Rubrique paramédicale
Rubrique paramédicale









RUBRIQUE PARAMEDICALE - LES ANCIENS THEMES

Allo DocteurCalendrier
Avr 2012
Ostéopathie crânienne Anne-Charlotte BUSAC
Ostéopathe - Thionville
Avr 2012
Introduction à l'orthophonie Jean-Marc KREMER
Orthophoniste - Thionville
Mar 2012
Rôle du kinésithérapeute dans le traitement du cancer Hubert JUPIN
Kinésithérapeute - Thionville
Fév 2012 La vie d'une infirmière dans une résidence pour personnes âgées Martine HACQUIN
Infirmière - Le Belvedère - Algrange
Jan 2012 La journée de l'infirmière - les nuits de l'infirmier - et l'inverse... Jérémy BOEZENNEC
Infirmier - Cab Feltrin - Thionville
Déc 2011 Qu'est-ce que l'ostéopathie ? Anne-Charlotte BUSAC
Ostéopathe - Thionville
Allo DocteurOstéopathie crânienne
Intervenante : Anne-Charlotte BUSAC, Ostéopathe - THIONVILLE

Si nous avons bien compris, cette thérapie consisterait en manipulations du système crânio-sacral en vue de rétablir certains équilibres ou afin de prévenir certains déséquilibres. En particulier des déséquilibres de notre système nerveux.

  1. Qu'appelle-t-on le système crânio-sacré ?

Le système crânio-sacré est un système physiologique constitué du cerveau, de la moelle épinière et des méninges. Il regroupe, de manière globale, les os du crane, le core link (ou la dure mère spinale) et le bassin (sacrum et coccyx).

Le système crânio-sacré contient notre force vitale première qui anime l’organisme au travers des tissus conjonctifs et des fascias, lesquels englobent tous les tissus répartis dans le corps.

  1. Qu'appelle-t-on le liquide céphalo-rachidien et quel est son rôle ? En particulier joue-t-il un rôle dans notre équilibre nerveux ou neurologique ?

Le liquide céphalo-rachidien est un liquide biologique dans lequel baignent le cerveau et la moelle épinière. Il est contenu dans les méninges, plus précisément entre la pie-mère (qui recouvre le système nerveux central) et l’arachnoïde (qui tapisse le versant interne de la dure mère).

Le liquide cérébro-spinal joue un rôle d'amortisseur de choc dans un premier temps. Ensuite, il possède un rôle dans les échanges métaboliques ; en effet, c'est un ultra-filtrat recevant les déchets cellulaires et assurant le transport des nutriments. Il représente l'intermédiaire obligatoire entre le sang et la cellule.

Par son débit et son renouvellement régulier, le liquide cérébro-spinal joue un rôle immunologique important dans les pathologies virales, bactériennes et les parasitoses en assurant le transport de neurotransmetteurs (sérotonine) et d'endorphines (douleur), de protéines (albumine et globulines spécifiques) et d'anticorps.

Pour finir, il possède un rôle bioélectrique, assurant ainsi la régulation énergétique nécessaire au métabolisme cellulaire, et un rôle hydrodynamique : les fluctuations du LCS par les différentes pressions qu'elles entrainent, associées aux modulations provoquées par la pression artérielle et la respiration thoraco-abdominale ont une action au niveau du tissu conjonctif de l'ensemble du corps et au niveau du tissu nerveux.

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  1. On parle aussi d'une certaine influence de ce système crânio-sacré sur certaines glandes présentes dans le cerveau, lesquelles réguleraient l'activité de certaines hormones, dont la sérotonine.

    1. Cette influence est-elle démontrée ? Par quels essais ?

Cette influence a été démontrée notamment sur la glande hypophyse qui est le chef d'orchestre de presque toutes les glandes sauf la pinéale. Elle suscite l'éveil alors que la pinéale encourage le sommeil. Si la glande est en dysfonctionnement, les tests globaux ostéopathiques confirment une prédominance lésionnelle de la sphère cranio-cervicale haute. Magoun (1994) spécifie que le traitement crânien normalise la sécrétion pituitaire qui améliore la fonction endocrine et neuro-végétative partout à travers le corps.

Des essais ont aussi été réalisés sur l'épiphyse qui sécrète la sérotonine. Cette glande favorise, entre autres, le sommeil. Caporossi, en 1987, constate davantage de tensions de la sphère cranio-cervicale haute avec un axe crâne-sacrum peu mobile et très souvent compacté pouvant entrainer une sympathicotonie. La dysfonction de l'épiphyse reflète bien souvent l'état général du système nerveux. Une sympaticotonie entraine inévitablement une difficulté à plonger dans le sommeil.

        1. Quel est le rôle de la sérotonine ?

La sérotonine est un neuromédiateur, c'est-à-dire qu'il s'agit d'une substance transmettant l'influx nerveux entre les neurones et entre un neurone et un muscle.

La sérotonine semble jouer un rôle primordial dans le fonctionnement du cerveau, essentiellement en ce qui concerne l'humeur, l'émotivité ou encore le sommeil et la douleur. Par exemple, c'est la raison pour laquelle au cours de la fibromyalgie (syndrome polyalgique idiopathique diffus), les troubles du sommeil, les troubles de l'humeur, l'émotivité, font orienter les recherches vers une dysfonction des systèmes sérotoninergiques.

Elle est également impliquée dans la régulation de fonction telles que la thermorégulation, les comportements alimentaires et sexuels ou le contrôle moteur.

  1. Est-il prouvé que les os du crâne d'un adulte soient légèrement mobiles ?

Lorsqu'on évoque les torsions crâniennes, on s'entend rétorquer que les os de la tête ne peuvent pas se mouvoir. C'est vrai, et cela pour plusieurs raisons. L'écart qui existe entre les os du crâne ne dépasse pas deux à trois microns. De plus si les os du crâne bougeaient, cela voudrait dire qu'il y aurait des échanges entre, il faudrait que des globules rouges puissent passer, ce qui se révèle impossible car ils mesurent sept microns de diamètre. Donc les os du crâne ne bougent pas mais ils ont la capacité de se déformer. Certes, les os sont vascularisés (irrigués par des vaisseaux sanguins) mais il n'y a pas d'échanges entre eux liés à leur mobilité.

En revanche, une adaptation entre les os du crâne est possible. Ils peuvent donc se mettre en torsion les uns par rapport aux autres pour compenser, par exemple, une perturbation de la verticalité. Cela se remarque au fait qu'il n'existe pas deux crânes identiques sur le plan de la forme. Le crâne est à la fois modelé par les tissus externes du corps et par les tissus internes qui sont représentés par ces fameuses méninges et dure mères.

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  1. Qu'appelle-t-on mécanisme respiratoire primaire ?

Le Mécanisme Respiratoire Primaire ou MRP se compose des éléments suivants :

  • la triade motrice qui englobe le mouvement inhérent au cerveau, la fluctuation du liquide céphalo-rachidien (LCR) et les tensions réciproques des membranes crâniennes et rachidiennes
  • les conséquences sur les "mouvements" des os du crâne et du sacrum.

Il s'agit d'un mécanisme associant des pièces osseuses, ligamentaires, musculaires, membraneuses et fasciales qui produisent un mouvement déterminé, en adéquation avec la respiration pulmonaire.

  1. En particulier, s'agit-il d'une respiration parallèle à celle des poumons ou de la peau ?

Oui, c'est une respiration parallèle et potentialisée dans le ressenti manuel, par la respiration thoraco-abdominale et la mobilité suturale des pièces crâniennes, traduction externe de ce mouvement intrinsèque.

  1. L'aide apportée par l'ostéopathe est-elle en l'occurrence uniquement manuelle ? (Est-elle, par ailleurs, toujours manuelle)

L'aide apportée par l'ostéopathe est principalement manuelle. La parole et l'écoute sont également deux armes importantes dans la pratique de l'ostéopathie afin d'expliquer, de rassurer et d'encourager le patient dans une pratique différente de la médecine conventionnelle.

  1. Ces manipulations peuvent-elles parfois être douloureuses, voire dangereuses !?

En effet, des manipulations mal exécutées peuvent être dangereuses, il faut respecter les tissus, la structure du patient, ne jamais forcer ou pratiquer des techniques mal appropriées ou mal connues. Il en va de même pour n'importe quelle autre technique manuelle, qu'elle soit crânienne ou non. Si l'on est attentif au corps du patient, que l'on va dans son sens, on trouve la solution de la symptomatologie sans douleur ou danger.

