela
jusqu'à la fin du cursus. Pour chacune des différentes thérapies, un
examen final pratique est réalisé et un brevet d'aptitude est remis,
autorisant à manipuler. Il est finalisé par le Diplôme Français
d'Ostéopathie délivré suite à l'examen final clinique, où devant un
jury international, nous sommes jugés sur la prise en charge d'un
patient réel.
Un ostéopathe, ayant
réalisé sa formation en France, possède
un Diplôme Français d'Ostéopathie (D.F.O.) anciennement Diplôme
d'Ostéopathie (D.O)
Pour ma part, cette thérapie est primordiale pour traiter au mieux les patients. Tout le développement embryologique de l'Homme se fait autour de cet axe, donc toutes les répercussions physiques ou psychologiques retentissent à ce niveau.
La thérapie structurelle
est, et c'est mon propre avis, insuffisante
pour traiter tous les maux.
Introduction à l'orthophonie - Interview
de CANCER-ESPOIRQuestion
de Simone : pour commencer : peut-on définir globalement l'orthophonie
comme la rééducation des troubles du langage parlé ou écrit – OU pas
seulement en tant que telle ?
Réponse :
l'orthophoniste
a la compétence pour la prévention, le dépistage, le diagnostic et la
rééducation des personnes, quel que soit leur âge, affectées de
troubles et de pathologies de la voix, de l'articulation, de la parole,
du langage oral et écrit, du bégaiement, de la déglutition et de la
dysphagie, quelle que soit l'origine de ces troubles : au cours du
développement (enfance) ou à la suite d'une intervention chirurgicale,
d'un accident ou d'une maladie dégénérative (accident cérébral, maladie
Alzheimer, Parkinson...) et bien sûr aussi dans les handicaps divers de
l'enfant (trisomie 21, surdité...)
S. : le
statut d'orthophoniste, en France, existe depuis quand ?
Réponse : la
profession a été créée en France par la loi du 10 juillet 1964 ; elle
est apparue dans toute l'Europe après la première guerre mondiale, mais
alors de façon non statutaire.
S. : nous
pouvons supposer que cette fonction reconnue statutairement n'est pas
apparue brutalement, mais par étapes. Pouvez-vous nous en parler
davantage ?
Réponse : après les
progrès importants de la médecine et de la linguistique au tournant des
19ème et 20ème siècles, puis à la suite de la Grande Guerre, le métier
s'est inventé pour répondre à des besoins spécifiques de rééducation du
langage: neurologie, fentes labio-palatines (becs de lièvre), puis
troubles du langage oral et écrit, et petit à petit, le champ de
l'orthophonie s'est élargi pour être reconnu tel qu'il est aujourd'hui
(voir définition plus haut)
S. : nous étant un peu documentés pour ne pas apparaître trop novices, nous nous apercevons que votre rôle est très vaste - très complexe - extrêmement technique, qu'il utilise un vocabulaire précis, peu usité du grand public, et que, forcément, nous serons obligés de revenir souvent sur des mots peu connus que nous vous demanderons, le moment venu, de bien vouloir nous expliquer.
Vous
intervenez donc, entre autres, dans les troubles du langage parlé et ou
écrit - mais ces troubles sont-ils considérés comme des pathologies ?
Plus précisément - et cela va intéresser le public en priorité -
quelles sont les conditions de prise en charge par les caisses ?
Réponse : les
orthophonistes sont des professionnels de santé non médecins : à ce
titre, ils interviennent sur prescription du médecin, puis effectuent
un bilan-diagnostic et font une demande d'entente préalable de
rééducation auprès de la Caisse de l'assuré. Les soins sont remboursés
par l'assurance maladie obligatoire et par les complémentaires. Les
maladies qui relèvent de l'ALD sont prises en charge à 100% par
l'assurance maladie obligatoire.
S. :
notre documentation, pour l'instant succincte, nous permet néanmoins
d'entrevoir que les troubles dont vous vous occupez sont, soit d'ordre
mécanique, structurel, sensoriel, neurologique, dégénératif, voire
psychiatrique - avec interférences possibles de ces divers facteurs les
uns sur les autres... Etes-vous spécialisé dans un domaine de
rééducation, ou êtes-vous totalement polyvalent ?
Réponse :
les orthophonistes ont une formation en fac de médécine, formation qui
est généraliste et qui est sensée leur donner la capacité
professionnelle à traiter tous les troubles. Il n'y a pas de
spécialistes en orthophonie. Cependant, par goût, par choix ou par
opportunité (travail dans un service spécialisé par exemple), certains
d'entre eux peuvent acquérir des compétences plus poussées dans un
domaine ou dans un autre, par exemple en neurologie, ou en langage
écrit, ou en cancérologie.
Nous ne pouvons pas
aborder ici TOUS les aspects complexes des différents cas de figure, et
des différents soins s'y rapportant ! Le champ en est bien trop vaste.
Compte tenu du sujet complexe, nous envisagerions l'ITW en 3 parties distinctes :
La kinésithérapie et le cancerLa prise en charge masso-kinésithérapique et rééducative d'un patient traité pour un cancer nécessite que le praticien connaisse les bases du traitement de cette maladie. De ses connaissances découle le choix de techniques adaptées pour prendre en charge les suites, opératoires ou non, immédiates. Des complications lymphatiques précoces, des cicatrices, des raideurs articulaires ou douleurs doivent pouvoir bénéficier d'une rééducation pertinente. Par décret ministériel, le masseur-kinésithérapeute a le choix de l'adaptation de ses propres techniques, manuelles ou non qu'il juge les plus adaptées à la pathologie. Ce choix découle du bilan kinésithérapique qui précède le traitement. Chaque patient, porteur d’une pathologie telle que le cancer, doit être traité selon la localisation, le handicap, l'importance de la pathologie, et surtout selon l'objectif que le patient désire atteindre. Pour connaître toutes les possibilités qu'offre un traitement par le masseur-kinésithérapeute-rééducateur nous allons dans un premier temps redécouvrir cette profession masseur, kinésithérapeute et rééducateur, puis dans un deuxième temps comprendre son implication dans un traitement de cancer.
La profession paramédicale de masseurs kinésithérapeutes rééducateurs comprend trois termes le massage, la kinésithérapie, et la rééducation.
