


Quel médecin veut dire son sentiment sur une
question délicateAlex Kahn avait dit, à propos de l'euthanasie : "c'est la question qui fâche".
Nous-mêmes affirmons : "Cancer", c'est le mot qui effraye !
Quand convient-il pour un médecin de prononcer ce mot - à consonance quasi-sulfureuse ? Y a-t-il des recettes pour agir au mieux ? Si, certes, il convient très mal de le dire "entre deux portes" (pourtant cela se pratique hélas parfois...), est-ce plutôt au généraliste qu'incombe le rôle de l'apprendre au patient, selon vous ?
A partir d'un moment, la
vérité - à demi mot - doit tout de même être
dite... Même si, en cours de route, les euphémismes auront fleuri...
Comment ressentez-vous personnellement ce problème ?
Si un médecin ne doit jamais perdre de vue la nécessité d'essayer de rassurer son patient, certaines circonstances le rendent très peu commode. Il y a des cas où un médecin peut, en son âme et conscience, hésiter, si aucune autre solution ne lui apparaît que de rassurer, en disant une contre-vérité ou surangoisser le patient, en lui présentant froidement la gravité de son état.
Voulez-vous en parler ?
Vu les discussions actuelles, nous aimerions avoir le sentiment des médecins :

Quel patient veut dire son sentiment sur une
question délicate ?Avez-vous
toujours été traité(e) avec humanité, dans le contexte médical ?
Souhaitez-vous faire part de votre expérience personnelle ?
Réponse de : l'animatrice Simone :
Non ! Mais j'étais en mesure de me défendre. Je dus aussi veiller à ce que mon mari, très malade, ne soit pas trop malmené, dans certaines circonstances qu'ici je tairai (un livre n'y suffirait pas !). En fait, j'ai vécu le pire.
Mais nous eûmes aussi droit parfois au meilleur ! Au fin du fin... Je n'en dirai pas plus ici.
Je laisse la parole à ceux qui voudraient bien s'exprimer après moi.
Parfois - ou souvent - vous vous sentez dépassé(e) - sentant que vous ne posez pas bien la question à votre médecin, ou - pire - que vous avez une question à poser, mais ne la poserez pas, ne sachant comment la formuler. Si vous êtes dans cas, et sans vous demander de l'expliquer en phrases savantes, faites-en part, ici-même, dans votre langage à vous !
Problème soumis par Marie-Thérèse J. :
Dans un service hospitalier de la région, le personnel ne vient pas quand on sonne. Il peut se passer parfois des heures, et quand on ne peut pas se lever, ou qu'on n'a pas le droit de le faire, et qu'on a oublié de poser la bassine près de vous, que faire ? Au Luxembourg, il y a un contrôle qui montre si le personnel est passé après le coup de sonnette. C'est beaucoup plus sérieux. Les malades ne sonnent quand même pas par plaisir. C'est embêtant de déranger. On ne le fait que forcé et contraint. Ce système ne pourrait-il pas exister en France ?
Commentaires de Simone :
Oui, dans les hôpitaux, ce n'est pas toujours drôle, on dirait parfois que ce sont des robots de mauvaise humeur qui s'occupent de vous. D'un autre côté, personnellement, je n'ai pas eu à me plaindre du service de chimiothérapie où je fus traitée à l'époque. Mais peut-être que ce cas est ponctuel ?
J'ignore si cet état de
chose est typique à la France. Je crois savoir qu'au Luxembourg, dans
certaines résidences de retraite, un contrôle est effectivement opéré,
à propos du programme des sonneries de la veille. J'ignore si cela se
passe ainsi dans toutes les maisons de retraite, et s'il y a extension
aux établissements hospitaliers.