  1. Cette thérapie a-t-elle destination pour être préventive ? Curative dans certains cas des causes d'une pathologie ? Ou n'agit-elle que sur les symptômes ?

Cette thérapie, comme l'ostéopathie en général, peut être à la fois préventive et curative. Les traitements à titre préventif peuvent être réalisés aussi bien sur le nourrisson que sur l'adulte.

La thérapie crânienne peut résoudre des symptômes d'origine traumatique (accident de voiture, coup de poing…), des symptomatologies à répétition de type ORL (angine, sinusite...), des maux de tête (céphalées ou migraines).

Plus à distance, elle peut traiter des troubles digestifs et même des douleurs au niveau du bassin (lombo-sacralgie)

  1. Pouvez-vous donner des exemples-types où elle semblerait avoir fait ses preuves : l'âge des patients... le problème qui se pose à eux, etc... ?

J'ai régulièrement des patients souffrant de sinusites à répétition, 5 à 6 fois par an, âgés pour la plupart de plus de 35-40 ans. En moyenne, 3 à 4 consultations suffisent afin d'observer la disparition des symptômes. Plus la pathologie est prise tôt, plus les résultats sont rapides.

J'observe également beaucoup de céphalées ou de migraines chez des femmes âgées entre 30 et 50 ans.

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  1. Cette thérapie a-t-elle fait ses preuves dans le cas de douleurs dentaires ou de névralgies faciales ? D'arthrose des vertèbres ou d'autres pathologies de la colonne vertébrale ?

Tout à fait ! Pour l'arthrose, nous ne traitons pas la pathologie en elle-même mais ses symptômes. En effet, l'arthrose ne disparait pas mais nous limitons les "surcharges" dues à un mauvais positionnement, à des mouvements trop répétés ou à des tensions sur une zone et nous pouvons faire diminuer, voire faire disparaitre la douleur. Mais l'arthrose sera toujours présente aux clichés radiologiques !!

Nous pouvons également avoir un effet sur les névralgies faciales ou les douleurs dentaires si toute pathologie organique est exclue !

  1. Un ostéopathe peut-il la pratiquer ?

Bien sur !

  1. D'autres thérapeutes sont-ils autorisés à la pratiquer - ou bien une autorisation n'est-elle pas obligatoire ? Un ou des diplômes sont-ils requis pour pratiquer l'ostéopathie en général ? Et l'ostéopathie crânienne en particulier ?

Dans ma formation continue en 6 ans, la thérapie crânienne était l'une des matières primordiales, au même titre que la thérapie structurelle ou viscérale. Elle est enseignée à partir de la troisième année et cela jusqu'à la fin du cursus. Pour chacune des différentes thérapies, un examen final pratique est réalisé et un brevet d'aptitude est remis, autorisant à manipuler. Il est finalisé par le Diplôme Français d'Ostéopathie délivré suite à l'examen final clinique, où devant un jury international, nous sommes jugés sur la prise en charge d'un patient réel.

  1. Un ostéopathe possède-t-il le titre de docteur en médecine ou en ostéopathie ?

Un ostéopathe, ayant réalisé sa formation en France, possède un Diplôme Français d'Ostéopathie (D.F.O.) anciennement Diplôme d'Ostéopathie (D.O)

  1. Pourrions-nous connaître votre sentiment personnel à propos de cette thérapie ?

Pour ma part, cette thérapie est primordiale pour traiter au mieux les patients. Tout le développement embryologique de l'Homme se fait autour de cet axe, donc toutes les répercussions physiques ou psychologiques retentissent à ce niveau.

La thérapie structurelle est, et c'est mon propre avis, insuffisante pour traiter tous les maux.

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Allo DocteurIntroduction à l'orthophonie - Interview de  CANCER-ESPOIR
Intervenant : Mr J.M. KREMER, Orthophoniste, THIONVILLE

Question de Simone : pour commencer : peut-on définir globalement l'orthophonie comme la rééducation des troubles du langage parlé ou écrit – OU pas seulement en tant que telle ?

Réponse : l'orthophoniste a la compétence pour la prévention, le dépistage, le diagnostic et la rééducation des personnes, quel que soit leur âge, affectées de troubles et de pathologies de la voix, de l'articulation, de la parole, du langage oral et écrit, du bégaiement, de la déglutition et de la dysphagie, quelle que soit l'origine de ces troubles : au cours du développement (enfance) ou à la suite d'une intervention chirurgicale, d'un accident ou d'une maladie dégénérative (accident cérébral, maladie Alzheimer, Parkinson...) et bien sûr aussi dans les handicaps divers de l'enfant (trisomie 21, surdité...)

S. : le statut d'orthophoniste, en France, existe depuis quand ?

Réponse : la profession a été créée en France par la loi du 10 juillet 1964 ; elle est apparue dans toute l'Europe après la première guerre mondiale, mais alors de façon non statutaire.

S. : nous pouvons supposer que cette fonction reconnue statutairement n'est pas apparue brutalement, mais par étapes. Pouvez-vous nous en parler davantage ?

Réponse : après les progrès importants de la médecine et de la linguistique au tournant des 19ème et 20ème siècles, puis à la suite de la Grande Guerre, le métier s'est inventé pour répondre à des besoins spécifiques de rééducation du langage: neurologie, fentes labio-palatines (becs de lièvre), puis troubles du langage oral et écrit, et petit à petit, le champ de l'orthophonie s'est élargi pour être reconnu tel qu'il est aujourd'hui (voir définition plus haut)

S. : nous étant un peu documentés pour ne pas apparaître trop novices, nous nous apercevons que votre rôle est très vaste - très complexe - extrêmement technique, qu'il utilise un vocabulaire précis, peu usité du grand public, et que, forcément, nous serons obligés de revenir souvent sur des mots peu connus que nous vous demanderons, le moment venu, de bien vouloir nous expliquer.

Vous intervenez donc, entre autres, dans les troubles du langage parlé et ou écrit - mais ces troubles sont-ils considérés comme des pathologies ? Plus précisément - et cela va intéresser le public en priorité - quelles sont les conditions de prise en charge par les caisses ?

Réponse : les orthophonistes sont des professionnels de santé non médecins : à ce titre, ils interviennent sur prescription du médecin, puis effectuent un bilan-diagnostic et font une demande d'entente préalable de rééducation auprès de la Caisse de l'assuré. Les soins sont remboursés par l'assurance maladie obligatoire et par les complémentaires. Les maladies qui relèvent de l'ALD sont prises en charge à 100% par l'assurance maladie obligatoire.

S. : notre documentation, pour l'instant succincte, nous permet néanmoins d'entrevoir que les troubles dont vous vous occupez sont, soit d'ordre mécanique, structurel, sensoriel, neurologique, dégénératif, voire psychiatrique - avec interférences possibles de ces divers facteurs les uns sur les autres... Etes-vous spécialisé dans un domaine de rééducation, ou êtes-vous totalement polyvalent ?

Réponse : les orthophonistes ont une formation en fac de médécine, formation qui est généraliste et qui est sensée leur donner la capacité professionnelle à traiter tous les troubles. Il n'y a pas de spécialistes en orthophonie. Cependant, par goût, par choix ou par opportunité (travail dans un service spécialisé par exemple), certains d'entre eux peuvent acquérir des compétences plus poussées dans un domaine ou dans un autre, par exemple en neurologie, ou en langage écrit, ou en cancérologie.

Nous ne pouvons pas aborder ici TOUS les aspects complexes des différents cas de figure, et des différents soins s'y rapportant ! Le champ en est bien trop vaste.

Compte tenu du sujet complexe, nous envisagerions l'ITW en 3 parties distinctes :

  1. Survol de tous les domaines pouvant être concernés par l'orthophonie
  2. Caméra braquée sur la rééducation d'un larynctomisé avec prothèse, suite à un cancer
  3. Enfin - si cela était possible : j'aimerais pouvoir assister à la séance de rééducation de votre choix, avec l'accord du patient majeur, et je ferais le rapport de cette séance, que je vous soumettrais, et que vous compléteriez éventuellement... (Pour une question de déontologie, Mr KREMER nous DECRIRA cette séance, à laquelle il ne peut nous faire assister...)