En France, la pratique du massage à titre professionnel est, à l'heure actuelle, réservée au seul masseur kinésithérapeute diplômé d'État. Le masseur kinésithérapeute est habilité à utiliser des acteurs comme les massages, notamment le drainage lymphatique manuel. On entend par massage "toute manœuvre externe, réalisée sur les tissus, dans un but thérapeutique ou non, de façon manuelle ou par l'intermédiaire d'appareils autres que les appareils d'électrothérapie, avec ou sans l'aide de produits, qui comporte une mobilisation ou une stimulation méthodique, mécanique ou réflexe de ces tissus". Le massage consiste en des acteurs réalisés sur la peau de façon manuelle ou instrumentale, notamment à des fins de rééducation, dans le but de prévenir l'altération de capacités fonctionnelles, de concourir à leur maintien et, lorsqu'elles sont altérées, de les rétablir ou de les suppléer.
Le contact des mains avec la peau donne des informations inestimables. Pourquoi se priver de telles informations ? La sensibilité des mains, leur dextérité, ont le mérite d'être objectives et autorisent non seulement un simple contact entre deux personnes mais également une communication entre elles. Ainsi donc le respect mutuel est très important. Les mains parlent un idiome qui leur est propre autorisant l'éternelle relation entre le corps et l'esprit, une éternelle compréhension entre deux modes de transmission de l'information. Ce contact ne triche pas, il exprime une réalité physique.
Ainsi, la vitesse des
mouvements, le rythme des mouvements, la pression
des mains, la température des mains sont autant d'éléments de
communication et de qualité de traitement. Les mains présentent donc
une manifestation de la dimension émotionnelle qui sous-tend toutes les
actions humaines, il s'agit bien d'une forme de communication. Le
massage va donc bien au-delà d'un simple toucher et peut ainsi devenir
un traitement non négligeable de bien-être malgré la pathologie.
La kinésithérapie a pris au cours de ces dernières années, une extension considérable, dû sans aucun doute à la formation des kinésithérapeutes, (première année de médecine) formation de plus en plus pointue et de plus en plus technique, à l'action des sociétés scientifiques et à l'intérêt croissant du corps médical pour les traitements de médecine physique. Les techniques de kinésithérapie sont particulièrement diverses tant par les différents moyens utilisés que dans les domaines d'application. La rééducation peut agir dans les domaines très connus d'orthopédie, de traumatologie, dans les domaines du sport, en rhumatologie mais également en neurologie, en cardiologie, en pneumologie dans le domaine des vertiges, en uro-gynécologie, en oncologie mais également dans des domaines de bien-être et de l'esthétique, etc...
Le but du traitement kinésithérapique est de retrouver une fonctionnalité la plus naturelle possible.
Les objectifs du traitement kinésithérapique sont d'une part un gain des amplitudes articulaires réalisé manuellement par des mouvements passifs d'étirement (ce sont les assouplissements) et d'autre part un renforcement des muscles lésés, au moyen de résistance manuelle ou non. Il s'agit dans ce second cas d'un travail actif.
Dans un cas, le patient reste passif lorsque le praticien travaille, il s'agit de mouvement dit passif. Dans le second cas, c'est le patient qui effectue le mouvement, il s'agit d'un traitement dit actif. Un troisième cas de figure est dit auto-actif, quand le patient utilise une autre partie de son corps pour faire travailler la partie lésée.
Les différents moyens techniques que nous offre la kinésithérapie passent par
La kinésithérapie
a donc pour finalité de permettre à la
personne de retrouver des capacités physiques pour éviter toute
compensation et tout handicap.
La rééducation quant à elle, doit permettre à la personne traitée de revenir à un état antérieur à sa pathologie.
Dans le mot rééducation, le mot éducation apparaît. L'éducation constitue une part essentielle des possibilités de traitement afin de retrouver une autonomie la plus élémentaire, voire la moins invalidante.
Moins spectaculaire que ne peut être la kinésithérapie pure, elle s'applique en fonction de la personnalité des patients. Moins technique mais beaucoup plus riche psychologiquement, elle exige de la part des professionnels attention, rigueur, et adaptabilité en fonction de l'invalidité ou du handicap, du comportement du patient, de ses capacités à mettre en œuvre les consignes et de son état de fatigabilité.
Le bilan kinésithérapique permettra d'apprécier l'état physique, l'état moral et psychologique du patient. Le praticien pourra ainsi adapter le traitement qu'il juge nécessaire.
On n'imposera pas à un cancéreux à un stade avancé une thérapeutique physique fatigante. Chez les personnes qui présentent une détérioration importante des fonctions supérieures, les bénéfices d'une rééducation seront liés à l'écoute du praticien, et à la relation partagée entre le patient et le praticien, c'est-à-dire la confiance. L'examen des fonctions dites supérieures a pour objet la détermination d'un profil de fonctionnement comportemental. Cet examen est soumis à la coopération du patient. Ces fonctions sont les suivantes : l'efficience intellectuelle, (par exemple la mesure de la rapidité de compréhension), les mémoires, le langage, l'étude des gestes, de la coordination motrice visuelle ou spatiale, les fonctions exécutives de type raisonnement, élaboration... La rééducation peut également être indiquée pour des raisons d'éthique : préserver l'indépendance et l'autonomie chez une personne lui évitera les souffrances de la grabatisation.
Dans ce contexte, le kinésithérapeute peut agir au quotidien pour prévenir un déséquilibre, maintenir un équilibre qui est en train de se perturber, le rétablir ou le suppléer.
Favorisant le mouvement, la fonction, le fonctionnel, il a un rôle essentiel à jouer dans la conservation de ses capacités motrices lorsque le patient devient âgé, handicapé ou diminué physiquement du fait de sa maladie, grâce à des techniques manuelles ou instrumentales éducatives. Le kinésithérapeute intervient sur la lésion mais pas seulement. Il est là aussi pour écouter la plainte de son patient. C'est ce qui l'aide à situer son action avec les personnes, patients fragiles.
Un autre élément est essentiel : le masseur kinésithérapeute rééducateur touche les patients alors qu'ils ne bougent plus forcément, alors qu'ils ne voient plus beaucoup de monde. Cela prouve l'intérêt d'aller au-delà de la technique et /ou médicale avec les patients.
Avec l'âge et avec l'importance des handicaps dus à la pathologie, les déficiences physiques, psychiques, mentales s'accumulent. Ainsi le kinésithérapeute doit aussi tenir compte de l'environnement dans lequel vit son patient ; les résultats de ce traitement n'en seront que meilleurs.
Les séances de rééducation
doivent être réalisées le plus longtemps
possible dans un cabinet. Cela permet au patient de rester ouvert
au
monde extérieur et de ne pas s'enfermer sur lui-même. Il est vrai
également que le temps de travail reste plus important dans un cabinet
qu'à domicile. Cependant, les limites de l'autonomie des patients étant
atteintes, les soins sont dès lors obligés d'être exécutés à domicile.