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Allo DocteurLa kinésithérapie et le cancer
Intervenant : Hubert JUPIN, Kinésithérapeute - THIONVILLE

La prise en charge masso-kinésithérapique et rééducative d'un patient traité pour un cancer nécessite que le praticien connaisse les bases du traitement de cette maladie. De ses connaissances découle le choix de techniques adaptées pour prendre en charge les suites, opératoires ou non, immédiates. Des complications lymphatiques précoces, des cicatrices, des raideurs articulaires ou douleurs doivent pouvoir bénéficier d'une rééducation pertinente. Par décret ministériel, le masseur-kinésithérapeute a le choix de l'adaptation de ses propres techniques, manuelles ou non qu'il juge les plus adaptées à la pathologie. Ce choix découle du bilan kinésithérapique qui précède le traitement. Chaque patient, porteur d’une pathologie telle que le cancer, doit être traité selon la localisation, le handicap, l'importance de la pathologie, et surtout selon l'objectif que le patient désire atteindre. Pour connaître toutes les possibilités qu'offre un traitement par le masseur-kinésithérapeute-rééducateur nous allons dans un premier temps redécouvrir cette profession masseur, kinésithérapeute et rééducateur, puis dans un deuxième temps comprendre son implication dans un traitement de cancer.

La profession paramédicale de masseurs kinésithérapeutes rééducateurs comprend trois termes le massage, la kinésithérapie, et la rééducation.

Le massage

En France, la pratique du massage à titre professionnel est, à l'heure actuelle, réservée au seul masseur kinésithérapeute diplômé d'État. Le masseur kinésithérapeute est habilité à utiliser des acteurs comme les massages, notamment le drainage lymphatique manuel. On entend par massage "toute manœuvre externe, réalisée sur les tissus, dans un but thérapeutique ou non, de façon manuelle ou par l'intermédiaire d'appareils autres que les appareils d'électrothérapie, avec ou sans l'aide de produits, qui comporte une mobilisation ou une stimulation méthodique, mécanique ou réflexe de ces tissus". Le massage consiste en des acteurs réalisés sur la peau de façon manuelle ou instrumentale, notamment à des fins de rééducation, dans le but de prévenir l'altération de capacités fonctionnelles, de concourir à leur maintien et, lorsqu'elles sont altérées, de les rétablir ou de les suppléer.

Massage

Le contact des mains avec la peau donne des informations inestimables. Pourquoi se priver de telles informations ? La sensibilité des mains, leur dextérité, ont le mérite d'être objectives et autorisent non seulement un simple contact entre deux personnes mais également une communication entre elles. Ainsi donc le respect mutuel est très important. Les mains parlent un idiome qui leur est propre autorisant l'éternelle relation entre le corps et l'esprit, une éternelle compréhension entre deux modes de transmission de l'information. Ce contact ne triche pas, il exprime une réalité physique.

Ainsi, la vitesse des mouvements, le rythme des mouvements, la pression des mains, la température des mains sont autant d'éléments de communication et de qualité de traitement. Les mains présentent donc une manifestation de la dimension émotionnelle qui sous-tend toutes les actions humaines, il s'agit bien d'une forme de communication. Le massage va donc bien au-delà d'un simple toucher et peut ainsi devenir un traitement non négligeable de bien-être malgré la pathologie.

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La kinésithérapie

La kinésithérapie a pris au cours de ces dernières années, une extension considérable, dû sans aucun doute à la formation des kinésithérapeutes, (première année de médecine) formation de plus en plus pointue et de plus en plus technique, à l'action des sociétés scientifiques et à l'intérêt croissant du corps médical pour les traitements de médecine physique. Les techniques de kinésithérapie sont particulièrement diverses tant par les différents moyens utilisés que dans les domaines d'application. La rééducation peut agir dans les domaines très connus d'orthopédie, de traumatologie, dans les domaines du sport, en rhumatologie mais également en neurologie, en cardiologie, en pneumologie dans le domaine des vertiges, en uro-gynécologie, en oncologie mais également dans des domaines de bien-être et de l'esthétique, etc...

Le but du traitement kinésithérapique est de retrouver une fonctionnalité la plus naturelle possible.

Les objectifs du traitement kinésithérapique sont d'une part un gain des amplitudes articulaires réalisé manuellement par des mouvements passifs d'étirement (ce sont les assouplissements) et d'autre part un renforcement des muscles lésés, au moyen de résistance manuelle ou non. Il s'agit dans ce second cas d'un travail actif.

Dans un cas, le patient reste passif lorsque le praticien travaille, il s'agit de mouvement dit passif. Dans le second cas, c'est le patient qui effectue le mouvement, il s'agit d'un traitement dit actif. Un troisième cas de figure est dit auto-actif, quand le patient utilise une autre partie de son corps pour faire travailler la partie lésée.

Kinésithérapie

Les différents moyens techniques que nous offre la kinésithérapie passent par

  • la musculation avec ou sans appareil
  • les assouplissements avec ou sans appareil
  • la physiothérapie c'est-à-dire l'utilisation d'agents physiques tels les ondes courtes, les ondes radar, les ondes de choc des ultrasons,
  • des agents physiques thermiques chauds, froids (par exemple l'utilisation de cataplasme de boues, de lampes à infra-rouge ou de pack cryogénique…)
  • différents types de gymnastique qu'elle soit classique ou non comme le stretching postural ou la méthode Mézières, la méthode Pilate.

La kinésithérapie a donc pour finalité de permettre à la personne de retrouver des capacités physiques pour éviter toute compensation et tout handicap.

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La rééducation

La rééducation quant à elle, doit permettre à la personne traitée de revenir à un état antérieur à sa pathologie.

Dans le mot rééducation, le mot éducation apparaît. L'éducation constitue une part essentielle des possibilités de traitement afin de retrouver une autonomie la plus élémentaire, voire la moins invalidante.

Moins spectaculaire que ne peut être la kinésithérapie pure, elle s'applique en fonction de la personnalité des patients. Moins technique mais beaucoup plus riche psychologiquement, elle exige de la part des professionnels attention, rigueur, et adaptabilité en fonction de l'invalidité ou du handicap, du comportement du patient, de ses capacités à mettre en œuvre  les consignes et de son état de fatigabilité.

Le bilan kinésithérapique permettra d'apprécier l'état physique, l'état moral et psychologique du patient. Le praticien pourra ainsi adapter le traitement qu'il juge nécessaire.

On n'imposera pas à un cancéreux à un stade avancé une thérapeutique physique fatigante. Chez les personnes qui présentent une détérioration importante des fonctions supérieures, les bénéfices d'une rééducation seront liés à l'écoute du praticien, et à la relation partagée entre le patient et le praticien, c'est-à-dire la confiance. L'examen des fonctions dites supérieures a pour objet la détermination d'un profil de fonctionnement comportemental. Cet examen est soumis à la coopération du patient. Ces fonctions sont les suivantes : l'efficience intellectuelle, (par exemple la mesure de la rapidité de compréhension), les mémoires, le langage, l'étude des gestes, de la coordination motrice visuelle ou spatiale, les fonctions exécutives de type raisonnement, élaboration... La rééducation peut également être indiquée pour des raisons d'éthique : préserver l'indépendance et l'autonomie chez une personne lui évitera les souffrances de la  grabatisation.

Dans ce contexte, le kinésithérapeute peut agir au quotidien pour prévenir un déséquilibre, maintenir un équilibre qui est en train de se perturber, le rétablir ou le suppléer.

Favorisant le mouvement, la fonction, le fonctionnel, il a un rôle essentiel à jouer dans la conservation de ses capacités motrices lorsque le patient devient âgé, handicapé ou diminué physiquement du fait de sa maladie, grâce à des techniques manuelles ou instrumentales éducatives. Le kinésithérapeute intervient sur la lésion mais pas seulement. Il est là aussi pour écouter la plainte de son patient. C'est ce qui l'aide à situer son action avec les personnes, patients fragiles.

Un autre élément est essentiel : le masseur kinésithérapeute rééducateur touche les patients alors qu'ils ne bougent plus forcément, alors qu'ils ne voient plus beaucoup de monde. Cela prouve l'intérêt d'aller au-delà de la technique et /ou médicale avec les patients.

Avec l'âge et avec l'importance des handicaps dus à la pathologie, les déficiences physiques, psychiques, mentales s'accumulent. Ainsi le kinésithérapeute doit aussi tenir compte de l'environnement dans lequel vit son patient ; les résultats de ce traitement n'en seront que meilleurs.

Les séances de rééducation doivent être réalisées le plus longtemps possible dans un cabinet. Cela permet au patient de rester ouvertKinésithérapeute au monde extérieur et de ne pas s'enfermer sur lui-même. Il est vrai également que le temps de travail reste plus important dans un cabinet qu'à domicile. Cependant, les limites de l'autonomie des patients étant atteintes, les soins sont dès lors obligés d'être exécutés à domicile. Le déplacement du praticien au domicile du patient pose plusieurs problèmes : problème des moyens techniques pouvant être mis en oeuvre, problème de gestion du temps de la part du praticien, problèmes économiques et de disponibilité du praticien. Ces différentes difficultés sont malheureusement liées au contexte  économique des organismes sociaux. Aussi le praticien doit-il intégrer les soins à domicile dans son temps de travail.

Le premier levier de la conservation de l'autonomie est l'éducation thérapeutique du patient. Et pour cela, l'un des acteurs le mieux placé est le kinésithérapeute, grâce à sa connaissance des grands appareils du corps.

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La masso-kinésithérapie et le cancer

La prise en charge kinésithérapique d'un patient traité pour un cancer nécessite, au-delà d'une simple prescription, la connaissance des bases du traitement de cette maladie. En fonction de ces connaissances, le choix des techniques adaptées pour prendre en charge les suites n'en sera que plus précis et adapté.

La localisation, les différents traitements médicaux, l'évolution de la pathologie, son importance et l'environnement familial, c'est-à-dire non seulement les éléments médicaux mais également sociaux sont à prendre en compte pour un traitement efficace.

Connaître l'ensemble des soins qui se déroulent autour du patient permet d'acquérir des connaissances qui, indépendamment de celles nécessaires au traitement des séquelles sont utiles pour répondre aux questions de plus en plus fréquentes des patients dans des domaines variés.

Chaque cancer fait l'objet d'une approche spécifique qui implique que chaque patient soit traité de façon personnalisée. Le traitement effectué par un kinésithérapeute se fait dans le respect d'une décision collégiale entre le patient et les différents intervenants.

La prise en charge kinésithérapique d'un patient présente plusieurs objectifs :

  • améliorer le confort afin de maintenir ou de retrouver des amplitudes articulaires correctes et fonctionnelles. Pour cela, des exercices sont réalisés et recommandés par une auto répétition sous forme de gestes simples et doux
  • ils doivent permettre une reprise de confiance s'ils sont non douloureux et répétés avec lenteur. Par la suite, ils sont réalisés avec une amplitude plus importante. On peut noter que des exercices respiratoires sont utiles pour permettre non seulement un confort mais une certaine décontraction
  • un certain nombre de soins ou de simples conseils donnés par le kinésithérapeute peuvent améliorer ce confort
  • les soins qu'ils soient post-opératoires ou non ne sont pas stéréotypés mais ils découlent du bilan kinésithérapique.

Pourquoi limiter la rééducation trop active ?

Les mouvements pour restaurer une amplitude articulaire ne doivent pas augmenter les douleurs ou autres résistances physiques ou physiologiques.

Rééducation   individuelle ou en groupe ?

Les deux approches existent et peuvent se compléter. La rééducation individuelle a l'intérêt de la personnalisation face au patient. L'inconvénient est celui du temps nécessaire pour suivre tous les patients. L'approche rééducative en groupe, moins spécifique, à l'avantage de la prise en charge simultanée et permet une approche psychologique non seulement entre soignants et soignés mais également entre patients. Ces deux approches ne s'opposent pas.

Rééducation à domicile ?

Cette rééducation privilégie le contexte environnemental, particulièrement importante en cas de problème psychologique ou moral.

Kinésithérapeute : un vrai conseillerKinésithérapeute

Les compétences des kinésithérapeutes incluent les actions de prévention. Parmi celles-ci, apprendre à un patient à repérer les signes débutants de rétraction articulaire, d'épisode infectieux sont des enseignements primordiaux. Il ne s'agit nullement de faire un diagnostic de type médical mais d'assurer un rôle de praticien de santé pouvant permettre au patient d'accéder à une consultation appropriée chez son médecin. Nous retrouvons ainsi la notion d'équipe médicale.

La notion de reprise d'une activité sportive peut rentrer dans le cadre des compétences de prévention du kinésithérapeute. Elle doit se faire en collaboration avec l'ensemble des intervenants médicaux et paramédicaux.

Qualité de vie et cancer

L'influence d'une pathologie sur la qualité de vie est tout à fait mesurable. Handicap, détresse psychologique et qualité de vie font l'objet de nombreuses enquêtes. L'influence d'un traitement masseur-kinésithérapique peut être ainsi évalué en comparant différentes échelles de qualité de vie avant et après traitement.

Ainsi donc la compréhension des différents traitements de cancer, la connaissance des éventuelles séquelles physiques et psychologiques s'avèrent nécessaires pour le masseur kinésithérapeute. Meilleure sera l'information, meilleur sera le traitement et son accompagnement. Le kinésithérapeute, par ses connaissances physiques, son attitude psychologique et les différents moyens qu'il est à même de mettre en œuvre est devenu un maillon essentiel dans le cas de traitement de ce genre de pathologies lourdes et difficiles.

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EXEMPLE CLINIQUE :

Une patiente, Mme Dubois, présente un lymphoedème prononcé du bras gauche suite à une opération mammaire, avec ablation du ganglion sentinelle suite au diagnostic de cancer.

L'incidence annuelle des cas de cancers du sein a doublé en 20 ans en France. Ni l'augmentation du nombre de femmes dans la population générale, ni bien sûr le dépistage n'expliquent totalement cet accroissement. Il s'agit donc un véritable problème de santé publique. (réf. : kinésithérapie après cancer du sein de J.C. Ferrandez - EMC-2010).

Connaître l'ensemble des soins prodigués à la patiente permet non seulement d'adapter le traitement kinésithérapique mais également de répondre aux questions des patientes toujours inquiètes.

Quelle peut être la cause du lymphoedème du membre supérieur ? (réf. : kinésithérapie après cancer du sein de J.C. Ferrandez - EMC-2010)

  • Le premier facteur est la section des vaisseaux lymphatiques du creux axillaire sacrifiés par les techniques classiques de curage ou par nœud sentinelle. Ces nœuds drainent non seulement le sein mais également le membre supérieur
  • Un deuxième facteur étiologique est lié aux effets de la radiothérapie
  • Un troisième facteur est dépendant du capital lymphatique préexistant de la patiente.

Le premier des traitements non chirurgicaux recommandés est le traitement de kinésithérapie. Ce traitement comprend trois étapes : d'une part la décongestion du lymphoedème, d'autre part l'entretien du résultat, ainsi que l'amélioration de l'état de fonctionnement articulaire (épaule).

Le drainage lymphatique manuel

Il s'agit d'une technique de massage très particulière nécessitant une formation spécialisée des masseurs kinésithérapeutes. Chaque patiente est massée de façon différente selon la localisation de son lymphoedème. La pression du drainage est adaptée à la consistance de l'œdème. Cette pression doit être particulièrement douce et précise sans mouvement de glissement sur la peau, à la différence d'un massage classique. La durée de ce traitement est variable mais toujours proche de la demi-heure. Il doit être non douloureux et très lent. En cas de très gros lymphoedème, le rythme des séances peut être journalier.

La pressothérapie

Elle ne doit pas être opposée au drainage manuel précédemment décrit. Cependant cette technique par fragmentation a démontré son intérêt. L'association des deux traitements permet de jouer sur le transfert des fluides.

Les bandages de décongestion

Une bande de contention non extensible est appliquée sur le membre après la séance de décongestion. Elle permet de maintenir au repos le résultat du drainage lymphatique manuel et de la pressothérapie. Il appartient aux kinésithérapeutes de déterminer le choix des bandes.

La première phase du traitement est la mieux objectivable pour la patiente. Le maintien du résultat est plus laborieux. Il s'agit de faire accepter le fait que le lymphoedème n'est pas un symptôme comme l'œdème mais  une pathologie chronique.

Raideurs de l'articulation de l'épaule du côté opéré

La réduction de la mobilité de l'épaule peut apparaître à distance de l'intervention et ce quel que soit le type chirurgical. Son origine est variable. Des antécédents de pathologies articulaires, la chirurgie, la radiothérapie, peuvent en être la cause.

Ainsi, des mouvements passifs voire actifs doux, dans les différents secteurs rétractés ou limités doivent permettre une récupération des amplitudes articulaires. Quelles que soient les techniques employées, celles-ci doivent rester en deçà des douleurs ressenties.

Les différents mouvements qu'il faut récupérer sont l'élévation du membre, les rotations et l'écartement de celui-ci.