Le déplacement du praticien au domicile du patient pose plusieurs
problèmes : problème des moyens techniques pouvant être mis en oeuvre,
problème de gestion du temps de la part du praticien, problèmes
économiques et de disponibilité du praticien. Ces différentes
difficultés sont malheureusement liées au contexte économique
des organismes sociaux. Aussi le praticien doit-il intégrer les soins à
domicile dans son temps de travail.
Le premier levier de la
conservation de l'autonomie est l'éducation
thérapeutique du patient. Et pour cela, l'un des acteurs le mieux placé
est le kinésithérapeute, grâce à sa connaissance des grands appareils
du corps.
La prise en charge kinésithérapique d'un patient traité pour un cancer nécessite, au-delà d'une simple prescription, la connaissance des bases du traitement de cette maladie. En fonction de ces connaissances, le choix des techniques adaptées pour prendre en charge les suites n'en sera que plus précis et adapté.
La localisation, les différents traitements médicaux, l'évolution de la pathologie, son importance et l'environnement familial, c'est-à-dire non seulement les éléments médicaux mais également sociaux sont à prendre en compte pour un traitement efficace.
Connaître l'ensemble des soins qui se déroulent autour du patient permet d'acquérir des connaissances qui, indépendamment de celles nécessaires au traitement des séquelles sont utiles pour répondre aux questions de plus en plus fréquentes des patients dans des domaines variés.
Chaque cancer fait l'objet
d'une approche spécifique qui implique que
chaque patient soit traité de façon personnalisée. Le traitement
effectué par un kinésithérapeute se fait dans le respect d'une décision
collégiale entre le patient et les différents intervenants.
La prise
en charge kinésithérapique d'un patient présente plusieurs
objectifs :
Pourquoi limiter la rééducation trop active ?
Les mouvements pour
restaurer une amplitude articulaire ne doivent pas
augmenter les douleurs ou autres résistances physiques ou
physiologiques.
Rééducation individuelle ou en groupe ?
Les deux approches existent
et peuvent se compléter. La rééducation
individuelle a l'intérêt de la personnalisation face au patient.
L'inconvénient est celui du temps nécessaire pour suivre tous les
patients. L'approche rééducative en groupe, moins spécifique, à
l'avantage de la prise en charge simultanée et permet une approche
psychologique non seulement entre soignants et soignés mais également
entre patients. Ces deux approches ne s'opposent pas.
Rééducation à domicile ?
Cette rééducation privilégie
le contexte environnemental,
particulièrement importante en cas de problème psychologique ou moral.
Kinésithérapeute
: un vrai conseiller
Les compétences des kinésithérapeutes incluent les actions de prévention. Parmi celles-ci, apprendre à un patient à repérer les signes débutants de rétraction articulaire, d'épisode infectieux sont des enseignements primordiaux. Il ne s'agit nullement de faire un diagnostic de type médical mais d'assurer un rôle de praticien de santé pouvant permettre au patient d'accéder à une consultation appropriée chez son médecin. Nous retrouvons ainsi la notion d'équipe médicale.
La notion de reprise d'une
activité sportive peut rentrer dans le cadre
des compétences de prévention du kinésithérapeute. Elle doit se faire
en collaboration avec l'ensemble des intervenants médicaux et
paramédicaux.
Qualité de vie et cancer
L'influence d'une pathologie sur la qualité de vie est tout à fait mesurable. Handicap, détresse psychologique et qualité de vie font l'objet de nombreuses enquêtes. L'influence d'un traitement masseur-kinésithérapique peut être ainsi évalué en comparant différentes échelles de qualité de vie avant et après traitement.
Ainsi donc la compréhension
des différents traitements de cancer, la
connaissance des éventuelles séquelles physiques et psychologiques
s'avèrent nécessaires pour le masseur kinésithérapeute. Meilleure sera
l'information, meilleur sera le traitement et son accompagnement. Le
kinésithérapeute, par ses connaissances physiques, son attitude
psychologique et les différents moyens qu'il est à même de mettre en
œuvre est devenu un maillon essentiel dans le cas de
traitement de ce genre de pathologies lourdes et
difficiles.
Une patiente, Mme Dubois, présente un lymphoedème prononcé du bras gauche suite à une opération mammaire, avec ablation du ganglion sentinelle suite au diagnostic de cancer.
L'incidence annuelle des cas de cancers du sein a doublé en 20 ans en France. Ni l'augmentation du nombre de femmes dans la population générale, ni bien sûr le dépistage n'expliquent totalement cet accroissement. Il s'agit donc un véritable problème de santé publique. (réf. : kinésithérapie après cancer du sein de J.C. Ferrandez - EMC-2010).
Connaître l'ensemble des soins prodigués à la patiente permet non seulement d'adapter le traitement kinésithérapique mais également de répondre aux questions des patientes toujours inquiètes.
Quelle peut être la cause du
lymphoedème du membre supérieur ? (réf. :
kinésithérapie après cancer du sein de J.C. Ferrandez - EMC-2010)
Le premier des traitements
non chirurgicaux recommandés est le
traitement de kinésithérapie. Ce traitement
comprend trois étapes : d'une part la décongestion
du lymphoedème, d'autre part l'entretien du résultat, ainsi que
l'amélioration de l'état de fonctionnement articulaire (épaule).
Le drainage lymphatique manuel
Il s'agit d'une technique de
massage très particulière nécessitant une
formation spécialisée des masseurs kinésithérapeutes. Chaque patiente
est massée de façon différente selon la localisation de son
lymphoedème. La pression du drainage est adaptée à la consistance de
l'œdème. Cette pression doit être particulièrement douce et précise
sans mouvement de glissement sur la peau, à la différence d'un massage
classique. La durée de ce traitement est variable mais toujours proche
de la demi-heure. Il doit être non douloureux et très lent. En cas de
très gros lymphoedème, le rythme des séances peut être journalier.
La pressothérapie
Elle ne doit pas être
opposée au drainage manuel précédemment décrit.
Cependant cette technique par fragmentation a démontré son intérêt.
L'association des deux traitements permet de jouer sur le transfert des
fluides.
Les bandages de décongestion
Une bande de contention non extensible est appliquée sur le membre après la séance de décongestion. Elle permet de maintenir au repos le résultat du drainage lymphatique manuel et de la pressothérapie. Il appartient aux kinésithérapeutes de déterminer le choix des bandes.
La première phase du
traitement est la mieux objectivable pour la
patiente. Le maintien du résultat est plus laborieux. Il s'agit de
faire accepter le fait que le lymphoedème n'est pas un symptôme comme
l'œdème mais une pathologie chronique.