En aucun cas, il ne faut utiliser des moyens provoquant de la chaleur. Il s'agit d'une contre-indication formelle.

Techniques d'aide et de bien-être

Toutes les techniques permettant à la patiente de retrouver une vie de qualité peuvent être utilisées. Cependant celles-ci sont souvent longues  et ne sont pas prises en charge au sein d'une séance classique de rééducation.  En pratique, nous pouvons effectuer entre autre des techniques psychosomatiques  telle la "somatic experiencing", de sophrologie ou de relaxation dont le but est la gestion physique et psychologique liée aux inquiétudes légitimes après une pathologie importante.  Il s'agit d'apporter un véritable confort de vie.

Faire du sport après cancer du sein

Tout traitement doit cibler une guérison qui doit correspondre à la vie de la patiente et de ses attentes. Souvent la modération ou l'absence de reprise sportive après chirurgie du sein sont recommandées. Dans les faits, de telles recommandations ont l'inconvénient d'altérer la qualité de vie des patientes (réf. : kinésithérapie après cancer du sein de J.C. Ferrandez - EMC-2010). Il est largement préférable de demander à la patiente de reprendre très progressivement son activité pour juger du seuil supportable par elle. La récupération des amplitudes articulaires est la véritable condition de reprise d'une activité sportive. Celle-ci, cependant, peut être suivie de précaution ou de recommandations telles que le port d'un manchon, la limitation de l'activité elle-même (la durée de la pratique), le refroidissement du membre supérieur, etc...

D'autres précautions peuvent être préconisées : éviter toute infection, surveiller sa peau, comme l'apparition de tâches rouges ou de fièvre, être vigilant dans les travaux de jardinage, en particulier les piqures d'insectes ou de roses…, contrôler la souplesse de la peau.

Le kinésithérapeute doit rester à l'écoute de ses patientes. Il peut permettre si besoin d'échanger les expériences de chacune dans le respect des personnes.

Le masseur-kinésithérapeute n'est qu'un membre d'une équipe médicale à laquelle il peut apporter son expérience de professionnel de la santé dans le respect de la patiente.

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Allo DocteurLa vie d'une infirmière dans une résidence pour personnes âgées

Interview de Martine HACQUIN, Infirmière, Le Belvedère - ALGRANGE, réalisée par Simone, de CANCER-ESPOIR

CANCER-ESPOIR : Nous vous voyons souvent aller et venir, l'air occupé, voire préoccupé... Tantôt, vous êtes-là, absorbée par une prise de tension, ou par une mesure du taux de glycémie, ou encore, lorsqu'un résident se sent mal, c'est à vous de décider de la conduite à suivre. Une journée à oeuvrer ainsi ne doit pas être de tout repos... Pouvez-vous nous en dire un peu plus, à propos de la variété et de la multiplicité de vos tâches, tout en nous mettant un peu au parfum de leur pourquoi et signification précise ? Tout d'abord : de combien de résidents vous occupez-vous ici ?

Martine : Ici, au Belvédère d'Algrange, nous hébergeons 64 résidents.

C.E : Sur combien de changements de postes travaille ici le personnel infirmier... ? Comme à l'hôpital, probablement sur 3 postes ? Dès lors, vous arrive-t-il de travailler la nuit ? Changez-vous de poste, ou occupez-vous toujours la même tranche horaire ? Quels sont vos horaires ? Et travaillez-vous parfois (ou toujours), à deux infirmières sur le même poste ?

Martine : Nous sommes une infirmière en poste, selon le cas, le matin, ou l'après-midi. Je suis susceptible d'oeuvrer sur l'un ou sur l'autre des 2 postes. Toutefois , comme je suis aussi infirmière référente, (j'ai donc 2 casquettes), je suis également tenue de travailler "en journée" pour l'accomplissement de cette tâche particulière...

C.E. : Vous voulez dire : toute la journée ?

Martine : Exact.

C.E. : Et... la nuit ?

Martine : La nuit, sont présentes, obligatoirement, une aide-soignante (sous délégation de l'infirmière), ainsi qu'une auxilliaire de vie.

C.E. : Parlez-nous un peu du rôle de l'infirmière "référente"...

Martine : Dans ce cadre, en particulier, c'est moi qui gère le planning hebdomadaire complet du personnel (aides-soignantes, auxilliaires de vie, et autres infirmières). Ce qui représente une trentaine de personnes. Je rencontre aussi les familles et étudie leurs doléances... Il convient aussi de gérer le planning des stagiaires... Tenir les dossiers des patients, contrôler les classeurs où aides-soignantes et auxilliaires de vie mentionnent CHACUN de leurs différents actes par écrit...

C.E. : C'est tout un programme, en effet... Pouvez-vous expliquer la différence de rôle entre les unes et les autres ?

Martine : Les aides-soignantes et auxilliaires de vie peuvent être amenées à servir les repas, faire les toilettes, s'occuper des changes, aider aux déplacements, par contre seules les aides-soignantes vont être autorisées à pratiquer une mesure de glycémie ou une distribution de médicaments sous délégation de l'infirmière.

C.E. : Vous venez précédemment de parler "des doléances" des familles. Lesquelles, par exemple ?

Martine : Le plus souvent, il s'agit, à nos yeux, d'aléas.., tous les résidents souhaiteraient la toilette en premier par exemple... Mais pour les familles, cela prend d'autant plus d'importance qu'elles sont angoissées et souvent culpabilisées d'avoir placé là leur mère ou leur père. Il s'agit avant tout de les rassurer, de les désangoisser !

C.E. : Et vous-même ? Depuis combien de temps exercez-vous votre métier ? Et depuis combien de temps ici !?

Martine : J'ai fait l'école d'infirmière de 2002 à 2005... Ensuite j'ai exercé 3 ans dans l'établissement que vous voyez en face, au WITTEN, lequel n'est pas un hôpital, mais un EHPAD (Etablissement Hospitalier pour Personnes Agées Dépendantes), ceci donc jusqu'à 2008. Ensuite je suis venue ici. Donc depuis 3 ans...

C.E. : Et avant !?

Martine : Avant !? J'ai d'abord exercé pendant un an et demi la profession d'aide-soignante...

C.E. : Ouhhh, compliments ! Mais quel âge avez-vous ?

Martine : 56 ans !

C.E. : On ne vous les donnerait jamais ! (sourires...) Mais dites-moi, je n'ai pas très bien compris la différence entre un hôpital et un EHPAD...

Martine : Dans un EHPAD, vous n'avez pas de médecin attaché à l'établissement. Ceux-ci viennent de l'extérieur, en fonction de la demande de leur clientèle de patients, résidant ici par exemple.

C.E. : Il existe ici, de même que partout dans un rassemblement de personnes âgées autre que professionnel, une bien plus forte proportion de femmes que d'hommes (liée à la vie plus longue des femmes, en général). Pour un homme, environ combien de femmes, ici !?

Martine : C'est simple : 64 résidents, dont 11 hommes, donc en gros un homme pour 5 femmes...

C.E. : Le ou la plus jeune de vos résident(e)s ?

Martine : Une dame, qui n'a même pas 60 ans, et qui travaille de jour dans un CAT.

C.E. : Le doyen et la doyenne ont quel âge ?

Martine : La dame, 98 ans, le monsieur, 92 ans...

C.E. : Nous en arrivons à la partie plus médicale de l'interview... alors, la question-piège : que faites-vous dans la journée !?(hmmm...)

Martine : Hmmm (sourire indulgent)... je commence par ?

C.E. : Pouvez-vous, disons pour commencer, nous expliquer le pourquoi d'une mesure de glycémie, à l'aide de quel appareil elle s'effectue, ce qu'elle va vous apprendre, et les mesures à prendre si elle s'avère trop élevée ou insuffisante ?

Martine : Cette mesure va se prendre à partir d'un petit appareil électronique, essentiellement chez les personnes diabétiques, mais aussi, en cas de malaise, chez une personne non diabétique. Elle va servir à relever le taux de sucre (de glucose) dans le sang, afin de voir comment se comporte ce taux, et si, en particulier, la personne est en hyper ou en hypoglycémie. Dans ce cas, nous allons prendre les mesures qui conviennent en conformité avec un protocole écrit à disposition. Par exemple, et entre autre, si la personne, à jeun, à moins de 0,80 g de glycémie par litre, on pourra envisager, selon son cas, et le chiffre lu, une série de mesures : boisson sucrée simplement, ou absorption, en supplément, d'aliments adéquats, ou, si l'hypoglycémie est importante, une injection de glycogène, qui va accélérer le processus de remontée de cette glycémie.

C.E. : Pouvez-vous nous dire le nombre de résidents (environ) concernés par cette surveillance régulière de la glycémie, et pourquoi ?

Martine : Les gens concernés sont ceux placés sous insuline. Une dizaine, pour la plupart, 3 injections par jour. Les autres, une minorité, sont sous prise de médicaments par voie orale.

C.E. : Vous avez répondu à la question avant que je ne vous la pose. Mais, sur la lancée... : fait-on, chez vous, "la queue devant la porte pour l'insuline" ? (ou parvenez-vous à équilibrer avec votre temps disponible ?)

Martine : Non, pas de queue. C'est assez facile de s'organiser, d'autant plus que 8 résidents sur les 10 concernés sont bien autonomes, et viennent d'eux-mêmes pour "la piqure" !

C.E. : A quel rythme mesurez-vous la tension artérielle des patients. Tous les jours chez tous, ou seulement dans des cas particuliers (et lesquels ?)

Martine : une fois par mois, la tension est relevée POUR TOUS. Autrement, elle n'est prise que sur prescription médicale, ou pour des cas d'urgence, donc ponctuels...

C.E. : Les placements sous oxygène sont-ils fréquents ?

Martine : Actuellement 2 résidents sont sous oxygène, uniquement de nuit, et une seule personne subit ce soin jour et nuit.

C.E. : A quel moment distribuez-vous les médicaments par voie orale ? Y a-t-il des récalcitrants ou des personnes présentant des difficultés pour les avaler ? Tous sont-ils sous médicaments !?

Martine : Nous distribuons matin, midi et soir. Oui, tous sont placés sous divers médicaments. Non, il ne se présente pas - heureusement - de difficulté particulière pour leur absorption. De plus, la nuit, les résidents peuvent être amenés à absorber des somnifères ou des antidouleurs. Dans ce cadre de la douleur, nous sommes amenés, aussi, à évaluer la douleur sur une échelle spéciale, qui varie selon que la personne peut encore ou non bien s'exprimer - sinon, cette douleur, bien sûr, peut aussi s'évaluer en fonction de la mimique du visage - ou encore sur une série de différents dessins dont les expressions seront graduées depuis zéro (absence de douleur), jusqu'au maximum supportable, le résident pouvant être amené à désigner le dessin avec lequel il s'estime le plus en accord. Nous pratiquons également régulièrement des pesées... Une perte de poids brutale ou importante doit évidemment alarmer...

C.E. : Je vois que rien n'est oublié. Avez-vous de plus beaucoup de pansements à faire ? Pouvez-vous nous en dire davantage à ce propos ?

Martine : Oh, il s'agit de "petits bobos", pour la plupart. Peut-être, en moyenne, 4 pansements par jour. Certes, en cas d'opération chirurgicale, nous enlevons les fils, mais ces cas de figure sont bien rares...

C.E. : Est-ce vous, les infirmières, qui êtes chargées de la toilette des patients ? Ou de toilettes particulières (en cas d'escarre p.exem. ?)

Martine : Pour la toilette "normale", cette attribution est du domaine de l'aide soignante ou de l'auxiliaire de vie. En cas d'escarre, c'est du domaine exclusif de l'infirmière. Mais je vous rassure : ici AUCUN cas d'escarre !

C.E. : A quelle fréquence recevez-vous ici des stagiaires des écoles d'infirmières ? Combien de stagiaires à la fois? Quel travail pouvez-vous leur confier ? Etes-vous statisfaite de vos stagiaires, en général ?

Martine : Oui, je suis en général très satisfaite des nombreuses stagiaires passant par notre établissement. Sauf de cas très rares : 2 jeunes filles, lesquelles avaient mérité de ne pas avoir leur moyenne... Nous avons des stagiaires toute l'année (généralement 2 ensemble chaque fois, ceci pour des questions d'organisation et aussi pour leur moral). Les seuls moments "sans" sont les périodes de vacances. Leur séjour peut durer entre 4 et 8 semaines, selon le cas. J'accepte en stage les 1ère et 2ème années d'école d'infirmières, et aussi les élèves préparant un BEP sanitaire et social. J'estime que "les 3ème année" gagnent plutôt à fréquenter un véritable hôpital, où leur formation finale complète sera facilitée par la structure et la variété des soins. Ici, les 1ère année apprennent automatiquement à réaliser :

  • pansement divers
  • mesures de glycémie
  • prise de sang

Ceci sous la surveillance du personnel encadrant. Les stagiaires, qui travaillent par groupe de deux, sont bien sûr invitées à observer un maximum de soins, et sont aussi amenées à réaliser des toilettes simples, chez des personnes pas ou peu dépendantes. C'est moi-même la 1ère responsable de ces stagiaires. Je remplis les dossiers de fin de stage et donne une appréciation. La nouvelle législation ne donne plus la possibilité de noter, seulement de donner des appréciations.

C.E : Régulièrement, certains résidents, prédisposés, font des malaises. D'autres présentent des bosses, résultats de chutes liées à des pertes d'équilibre fréquentes à leur âge... Pouvez-vous nous dire (environ) combien de chutes de personnes ne pouvant se relever seules ont besoin de votre intervention par 24 h ? La nuit, le problème est-il plus fréquent ? Les résidents portent autour du cou un petit avertisseur électronique pour ce genre de cas. Tous pensent-ils à s'en servir en cas de besoin ?

Martine : les malaises sont moins fréquents que vous semblez le croire. Peut-être un malaise par semaine. Ils sont plus fréquents de jour. Une majorité de personnes - heureusement - pensent à se servir du petit appareil avertisseur (il est suspendu autour du cou comme un collier avec son médaillon). Quelques rares personnes "oublient" de le mettre... Mais en cas de chute, même dans ce dernier cas, d'autres résidents nous alertent.

C.E. : Qu'en est-il du degré de gravité de la plupart des chutes ? Fractures ? Intervention de l'hôpital ? Ou simple pansement ?

Martine : La plupart se bornent à de petits bobos, avec, et encore pas toujours, juste un petit pansement dans ce cas. Lorsqu'il y a le moindre doute, le personnel en service fait immédiatement le 15. Fractures ? Pas beaucoup. Peut-être 3 par an …

C.E. : Etes-vous parfois amenée à réaliser - ici – des prises de sang, pour analyse de laboratoire ? Des perfusions ?

Martine : Des prises de sang, oui, tous les jours (une moyenne de 2 par jour), uniquement bien sûr sur prescription. Quant aux perfusions, non, je n'ai jamais eu l'occasion d'en réaliser ici. Le problème pourrait se poser en cas de grave hypo ou encore pour une déshydratation. Mais dans ce cas, nous pouvons réaliser des injections sous-cutanées (cela aussi est appris par les stagiaires !)

C.E. : Mais vous devez, si je comprends bien, pouvoir être en mesure de réaliser, si l'urgence se présente, de telles perfs ?

Martine : Bien sûr. Et nous sommes outillés pour. Ainsi, sur un chariot spécial est préparé d'avance tout le matériel indispensable pour une urgence. Nous venons même de disposer à présent d'un défibrillateur, et en février : le personnel soignant suivra la formation adaptée.

C.E. : La tenue des dossiers des résidents absorbe-t-elle beaucoup de temps ?

Martine : Pas vraiment. Peut-être 1 h par jour. Par contre le personnel (aides-soignantes et auxiliaires de vie) doit laisser tous les jours une trace de ses soins, et il convient bien sûr que je la vérifie.

C.E. : Avons-nous omis de vous interroger sur quelques points médicaux importants ? Si oui, voulez-vous préciser...

Martine (hésitante) : Non, mais...

C.E. : Oui, bien sûr, il y a les problèmes humains (nous les avions gardés pour la fin) ! : dépaysement... déprime... mauvaise intégration dans le groupe... solitude particulière... Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Martine s'anime : Je vais vous dire : je suis très attachée au relationnel ! J'y attache la plus haute importance ! Voyez-vous, pour vous citer un exemple tout bête : lors d'une simple prise de sang, il faut éviter de considérer le bras comme un objet indépendant, simplement à piquer au bon endroit. Je dis et je redis à mes stagiaires : "Avant que de vous hypnotiser sur le bras à piquer, pensez donc de contempler le visage que vous avez en face de vous, pour y lire la confiance, ou la peur, ou l'appréhension !" Cela devrait être quelque chose de simple et de naturel de demander au patient : "Est- ce que ça va ?" Et de le rassurer éventuellement ! Vous voyez, souvent, les infirmières non mâtures sont trop braquées sur le technique, par rapport à l'impératif de se soucier, en 1er, de l'humain ! Chacun l'expliquera selon son optique...