Raideurs de l'articulation de l'épaule du côté opéré
La réduction de la mobilité de l'épaule peut apparaître à distance de l'intervention et ce quel que soit le type chirurgical. Son origine est variable. Des antécédents de pathologies articulaires, la chirurgie, la radiothérapie, peuvent en être la cause.
Ainsi, des mouvements passifs voire actifs doux, dans les différents secteurs rétractés ou limités doivent permettre une récupération des amplitudes articulaires. Quelles que soient les techniques employées, celles-ci doivent rester en deçà des douleurs ressenties.
Les différents mouvements qu'il faut récupérer sont l'élévation du membre, les rotations et l'écartement de celui-ci.
En aucun cas, il ne faut
utiliser des moyens provoquant de la chaleur.
Il s'agit d'une contre-indication formelle.
Techniques d'aide et de bien-être
Toutes les techniques
permettant à la patiente de retrouver une vie de
qualité peuvent être utilisées. Cependant celles-ci sont souvent
longues et ne sont pas prises en charge au sein d'une séance
classique de rééducation. En pratique, nous pouvons effectuer
entre autre des techniques psychosomatiques telle la "somatic
experiencing", de sophrologie ou de relaxation dont le but est
la gestion physique et psychologique liée aux inquiétudes légitimes
après une pathologie importante. Il s'agit d'apporter un
véritable confort de vie.
Faire du sport après cancer du sein
Tout traitement doit cibler
une guérison qui doit correspondre à la vie
de la patiente et de ses attentes. Souvent la modération ou l'absence
de reprise sportive après chirurgie du sein
sont recommandées. Dans les
faits, de telles recommandations ont l'inconvénient d'altérer la
qualité de vie des patientes (réf. : kinésithérapie après cancer du
sein de J.C. Ferrandez - EMC-2010). Il est largement préférable de
demander à la patiente de reprendre très progressivement son activité
pour juger du seuil supportable par elle. La récupération des
amplitudes articulaires est la véritable condition de reprise d'une
activité sportive. Celle-ci, cependant, peut être suivie de précaution
ou de recommandations telles que le port d'un manchon, la limitation de
l'activité elle-même (la durée de la pratique), le refroidissement du
membre supérieur, etc...
D'autres précautions peuvent être préconisées : éviter toute infection, surveiller sa peau, comme l'apparition de tâches rouges ou de fièvre, être vigilant dans les travaux de jardinage, en particulier les piqures d'insectes ou de roses…, contrôler la souplesse de la peau.
Le kinésithérapeute doit rester à l'écoute de ses patientes. Il peut permettre si besoin d'échanger les expériences de chacune dans le respect des personnes.
Le masseur-kinésithérapeute
n'est qu'un membre d'une équipe médicale à
laquelle il peut apporter son expérience de professionnel de
la santé dans le respect de la patiente.
La vie d'une infirmière dans une résidence
pour personnes âgéesCANCER-ESPOIR : Nous vous voyons souvent aller et venir, l'air occupé, voire préoccupé... Tantôt, vous êtes-là, absorbée par une prise de tension, ou par une mesure du taux de glycémie, ou encore, lorsqu'un résident se sent mal, c'est à vous de décider de la conduite à suivre. Une journée à oeuvrer ainsi ne doit pas être de tout repos... Pouvez-vous nous en dire un peu plus, à propos de la variété et de la multiplicité de vos tâches, tout en nous mettant un peu au parfum de leur pourquoi et signification précise ? Tout d'abord : de combien de résidents vous occupez-vous ici ?
Martine : Ici, au Belvédère d'Algrange, nous hébergeons 64 résidents.
C.E : Sur combien de changements de postes travaille ici le personnel infirmier... ? Comme à l'hôpital, probablement sur 3 postes ? Dès lors, vous arrive-t-il de travailler la nuit ? Changez-vous de poste, ou occupez-vous toujours la même tranche horaire ? Quels sont vos horaires ? Et travaillez-vous parfois (ou toujours), à deux infirmières sur le même poste ?
Martine : Nous sommes une infirmière en poste, selon le cas, le matin, ou l'après-midi. Je suis susceptible d'oeuvrer sur l'un ou sur l'autre des 2 postes. Toutefois , comme je suis aussi infirmière référente, (j'ai donc 2 casquettes), je suis également tenue de travailler "en journée" pour l'accomplissement de cette tâche particulière...
C.E. : Vous voulez dire : toute la journée ?
Martine : Exact.
C.E. : Et... la nuit ?
Martine : La nuit, sont présentes, obligatoirement, une aide-soignante (sous délégation de l'infirmière), ainsi qu'une auxilliaire de vie.
C.E. : Parlez-nous un peu du rôle de l'infirmière "référente"...
Martine : Dans ce cadre, en particulier, c'est moi qui gère le planning hebdomadaire complet du personnel (aides-soignantes, auxilliaires de vie, et autres infirmières). Ce qui représente une trentaine de personnes. Je rencontre aussi les familles et étudie leurs doléances... Il convient aussi de gérer le planning des stagiaires... Tenir les dossiers des patients, contrôler les classeurs où aides-soignantes et auxilliaires de vie mentionnent CHACUN de leurs différents actes par écrit...
C.E. : C'est tout un programme, en effet... Pouvez-vous expliquer la différence de rôle entre les unes et les autres ?
Martine : Les aides-soignantes et auxilliaires de vie peuvent être amenées à servir les repas, faire les toilettes, s'occuper des changes, aider aux déplacements, par contre seules les aides-soignantes vont être autorisées à pratiquer une mesure de glycémie ou une distribution de médicaments sous délégation de l'infirmière.
C.E. : Vous venez précédemment de parler "des doléances" des familles. Lesquelles, par exemple ?
Martine : Le plus souvent, il s'agit, à nos yeux, d'aléas.., tous les résidents souhaiteraient la toilette en premier par exemple... Mais pour les familles, cela prend d'autant plus d'importance qu'elles sont angoissées et souvent culpabilisées d'avoir placé là leur mère ou leur père. Il s'agit avant tout de les rassurer, de les désangoisser !
C.E. : Et vous-même ? Depuis combien de temps exercez-vous votre métier ? Et depuis combien de temps ici !?
Martine : J'ai fait l'école d'infirmière de 2002 à 2005... Ensuite j'ai exercé 3 ans dans l'établissement que vous voyez en face, au WITTEN, lequel n'est pas un hôpital, mais un EHPAD (Etablissement Hospitalier pour Personnes Agées Dépendantes), ceci donc jusqu'à 2008. Ensuite je suis venue ici. Donc depuis 3 ans...