C.E. : Vous voulez dire que les "vraies bonnes manières se perdent" ?

Pause-silence...

Martine poursuit : C'est comme d'annoncer un cancer sans prendre les précautions qui conviennent

C.E. : A qui le dites-vous ! Et que pensez-vous des problèmes humains des résidents, en général ?

Martine : Ils ont beaucoup de problèmes, ces gens-là, et sont trop souvent exposés à l'impatience, ou même à la moquerie de certains. Je dis toujours à mon personnel : "le jour où vous serez comme eux, vous comprendrez mieux !" Sans oublier le mal-être de ceux qui se sont vus obligés de forcer la main pour ce placement, faute de pouvoir faire mieux. Ils culpabilisent énormément... les familles ont besoin d'être rassurées et comprises !

C.E. : Mais n'êtes-vous pas obligée de vous blinder un peu, pour rester efficace ?

Martine : Si, bien sûr, il faut que je reste forte, la tête sur les épaules. Je n'ai pas le droit de craquer. Il faut que je sache garder une certaine distance. Mais cela ne doit absolument pas interdire de savoir se mettre à la place des autres...

C.E. : Martine, depuis le temps que je vous cotoie, je ne me représentais pas "l'infirmière du Belvédère" sous ce jour sympa... Je vous sentais plutôt affairée... mais froide... technicienne, en quelque sorte ! C'est une révélation !

Martine est souriante... mais surprise... : Ah bon, c'est ainsi que j'étais vue...!?

Le dialogue s'arrête là : une élève stagiaire, 1ère année d'infirmière, ouvre timidement la porte, pour prendre congé. Son stage se termine.

Martine, s'adressant à nous deux : C'était une stagiaire tout à fait excellente... ! Je ferai un très bon rapport.

La stagiaire a droit à un sourire ravi, et referme la porte, doucement, pendant que moi-même prend congé. Songeuse - moi aussi - et un brin ravie... ! Toutes ces confidences d'un coup, comme ça, "en s'en prenant le temps". Intervieweuse ?... Même bénévole : enrichissant !

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Allo DocteurLa journée de l'infirmière - les nuits de l'infirmier - et l'inverse...

Injections, pansements, distribution de médicaments, écoute, empathie, accompagnement, patience, souffrance, douleur, mort… Tous ces mots ont un dénominateur commun : ils font partis de mon quotidien, celui de l’infirmier.

En revanche, la routine n’existe pas…

Bien sûr, nous répétons souvent les même gestes, mais la diversité de la population que l’on est amené à soigner apporte une grande richesse tant pour le soignant que pour la personne souffrante.

Un métier aussi humain que celui-ci confère, quoiqu’on en pense, une grande partie au soin relationnel et à la relation à l’autre.

Il est important, voire même primordial, qu’un infirmier se montre d’une grande écoute pour les patients dont il a la charge. C’est bien souvent vers lui que ces derniers se tournent lorsqu’ils ne sont pas bien, lorsqu’ils ont mal, ou bien encore lorsqu’ils n’ont pas compris ce que leur a dit le médecin, sans oser lui demander de bien vouloir tout réexpliquer. Mais l’infirmier peut aussi être là juste pour être là, la présence, l’empathie fait souvent beaucoup de bien au patient. Ce dernier trouve une oreille attentive, qui ne le juge pas, qui le comprend, qui l’accompagne.

La situation parait idyllique, mais ce n’est pas toujours le cas puisque l’infirmier a aussi affaire à des patients ne désirant pas se faire soigner, des personnes souffrant de troubles cognitifs importants, de troubles psychiatriques ou autres qui rendent difficile leur adhésion au soin. C’est là qu’intervient tout le savoir-être de l’infirmier afin de calmer l’angoisse qui prédomine et envahit le patient, souvent.

A propos de soins psychiatriques, il parait difficile de croire que l’infirmier débordé qui court partout à la fois, puisse être en juste relation avec le patient. Or, c’est tout à fait possible.

En effet, une relation de confiance s’établit généralement entre le patient et le soignant. Il suffit alors, d'un geste, d'un regard, d'un sourire, de prendre la main... le soin relationnel passe aussi par tout cela. Tout ce que l'on nomme la communication non-verbale, qui parfois vaut bien mieux que de longs discours.

Et cette confiance, cette relation qui s'établit entre le patient et l'infirmier, permet l'alliance thérapeutique afin d'accompagner le patient vers un soulagement, une guérison, un mieux être et cela même si le patient est opposant aux soins que l'on veut lui prodiguer (je ne parle évidemment pas ici de patients souffrants de troubles psychiatriques graves en situation de crise).

Cette partie de l'article relate essentiellement l'aspect relationnel de ce métier, qui est pour moi primordial, mais bien entendu, il y a aussi le versant technique du métier, pour cela, voyons le déroulement d'un poste.

Une journée type de mon travail commence vers 6h du matin : d'abord la prise de poste avec les collègues pour recevoir les transmissions des évènements passés durant la nuit. Puis, commencent alors les préparatifs avant d'aller réveiller les patients :

  • quelques informations à envoyer à l'administration ainsi qu'à la cuisine via intranet
  • contrôler les dossiers infirmiers des patients
  • vérifier, grâce à une planification murale, les soins en cours ainsi que les soins qu'il y aura à effectuer pendant le poste.

Une planification murale réunit un grand nombre d'informations sur le service et les patients se trouvant dans les lits ainsi que sur les soins qui doivent leur être prodigués d'heure en heure. Ainsi l'infirmier garantit une bonne organisation et une bonne anticipation des actes qui restent à effectuer.

Bien souvent, il y a des perfusions de médicaments à préparer avant d'aller voir les patients, il faut donc s'assurer dans le dossier infirmier du patient que le traitement est toujours d'actualité et toujours au même dosage. Une fois la préparation effectuée, il est important de ne pas se tromper de patient, un numéro de chambre écrit sur la perfusion et c'est prêt ! Double avantage : respect de la confidentialité en ne notant pas le nom du patient sur la poche de perfusion.

Une fois tout cela préparé pour tous les patients du service, le "tour" du matin peut commencer vers 7h - 7h30 avec pour chaque patient, en plus d'un éventuel traitement par voie intraveineuse, une surveillance de paramètres (tension, pulsations, température, douleurs, etc.) et des traitements per os (voie orale).

Ces derniers sont à vérifier au lit du malade, et donnés au patient en main propre. L'infirmier signe ensuite la feuille de prescription médicale qui engage alors sa responsabilité, à savoir : le traitement prescrit a bien été donné à tel patient, à telle heure, c'est médico-légal.

En parlant de médico-légal : la grande règle d'or "tout ce qui n'a pas été noté n'a pas été fait !", mais j'y reviendrai plus tard…

C'est en partie grâce (ou à cause) de cette règle essentielle que l'infirmier se protège et justifie que son travail a bien été accompli, mais c'est aussi chronophage de devoir tout noter : c'est moins de temps passé avec le patient, moins de temps à prendre soin de lui.

Le reste de la matinée s'enchaîne entre réfection des lits avec les collègues aides-soignantes, préparation des éventuelles nouvelles perfusions durant la matinée, réfection des pansements, etc.

Il y a aussi toujours un petit lot de surprises, un patient à repiquer car son cathéter est bouché ou encore sa veine n'a pas tenu, une personne à sonder car elle n'arrive plus à uriner depuis quelque temps et le médecin (venu la voir car l'infirmier l'appelle dès qu'il y a un souci) et qui ordonne à l'infirmier de procéder au sondage évacuateur afin de soulager le patient.

Maintenant que les soins techniques sont effectués, il faut les relater dans les dossiers infirmiers des patients afin d'y conserver une trace en cas de problème ou encore pour permettre au personnel soignant de retrouver à tout moment les informations nécessaires à la prise en charge du patient.

C'est là qu'intervient de nouveau la règle d'or ("tout ce qui n'a pas été noté n'a pas été fait !") ! Pour cela l'infirmier dispose d'un outil appelé "transmissions ciblées".