C.E. : Et avant !?
Martine : Avant !? J'ai d'abord exercé pendant un an et demi la profession d'aide-soignante...
C.E. : Ouhhh, compliments ! Mais quel âge avez-vous ?
Martine : 56 ans !
C.E. : On ne vous les donnerait jamais ! (sourires...) Mais dites-moi, je n'ai pas très bien compris la différence entre un hôpital et un EHPAD...
Martine : Dans un EHPAD, vous n'avez pas de médecin attaché à l'établissement. Ceux-ci viennent de l'extérieur, en fonction de la demande de leur clientèle de patients, résidant ici par exemple.
C.E. : Il existe ici, de même que partout dans un rassemblement de personnes âgées autre que professionnel, une bien plus forte proportion de femmes que d'hommes (liée à la vie plus longue des femmes, en général). Pour un homme, environ combien de femmes, ici !?
Martine : C'est simple : 64 résidents, dont 11 hommes, donc en gros un homme pour 5 femmes...
C.E. : Le ou la plus jeune de vos résident(e)s ?
Martine : Une dame, qui n'a même pas 60 ans, et qui travaille de jour dans un CAT.
C.E. : Le doyen et la doyenne ont quel âge ?
Martine : La dame, 98 ans, le monsieur, 92 ans...
C.E. : Nous en arrivons à la partie plus médicale de l'interview... alors, la question-piège : que faites-vous dans la journée !?(hmmm...)
Martine : Hmmm (sourire indulgent)... je commence par ?
C.E. : Pouvez-vous, disons pour commencer, nous expliquer le pourquoi d'une mesure de glycémie, à l'aide de quel appareil elle s'effectue, ce qu'elle va vous apprendre, et les mesures à prendre si elle s'avère trop élevée ou insuffisante ?
Martine : Cette mesure va se prendre à partir d'un petit appareil électronique, essentiellement chez les personnes diabétiques, mais aussi, en cas de malaise, chez une personne non diabétique. Elle va servir à relever le taux de sucre (de glucose) dans le sang, afin de voir comment se comporte ce taux, et si, en particulier, la personne est en hyper ou en hypoglycémie. Dans ce cas, nous allons prendre les mesures qui conviennent en conformité avec un protocole écrit à disposition. Par exemple, et entre autre, si la personne, à jeun, à moins de 0,80 g de glycémie par litre, on pourra envisager, selon son cas, et le chiffre lu, une série de mesures : boisson sucrée simplement, ou absorption, en supplément, d'aliments adéquats, ou, si l'hypoglycémie est importante, une injection de glycogène, qui va accélérer le processus de remontée de cette glycémie.
C.E. : Pouvez-vous nous dire le nombre de résidents (environ) concernés par cette surveillance régulière de la glycémie, et pourquoi ?
Martine : Les gens concernés sont ceux placés sous insuline. Une dizaine, pour la plupart, 3 injections par jour. Les autres, une minorité, sont sous prise de médicaments par voie orale.
C.E. : Vous avez répondu à la question avant que je ne vous la pose. Mais, sur la lancée... : fait-on, chez vous, "la queue devant la porte pour l'insuline" ? (ou parvenez-vous à équilibrer avec votre temps disponible ?)
Martine : Non, pas de queue. C'est assez facile de s'organiser, d'autant plus que 8 résidents sur les 10 concernés sont bien autonomes, et viennent d'eux-mêmes pour "la piqure" !
C.E. : A quel rythme mesurez-vous la tension artérielle des patients. Tous les jours chez tous, ou seulement dans des cas particuliers (et lesquels ?)
Martine : une fois par mois, la tension est relevée POUR TOUS. Autrement, elle n'est prise que sur prescription médicale, ou pour des cas d'urgence, donc ponctuels...
C.E. : Les placements sous oxygène sont-ils fréquents ?
Martine : Actuellement 2 résidents sont sous oxygène, uniquement de nuit, et une seule personne subit ce soin jour et nuit.
C.E. : A quel moment distribuez-vous les médicaments par voie orale ? Y a-t-il des récalcitrants ou des personnes présentant des difficultés pour les avaler ? Tous sont-ils sous médicaments !?
Martine : Nous distribuons matin, midi et soir. Oui, tous sont placés sous divers médicaments. Non, il ne se présente pas - heureusement - de difficulté particulière pour leur absorption. De plus, la nuit, les résidents peuvent être amenés à absorber des somnifères ou des antidouleurs. Dans ce cadre de la douleur, nous sommes amenés, aussi, à évaluer la douleur sur une échelle spéciale, qui varie selon que la personne peut encore ou non bien s'exprimer - sinon, cette douleur, bien sûr, peut aussi s'évaluer en fonction de la mimique du visage - ou encore sur une série de différents dessins dont les expressions seront graduées depuis zéro (absence de douleur), jusqu'au maximum supportable, le résident pouvant être amené à désigner le dessin avec lequel il s'estime le plus en accord. Nous pratiquons également régulièrement des pesées... Une perte de poids brutale ou importante doit évidemment alarmer...
C.E. : Je vois que rien n'est oublié. Avez-vous de plus beaucoup de pansements à faire ? Pouvez-vous nous en dire davantage à ce propos ?
Martine : Oh, il s'agit de "petits bobos", pour la plupart. Peut-être, en moyenne, 4 pansements par jour. Certes, en cas d'opération chirurgicale, nous enlevons les fils, mais ces cas de figure sont bien rares...
C.E. : Est-ce vous, les infirmières, qui êtes chargées de la toilette des patients ? Ou de toilettes particulières (en cas d'escarre p.exem. ?)
Martine : Pour la toilette "normale", cette attribution est du domaine de l'aide soignante ou de l'auxiliaire de vie. En cas d'escarre, c'est du domaine exclusif de l'infirmière. Mais je vous rassure : ici AUCUN cas d'escarre !
C.E. : A quelle fréquence recevez-vous ici des stagiaires des écoles d'infirmières ? Combien de stagiaires à la fois? Quel travail pouvez-vous leur confier ? Etes-vous statisfaite de vos stagiaires, en général ?
Martine : Oui, je
suis en général très satisfaite des nombreuses
stagiaires passant par notre établissement. Sauf de cas très
rares :
2 jeunes filles, lesquelles avaient mérité de ne pas avoir leur
moyenne... Nous avons des stagiaires toute l'année (généralement 2
ensemble chaque
fois, ceci pour des questions d'organisation et aussi pour leur moral).
Les seuls moments "sans" sont les périodes de vacances. Leur séjour
peut durer entre 4 et 8 semaines, selon le cas. J'accepte en
stage les 1ère et 2ème années d'école d'infirmières, et aussi les
élèves
préparant un BEP sanitaire et social. J'estime que "les 3ème année"
gagnent plutôt à fréquenter un véritable hôpital, où leur
formation finale complète sera facilitée par la structure et la variété
des soins. Ici, les 1ère année apprennent automatiquement à réaliser :
Ceci sous la surveillance du personnel encadrant. Les stagiaires, qui travaillent par groupe de deux, sont bien sûr invitées à observer un maximum de soins, et sont aussi amenées à réaliser des toilettes simples, chez des personnes pas ou peu dépendantes. C'est moi-même la 1ère responsable de ces stagiaires. Je remplis les dossiers de fin de stage et donne une appréciation. La nouvelle législation ne donne plus la possibilité de noter, seulement de donner des appréciations.
C.E : Régulièrement, certains résidents, prédisposés, font des malaises. D'autres présentent des bosses, résultats de chutes liées à des pertes d'équilibre fréquentes à leur âge... Pouvez-vous nous dire (environ) combien de chutes de personnes ne pouvant se relever seules ont besoin de votre intervention par 24 h ? La nuit, le problème est-il plus fréquent ? Les résidents portent autour du cou un petit avertisseur électronique pour ce genre de cas. Tous pensent-ils à s'en servir en cas de besoin ?
Martine : les malaises sont moins fréquents que vous semblez le croire. Peut-être un malaise par semaine. Ils sont plus fréquents de jour. Une majorité de personnes - heureusement - pensent à se servir du petit appareil avertisseur (il est suspendu autour du cou comme un collier avec son médaillon). Quelques rares personnes "oublient" de le mettre... Mais en cas de chute, même dans ce dernier cas, d'autres résidents nous alertent.
C.E. : Qu'en est-il du degré de gravité de la plupart des chutes ? Fractures ? Intervention de l'hôpital ? Ou simple pansement ?
Martine : La plupart se bornent à de petits bobos, avec, et encore pas toujours, juste un petit pansement dans ce cas. Lorsqu'il y a le moindre doute, le personnel en service fait immédiatement le 15. Fractures ? Pas beaucoup. Peut-être 3 par an …
C.E. : Etes-vous parfois amenée à réaliser - ici – des prises de sang, pour analyse de laboratoire ? Des perfusions ?
Martine : Des prises de sang, oui, tous les jours (une moyenne de 2 par jour), uniquement bien sûr sur prescription. Quant aux perfusions, non, je n'ai jamais eu l'occasion d'en réaliser ici. Le problème pourrait se poser en cas de grave hypo ou encore pour une déshydratation. Mais dans ce cas, nous pouvons réaliser des injections sous-cutanées (cela aussi est appris par les stagiaires !)
C.E. : Mais vous devez, si je comprends bien, pouvoir être en mesure de réaliser, si l'urgence se présente, de telles perfs ?
Martine : Bien sûr. Et nous sommes outillés pour. Ainsi, sur un chariot spécial est préparé d'avance tout le matériel indispensable pour une urgence. Nous venons même de disposer à présent d'un défibrillateur, et en février : le personnel soignant suivra la formation adaptée.
C.E. : La tenue des dossiers des résidents absorbe-t-elle beaucoup de temps ?
Martine : Pas vraiment. Peut-être 1 h par jour. Par contre le personnel (aides-soignantes et auxiliaires de vie) doit laisser tous les jours une trace de ses soins, et il convient bien sûr que je la vérifie.
C.E. : Avons-nous omis de vous interroger sur quelques points médicaux importants ? Si oui, voulez-vous préciser...
Martine (hésitante) : Non, mais...
C.E. : Oui, bien sûr, il y a les problèmes humains (nous les avions gardés pour la fin) ! : dépaysement... déprime... mauvaise intégration dans le groupe... solitude particulière... Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
Martine s'anime : Je vais vous dire : je suis très attachée au relationnel ! J'y attache la plus haute importance ! Voyez-vous, pour vous citer un exemple tout bête : lors d'une simple prise de sang, il faut éviter de considérer le bras comme un objet indépendant, simplement à piquer au bon endroit. Je dis et je redis à mes stagiaires : "Avant que de vous hypnotiser sur le bras à piquer, pensez donc de contempler le visage que vous avez en face de vous, pour y lire la confiance, ou la peur, ou l'appréhension !" Cela devrait être quelque chose de simple et de naturel de demander au patient : "Est- ce que ça va ?" Et de le rassurer éventuellement ! Vous voyez, souvent, les infirmières non mâtures sont trop braquées sur le technique, par rapport à l'impératif de se soucier, en 1er, de l'humain ! Chacun l'expliquera selon son optique...
C.E. : Vous voulez dire que les "vraies bonnes manières se perdent" ?
Pause-silence...
Martine poursuit : C'est comme d'annoncer un cancer sans prendre les précautions qui conviennent
C.E. : A qui le dites-vous ! Et que pensez-vous des problèmes humains des résidents, en général ?
Martine : Ils ont beaucoup de problèmes, ces gens-là, et sont trop souvent exposés à l'impatience, ou même à la moquerie de certains. Je dis toujours à mon personnel : "le jour où vous serez comme eux, vous comprendrez mieux !" Sans oublier le mal-être de ceux qui se sont vus obligés de forcer la main pour ce placement, faute de pouvoir faire mieux. Ils culpabilisent énormément... les familles ont besoin d'être rassurées et comprises !
C.E. : Mais n'êtes-vous pas obligée de vous blinder un peu, pour rester efficace ?
Martine : Si, bien sûr, il faut que je reste forte, la tête sur les épaules. Je n'ai pas le droit de craquer. Il faut que je sache garder une certaine distance. Mais cela ne doit absolument pas interdire de savoir se mettre à la place des autres...
C.E. : Martine, depuis le temps que je vous cotoie, je ne me représentais pas "l'infirmière du Belvédère" sous ce jour sympa... Je vous sentais plutôt affairée... mais froide... technicienne, en quelque sorte ! C'est une révélation !
Martine est souriante... mais surprise... : Ah bon, c'est ainsi que j'étais vue...!?
Le dialogue s'arrête là : une élève stagiaire, 1ère année d'infirmière, ouvre timidement la porte, pour prendre congé. Son stage se termine.
Martine, s'adressant à nous deux : C'était une stagiaire tout à fait excellente... ! Je ferai un très bon rapport.