Les transmissions ciblées portent bien leur nom, elles sont là pour transmettre de façon claire et précise la situation posant un problème en rapport avec le patient. Elles se présentent le plus souvent sous forme de tableau à plusieurs colonnes avec des intitulés précis :

  • cible : le problème que l'on rencontre, par exemple le trouble de transit intestinal
  • les données : qui justifient le problème selon le soignant, par exemple le patient dit ne pas avoir été à la selle depuis plus de 5 jours - ou - et - prise de traitements ralentissant le transit intestinal, douleurs abdominales et ventre dur à la palpation
  • les actions : ce que l'infirmier fait pour régler le problème, par exemple selon le protocole du service : administration d'un traitement par laxatif et attente des effets souhaités ou bien encore transmission au médecin de l'état du patient, et bien sûr : surveillance de la reprise du transit
  • évaluation : a posteriori, l'infirmier doit s'assurer de la reprise du transit et noter par exemple : reprise du transit ce jour.

Grande règle des transmissions ciblées, elles doivent toujours être horodatées et signées par la personne qui la remplit.

Après tout cela, le poste s'achève par l'arrivée des collègues d'après-midi et l'infirmier se charge alors de leur faire les transmissions relatives aux évènements vécus par les patients depuis la nuit et la matinée.

Un poste d'après-midi se déroule plus ou moins de la même manière que le poste du matin, entre préparation de perfusions, administration des traitements per-os, prise de paramètres, etc.

C'est aussi l'après-midi que des patients arrivent pour être admis dans le service. Commence alors une sorte d'interrogatoire que l'on nomme plus professionnellement un "recueil de données" du patient. Ce recueil d'informations précises et concrètes sur le patient permet de mieux le connaître et de le prendre en charge de façon optimale. Ensuite, le patient pourra se détendre un peu et prendre possession de sa chambre pendant que l'infirmier prépare le matériel dans le but de poser un cathéter pour l'injection des produits médicamenteux qui seront prescrits par le médecin.

C'est un geste évident et quotidien pour l'infirmier mais pas pour le patient qui, bien souvent, appréhende ce soin. Pour cela, il faut faire preuve d'empathie et d'écoute afin de rassurer le patient et qu'il se détende.

L'après-midi se poursuit avec, en général, une visite du médecin qui passe voir chaque patient pour évaluer leur état de santé.

L'infirmier finit son poste vers 21h après avoir remis à jour la visite du médecin en contrôlant chaque dossier, en changeant les traitements modifiés par le médecin et fait ensuite les transmissions auprès de son ou sa collègue de nuit.

Le poste de nuit est un poste particulier, il dure en général plus longtemps, environ 10h. Dix heures pendant lesquelles le ou la collègue se retrouve, (dans certains services), seul(e).

Seul pour gérer 18 à 33 patients selon les services. Cela fait beaucoup.

Bien sûr les patients sont censés dormir mais comme pour la journée, il y a des perfusions à préparer, une surveillance du sommeil du patient également avec des rondes au moins 3x par nuit. C'est aussi le soignant de nuit qui aura la tâche de refaire les piluliers de tous les patients pour la journée du lendemain.

Le plus difficile la nuit : la gestion d'une urgence, car seul en poste, il faut pouvoir tout faire en même temps : aller chercher le chariot d'urgence si c'est nécessaire, appeler de l'aide à l'étage d'en dessous ou du dessus, appeler le médecin urgentiste et commencer un massage cardiaque si l'urgence s'avère vitale.

Bien entendu ce type de situation est très rare. Dans les services où ce genre d'évènement arrive fréquemment, l'infirmier est accompagné d'une aide-soignante pour faciliter le travail et la gestion des urgences éventuelles.

Une particularité du travail de nuit pour la psychiatrie par exemple, c'est d'avoir UN infirmier en poste et non UNE infirmière.

Cela peut paraître discriminatoire mais la raison est tout autre. Les patients en psychiatrie sont parfois plus difficiles à gérer, surtout la nuit, moment propice à la recrudescence d'angoisses et d'état d'agitation où la présence d'un homme s'avère rassurante pour l'hôpital.

Aussi, les patients, étrangement, osent moins entrer en conflit avec le personnel si ce dernier est un homme. En étant seule la nuit, une infirmière pourrait se retrouver confrontée à un homme de forte corpulence en état de crise, opposant à la prise médicamenteuse. Ce n'est pas un problème en journée puisque le personnel est plus nombreux pour gérer la crise.

L'infirmier enchaîne donc ses heures de nuit à gérer angoisses, perfusions, médicaments, surveillance du sommeil. Le moment est aussi propice à la discussion avec les patients.

En effet, la soirée est un bon moment pour entrer en relation avec le patient. Il se livre plus facilement car il sent également que l'infirmier de nuit a plus le temps pour le faire qu'en journée. Ces discussions entre soignant et soignés sont très appréciées par ces derniers.

Arrive le matin, avec les collègues qui vont prendre le relais après de brèves transmissions de l'infirmier de nuit sur les faits marquants de l'après-midi et de la nuit qui vient de se passer.

L'infirmier peut ensuite rentrer se reposer avant d'enchaîner d'autres postes, matin, après-midi, nuit, journée. Il lui arrive d'effectuer 3 ou 4 horaires différents dans une même semaine, week-ends et jours fériés compris. C'est un rythme parfois en dehors du temps, parfois en décalage avec les autres, c'est un inconvénient, il y en a partout, dans chaque métier.

En conclusion, je dirais que ce métier est riche autant du point de vue des connaissances médicales et techniques que nous devons avoir, que du point de vue humain. C'est ce qui fait la beauté de notre profession !

Etre infirmier….une vocation ? Je ne saurais le dire.

Par Jérémy BOEZENNEC, Infirmier - Cab Feltrin - Thionville

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Allo DocteurQu'est-ce que l'ostéopathie ?

Ostéo = os, pathe = maladie :

Une façon comme une autre de traduire ce terme, qui reste mystérieux pour la plupart d'entre nous. Pour dire vrai, le rôle de l'ostéopathe, beaucoup (et même la personne qui pose présentement la question), ne comprennent pas trop en quoi cela consiste. Mais, par ouïe-dire, nous savons qu'il est très spécialisé - et ... efficace !

Efficace dans quels cas, et en agissant comment ?


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Allo DocteurIntervenant : Anne-Charlotte BUSAC, ostéopathe - THIONVILLE

L'Ostéopathie est une discipline exclusivement manuelle. Elle permet de détecter les déséquilibres et les tensions que le thérapeute libère grâce à  sa perception et son toucher particulier, en remontant le "fil d'Ariane" du processus pathologique.

L'Ostéopathie est une science qui se réfère à l'anatomie et la physiologie. Elle repose sur des compétences spécifiques et une connaissance approfondie du corps humain, des interactions entre chacun de ses composants.

L'essentiel du travail de l'ostéopathe consiste à identifier l'origine physique des différents troubles puis à rétablir manuellement un bon fonctionnement de l'organisme. Avec ses mains pour tester, diagnostiquer et traiter les dysfonctions (perte de mobilité et d'équilibre), l'ostéopathe utilise une gamme de techniques appropriées à l'intensité de la restriction mais aussi au patient.

Préventif et curatif, le traitement ostéopathique permet de supprimer et réajuster les restrictions de mobilité du corps, de restaurer les fonctions perturbées dans le respect constant des amplitudes physiologiques propres à chaque organe ou articulation.

L'ostéopathie connait de vastes champs d'application :

  • A titre préventif : faire un bilan, avant de redémarrer une activité sportive, préparer une grossesse, prévenir une scoliose…

  • A titre curatif :

    • le système locomoteur et orthopédique : maux de dos, lombalgies, douleurs cervicales, articulaires, maxillaires, entorses, faux mouvements, longue immobilisation, tendinites…
    • le système végétatif : anxiété, stress, insomnies…
    • le système génito-urinaire : suivi ostéopathique de la grossesse, douleurs et troubles gynécologiques, cystite, prostatite…
    • le système digestif : douleurs, ballonnement, colites, gastrites, constipation…
    • le système neurologique : maux de tête, névralgies faciales, douleurs intercostales, sciatiques…
    • le système respiratoire et O.R.L. : sinusites, vertiges, migraines, asthme, bronchites, rhinites…
    • le système cardio-vasculaire : oppressions, palpitations, troubles circulatoires, congestion veineuse…

Adaptée à chaque patient, en fonction de son âge et de sa morphologie, l'Ostéopathie apporte sa contribution aux enfants, aux adultes et aux personnes âgées.

Cependant, elle ne prétend pas tout soigner, elle intervient en complément de la médecine allopathique.

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