La stagiaire a droit à un
sourire ravi, et referme la porte, doucement,
pendant que moi-même prend congé. Songeuse - moi aussi - et
un brin ravie... ! Toutes ces confidences d'un coup, comme ça, "en
s'en prenant le temps". Intervieweuse ?... Même bénévole : enrichissant
!
La journée de l'infirmière - les nuits de
l'infirmier - et l'inverse...Injections, pansements, distribution de médicaments, écoute, empathie, accompagnement, patience, souffrance, douleur, mort… Tous ces mots ont un dénominateur commun : ils font partis de mon quotidien, celui de l’infirmier.
En
revanche, la routine
n’existe pas…
Bien sûr, nous répétons souvent les même gestes, mais la diversité de la population que l’on est amené à soigner apporte une grande richesse tant pour le soignant que pour la personne souffrante.
Un métier aussi humain que celui-ci confère, quoiqu’on en pense, une grande partie au soin relationnel et à la relation à l’autre.
Il est
important, voire même
primordial, qu’un infirmier se montre
d’une grande écoute pour les patients dont il a la charge. C’est bien
souvent vers lui que ces derniers se tournent lorsqu’ils ne sont pas
bien, lorsqu’ils ont mal, ou bien encore lorsqu’ils n’ont pas compris
ce
que leur a dit le médecin, sans oser lui demander de bien vouloir tout
réexpliquer. Mais l’infirmier peut aussi être là juste pour être là, la
présence, l’empathie fait souvent beaucoup de bien au patient. Ce
dernier trouve une oreille attentive, qui ne le juge pas, qui le
comprend, qui l’accompagne.
La situation parait idyllique, mais ce n’est pas toujours le cas puisque l’infirmier a aussi affaire à des patients ne désirant pas se faire soigner, des personnes souffrant de troubles cognitifs importants, de troubles psychiatriques ou autres qui rendent difficile leur adhésion au soin. C’est là qu’intervient tout le savoir-être de l’infirmier afin de calmer l’angoisse qui prédomine et envahit le patient, souvent.
A propos
de soins
psychiatriques, il parait difficile de croire que
l’infirmier débordé qui court partout à la fois, puisse être en juste
relation avec le patient. Or, c’est tout à fait possible.
En effet, une relation de confiance s’établit généralement entre le patient et le soignant. Il suffit alors, d'un geste, d'un regard, d'un sourire, de prendre la main... le soin relationnel passe aussi par tout cela. Tout ce que l'on nomme la communication non-verbale, qui parfois vaut bien mieux que de longs discours.
Et cette
confiance, cette
relation qui s'établit entre le patient et
l'infirmier, permet l'alliance thérapeutique afin d'accompagner le
patient vers un soulagement, une guérison, un mieux être et cela même
si le patient est opposant aux soins que l'on veut lui prodiguer (je ne
parle évidemment pas ici de patients souffrants de troubles
psychiatriques graves en situation de crise).
Cette partie de l'article relate essentiellement l'aspect relationnel de ce métier, qui est pour moi primordial, mais bien entendu, il y a aussi le versant technique du métier, pour cela, voyons le déroulement d'un poste.
Une
journée type de mon
travail commence vers 6h du matin : d'abord la prise de poste
avec les collègues pour recevoir les
transmissions des évènements passés durant la nuit. Puis, commencent
alors les préparatifs avant d'aller réveiller les patients :
Une planification murale réunit un grand nombre d'informations sur le service et les patients se trouvant dans les lits ainsi que sur les soins qui doivent leur être prodigués d'heure en heure. Ainsi l'infirmier garantit une bonne organisation et une bonne anticipation des actes qui restent à effectuer.
Bien
souvent, il y a des
perfusions de médicaments à préparer avant
d'aller voir les patients, il faut donc s'assurer dans le dossier
infirmier du patient que le traitement est toujours d'actualité et
toujours au même dosage. Une fois la préparation effectuée, il est
important de ne pas se tromper de patient, un numéro de chambre écrit
sur la perfusion et c'est prêt ! Double avantage :
respect de la confidentialité en ne notant pas le nom du patient sur la
poche de perfusion.
Une fois tout cela préparé pour tous les patients du service, le "tour" du matin peut commencer vers 7h - 7h30 avec pour chaque patient, en plus d'un éventuel traitement par voie intraveineuse, une surveillance de paramètres (tension, pulsations, température, douleurs, etc.) et des traitements per os (voie orale).
Ces derniers sont à vérifier au lit du malade, et donnés au patient en main propre. L'infirmier signe ensuite la feuille de prescription médicale qui engage alors sa responsabilité, à savoir : le traitement prescrit a bien été donné à tel patient, à telle heure, c'est médico-légal.
En parlant de médico-légal : la grande règle d'or "tout ce qui n'a pas été noté n'a pas été fait !", mais j'y reviendrai plus tard…
C'est en
partie grâce (ou à
cause) de cette règle essentielle que
l'infirmier se protège et justifie que son travail a bien été accompli,
mais c'est aussi chronophage de devoir tout noter : c'est
moins de temps passé avec le patient, moins de temps à prendre soin de
lui.
Le reste de la matinée s'enchaîne entre réfection des lits avec les collègues aides-soignantes, préparation des éventuelles nouvelles perfusions durant la matinée, réfection des pansements, etc.
Il y a
aussi toujours un
petit lot de surprises, un patient à repiquer
car son cathéter est bouché ou encore sa veine n'a pas tenu, une
personne à sonder car elle n'arrive plus à uriner depuis quelque temps
et le médecin (venu la voir car l'infirmier l'appelle dès qu'il y a un
souci) et qui ordonne à l'infirmier de procéder au sondage évacuateur
afin de soulager le patient.
Maintenant que les soins techniques sont effectués, il faut les relater dans les dossiers infirmiers des patients afin d'y conserver une trace en cas de problème ou encore pour permettre au personnel soignant de retrouver à tout moment les informations nécessaires à la prise en charge du patient.
C'est là
qu'intervient de
nouveau la règle d'or ("tout ce qui
n'a pas été noté n'a pas été fait !") !
Pour cela l'infirmier dispose d'un outil appelé "transmissions ciblées".
Les
transmissions ciblées
portent bien leur nom, elles sont là pour
transmettre de façon claire et précise la situation posant un problème
en rapport avec le patient. Elles se présentent le plus souvent sous
forme de tableau à plusieurs colonnes avec des intitulés
précis :
Grande
règle des
transmissions ciblées, elles doivent toujours être
horodatées et signées par la personne qui la remplit.
Après
tout cela, le poste
s'achève par l'arrivée des collègues
d'après-midi et l'infirmier se charge alors de leur faire les
transmissions relatives aux évènements vécus par les patients depuis la
nuit et la matinée.
Un poste d'après-midi se déroule plus ou moins de la même manière que le poste du matin, entre préparation de perfusions, administration des traitements per-os, prise de paramètres, etc.
C'est aussi l'après-midi que des patients arrivent pour être admis dans le service. Commence alors une sorte d'interrogatoire que l'on nomme plus professionnellement un "recueil de données" du patient. Ce recueil d'informations précises et concrètes sur le patient permet de mieux le connaître et de le prendre en charge de façon optimale. Ensuite, le patient pourra se détendre un peu et prendre possession de sa chambre pendant que l'infirmier prépare le matériel dans le but de poser un cathéter pour l'injection des produits médicamenteux qui seront prescrits par le médecin.
C'est un geste évident et quotidien pour l'infirmier mais pas pour le patient qui, bien souvent, appréhende ce soin. Pour cela, il faut faire preuve d'empathie et d'écoute afin de rassurer le patient et qu'il se détende.
L'après-midi se poursuit avec, en général, une visite du médecin qui passe voir chaque patient pour évaluer leur état de santé.
L'infirmier
finit son poste
vers 21h après avoir remis à jour la visite
du médecin en contrôlant chaque dossier, en changeant les traitements
modifiés par le médecin et fait ensuite les transmissions auprès de son
ou sa collègue de nuit.
Le poste de nuit est un poste particulier, il dure en général plus longtemps, environ 10h. Dix heures pendant lesquelles le ou la collègue se retrouve, (dans certains services), seul(e).
Seul pour gérer 18 à 33 patients selon les services. Cela fait beaucoup.
Bien sûr les patients sont censés dormir mais comme pour la journée, il y a des perfusions à préparer, une surveillance du sommeil du patient également avec des rondes au moins 3x par nuit. C'est aussi le soignant de nuit qui aura la tâche de refaire les piluliers de tous les patients pour la journée du lendemain.
Le plus difficile la nuit : la gestion d'une urgence, car seul en poste, il faut pouvoir tout faire en même temps : aller chercher le chariot d'urgence si c'est nécessaire, appeler de l'aide à l'étage d'en dessous ou du dessus, appeler le médecin urgentiste et commencer un massage cardiaque si l'urgence s'avère vitale.
Bien entendu ce type de situation est très rare. Dans les services où ce genre d'évènement arrive fréquemment, l'infirmier est accompagné d'une aide-soignante pour faciliter le travail et la gestion des urgences éventuelles.
Une particularité du travail de nuit pour la psychiatrie par exemple, c'est d'avoir UN infirmier en poste et non UNE infirmière.
Cela peut paraître discriminatoire mais la raison est tout autre. Les patients en psychiatrie sont parfois plus difficiles à gérer, surtout la nuit, moment propice à la recrudescence d'angoisses et d'état d'agitation où la présence d'un homme s'avère rassurante pour l'hôpital.
Aussi, les patients, étrangement, osent moins entrer en conflit avec le personnel si ce dernier est un homme. En étant seule la nuit, une infirmière pourrait se retrouver confrontée à un homme de forte corpulence en état de crise, opposant à la prise médicamenteuse. Ce n'est pas un problème en journée puisque le personnel est plus nombreux pour gérer la crise.
L'infirmier enchaîne donc ses heures de nuit à gérer angoisses, perfusions, médicaments, surveillance du sommeil. Le moment est aussi propice à la discussion avec les patients.
En effet, la soirée est un bon moment pour entrer en relation avec le patient. Il se livre plus facilement car il sent également que l'infirmier de nuit a plus le temps pour le faire qu'en journée. Ces discussions entre soignant et soignés sont très appréciées par ces derniers.
Arrive
le matin, avec les
collègues qui vont prendre le relais après de
brèves transmissions de l'infirmier de nuit sur les faits marquants de
l'après-midi et de la nuit qui vient de se passer.
L'infirmier
peut ensuite
rentrer se reposer avant d'enchaîner d'autres
postes, matin, après-midi, nuit, journée. Il lui arrive
d'effectuer 3 ou 4 horaires différents dans une même semaine, week-ends
et jours fériés compris. C'est un rythme parfois en dehors du temps,
parfois en décalage avec les autres, c'est un inconvénient, il y en a
partout, dans chaque métier.
En
conclusion, je dirais que
ce métier est riche autant du point de vue
des connaissances médicales et techniques que nous devons avoir, que du
point de vue humain. C'est ce qui fait la beauté de notre profession !
Etre infirmier….une
vocation ? Je ne saurais le dire.
Qu'est-ce que l'ostéopathie ?Ostéo = os, pathe = maladie :
Une façon comme une autre de traduire ce terme, qui reste mystérieux pour la plupart d'entre nous. Pour dire vrai, le rôle de l'ostéopathe, beaucoup (et même la personne qui pose présentement la question), ne comprennent pas trop en quoi cela consiste. Mais, par ouïe-dire, nous savons qu'il est très spécialisé - et ... efficace !
Efficace dans quels cas, et
en agissant comment ?
Intervenant
: Anne-Charlotte BUSAC,
ostéopathe - THIONVILLEL'Ostéopathie est une discipline exclusivement manuelle. Elle permet de détecter les déséquilibres et les tensions que le thérapeute libère grâce à sa perception et son toucher particulier, en remontant le "fil d'Ariane" du processus pathologique.
L'Ostéopathie est une science qui se réfère à l'anatomie et la physiologie. Elle repose sur des compétences spécifiques et une connaissance approfondie du corps humain, des interactions entre chacun de ses composants.
L'essentiel du travail de l'ostéopathe consiste à identifier l'origine physique des différents troubles puis à rétablir manuellement un bon fonctionnement de l'organisme. Avec ses mains pour tester, diagnostiquer et traiter les dysfonctions (perte de mobilité et d'équilibre), l'ostéopathe utilise une gamme de techniques appropriées à l'intensité de la restriction mais aussi au patient.
Préventif et curatif, le traitement ostéopathique permet de supprimer et réajuster les restrictions de mobilité du corps, de restaurer les fonctions perturbées dans le respect constant des amplitudes physiologiques propres à chaque organe ou articulation.
L'ostéopathie connait de
vastes champs d'application :
Adaptée à chaque patient, en fonction de son âge et de sa morphologie, l'Ostéopathie apporte sa contribution aux enfants, aux adultes et aux personnes âgées.
Cependant, elle ne prétend
pas tout soigner, elle intervient
en complément de la médecine allopathique.